Ted Cruz plombe l’entrée en scène de Donald Trump

Le sénateur texan a créé une nouvelle controverse à Cleveland en refusant de soutenir officiellement Donald Trump.

Dans son discours entièrement dévoué à la défense de la liberté, l’ultra conservateur Ted Cruz n’a pas caché son dédain pour le milliardaire new-yorkais.

Dans son discours entièrement dévoué à la défense de la liberté, l’ultra conservateur Ted Cruz n’a pas caché son dédain pour le milliardaire new-yorkais. Image: AP

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Ted Cruz n'a pas pu. Invité à prendre la parole mercredi sur la scène de la convention républicaine à Cleveland, le sénateur texan, n’a pas pu soutenir officiellement Donald Trump, son ancien adversaire pour l’investiture républicaine.

Dans son discours entièrement dévoué à la défense de la liberté, l’élu ultra conservateur qui n’a pas caché son dédain pour le milliardaire new-yorkais pendant les primaires conservatrices, n’a mentionné le nom de Donald Trump qu’une fois pour le féliciter de son investiture. Lorsque les délégués pro-Trump se sont rendus compte que Ted Cruz ne soutiendrait pas Trump, ils l’ont hué, offrant une nouvelle fois le spectacle d’un parti républicain profondément divisé.

Le concert de sifflets et la confusion ont fait dérailler l’entrée en scène de Donald Trump, venu assister aux discours de son fils Eric et de son colistier Mike Pence. Quasiment au même moment, un problème technique a fait clignoter tous les écrans de la Quicken Loans Arena avant de les plonger dans noir pendant le discours d’Eric Trump.

Assis dans la loge réservée à sa famille, le visage fermé, Donald Trump n’a visiblement pas apprécié ces problèmes. Et dans les travées du stade des Cleveland Cavaliers, les supporters de Trump étaient furieux. Roger Stone, un allié de longue date, a traité Ted Cruz de «fils de p….» imbécile» et «d’être humain méprisable» au cours d’une interview accordée au magazine The Hill.

Ce nouveau contre-temps a fait voler en éclats les espoirs du clan Trump de proposer une soirée de convention sans controverse. La journée avait été déjà compliquée pour la campagne du milliardaire américain à cause des suites de la polémique provoquée par le discours de Melania Trump lundi. Certains propos de l’épouse de Donald Trump étaient étrangement similaires à ceux de la femme de Barack Obama en 2008.

Après avoir fourni des explications contradictoires pendant 48 heures pour justifier ces similitudes, le clan Trump a finalement diffusé mercredi un communiqué dans lequel Meredith McIver, une collaboratrice du magnat de l’immobilier, a assuré avoir plagié la First Lady sans le savoir: «En travaillant avec Melania Trump sur son discours, nous avons discuté de nombreuses personnes qui l'ont inspirée et des messages qu'elle voulait partager avec le peuple américain», a affirmé Meredith McIver.

«Michelle Obama est une personne qu'elle a toujours aimée. Au téléphone, elle m'a cité des extraits de discours de Mme Obama comme exemples. J’ai pris note et les ai ensuite inclus dans le brouillon qui s’est transformé en discours final. Je n'ai pas vérifié les discours de Mme Obama. C'est mon erreur et je suis désolée du tort créé à Melania, à la famille Trump et à Mme Obama. Je n'avais pas l'intention de nuire». Meredith McIver a affirmé avoir offert sa démission, mais Donald Trump l’a refusée.

Mike Pence, le candidat à la vice-présidence qui aurait dû être la star de la 3ème soirée de la convention avant le coup d’éclat de Ted Cruz, a accepté l’investiture de son parti sur le coup de 22h30. Dans un discours monocorde mais avec une pointe d’humour, Mike Pence s’est présenté simplement aux Américains: «Je suis un chrétien, un conservateur et un républicain, dans cet ordre». Le gouverneur conservateur de l’Indiana, dont la discrétion tranche avec les provocations de son colistier, a aussi reconnu être virtuellement du grand public et admis qu’il n’aurait «jamais imaginé être là».

«Coffrez-la»

Mike Pence a habilement joué son rôle de colistier en promouvant Donald Trump - un homme qui «n’abandonne jamais», «dur», «persévérant» - tout en attaquant à plusieurs reprises Barack Obama et surtout Hillary Clinton, décrite comme la Secrétaire du Status Quo en référence à sa carrière de Secrétaire d’Etat. Le gouverneur de l’Indiana a affirmé que les Américains avaient «rendez-vous avec le destin» et assuré avoir la foi que «Dieu puisse guérir» les Etats-Unis.

Le ton de la troisième journée de la convention est resté proche de celui des deux précédentes. Les orateurs qui ont pris la parole avant Ted Cruz et Mike Pence, ont répété le refrain anti-Hillary et anti-Obama qui sonne à Cleveland. Pam Bondi, la procureure conservatrice de Floride, a affirmé que Barak Obama avait joué à la «roulette russe» avec les frontières américaines et s’est félicitée lors que la foule s’est mise à scander «Coffrez-la» à propos d’Hillary Clinton, l’adversaire démocrate de Trump. «Hillary croit que nos ennemis méritent notre respect et notre empathie», a-t-elle lancé. «Donald Trump est convaincu que les terroristes méritent de mourir».

Ralph Alvarado, un sénateur hispanique du Kentucky, a accusé l’ancienne Secrétaire d’Etat d’être «profondément malhonnête» et d’avoir laissé tomber la communauté hispanique. Pour Michelle van Etten, une entrepreneuse, les progressistes «tuent le rêve américain». Et Phil Ruffin, un milliardaire qui a fait fortune avec ses casinos, a glissé aux délégués une raison de voter pour Trump, son partenaire en affaires: «Il paie toujours ses factures à l’heure, sans rabais».

Créé: 21.07.2016, 07h49

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