Tariq Ramadan interrogé jeudi par les juges

FranceL'islamologue suisse sera à nouveau entendu par un juge, plus d'un an après son dernier interrogatoire sur le fond du dossier pour viols.

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L'islamologue suisse Tariq Ramadan, inculpé en France pour deux viols qu'il conteste et menacé par plusieurs plaintes, est attendu jeudi chez les juges d'instruction parisiens, plus d'un an après son dernier interrogatoire sur le fond du dossier, selon des sources concordantes.

Tariq Ramadan, 57 ans, devait être interrogé initialement le 23 janvier mais il a fait ce jour-là un malaise au rez-de-chaussée du tribunal de Paris et l'audition a été annulée.

Son dernier interrogatoire sur le fond de l'affaire remonte au 22 octobre 2018, jour de sa volte-face retentissante: après neuf mois de détention et de dénégations, Tariq Ramadan avait reconnu devant les juges avoir eu un rapport sexuel avec ses deux premières accusatrices mais, selon lui, «consenti».

Il avait été libéré le 16 novembre 2018, après le versement d'une caution de 300.000 euros et la remise de son passeport suisse.

Trois nouvelles victimes potentielles

Tariq Ramadan est mis en examen (inculpé) depuis le 2 février 2018 pour «viol» et «viol sur personne vulnérable», pour les faits dénoncés par deux femmes, Henda Ayari et «Christelle», respectivement en 2012 à Paris et en 2009 à Lyon. Une troisième femme, Mounia Rabbouj, l'a ensuite accusé de neuf viols sur la période 2013-2014. Pour ces faits, il n'est pas poursuivi.

Depuis le dernier interrogatoire de l'islamologue, l'enquête a toutefois été élargie par le parquet de Paris au cas de trois nouvelles victimes potentielles. Parmi elles, une femme, surnommée «Elvira» est devenue l'été dernier la 4e femme en France à porter plainte contre cette figure, longtemps à la fois populaire et controversée, de l'islam européen.

Mais son récit n'est pas corroboré par les vérifications de la brigade criminelle et elle ne s'est pas rendue aux convocations des enquêteurs et des juges. Les deux autres femmes ont, elles, été identifiées sur des photos retrouvées dans l'ordinateur de l'islamologue et auditionnées en février 2019. Elles n'ont pas encore été entendues par les juges d'instruction et l'une des deux s'est finalement constituée partie civile ces derniers jours.

Une inculpation de M. Ramadan pour ces nouveaux cas, «est peu probable avant que ces femmes aient été entendues par les juges d'instruction», estime une source proche du dossier.

Interdiction de voyager

Tariq Ramadan, qui dénonce les «mensonges» de ses accusatrices et «l'emballement médiatique», est interdit de quitter le territoire depuis sa sortie de prison. La justice vient de lui refuser mardi, pour la deuxième fois, l'autorisation de se rendre ponctuellement à son domicile londonien, selon des sources proches du dossier.

En congé de l'université d'Oxford depuis le déclenchement de l'affaire fin 2017, l'islamologue souhaite notamment reprendre les consultations auprès des médecins qui lui ont diagnostiqué en 2006 une sclérose en plaques. (afp/nxp)

Créé: 12.02.2020, 15h49

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