La température moyenne pourrait augmenter de 7 degrés d’ici à 2100

Climat Si rien n’est entrepris pour abandonner les énergies fossiles, le réchauffement climatique sera de 3 degrés supérieur aux dernières prévisions du GIEC à la fin du siècle.

Selon des scientifiques français, une hausse de température   de 6,5 à 7 degrés pourrait être atteinte en 2100.

Selon des scientifiques français, une hausse de température de 6,5 à 7 degrés pourrait être atteinte en 2100. Image: Pixabay

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Il y a cinq ans, les prévisions du GIEC avaient déjà créé une onde de choc: la température moyenne mondiale serait de 4,8 degrés supérieure à l’ère préindustrielle à la fin du siècle si rien n’était entrepris pour freiner le réchauffement climatique.

Or il apparaît que cela serait pire encore. Selon des scientifiques français, qui ont travaillé sur de nouveaux modèles, cette hausse atteindra 6,5 à 7 degrés en 2100. Cela dans l’hypothèse d’une croissance économique rapide et toujours alimentée par les énergies fossiles. La centaine de chercheurs et d’ingénieurs du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) et de Météo-France ont soumis leurs modèles à plusieurs scénarios socioéconomiques. Ces modèles, développés par le CNRM et l’institut parisien Simon Laplace, sont plus fiables et plus fins que les précédents.


Lire aussi: Berne prête à nous faire passer à la caisse pour le climat


Concrètement, cela signifierait pour l’Europe des périodes de sécheresse plus longues et plus étendues. «La Garonne pourrait être à sec durant plusieurs mois à partir de 2070», a illustré David Salas y Mélia, climatologue responsable du climat au centre de recherche CNRM (Météo-France - CNRS). On se souvient, en Suisse, de lacs et cours d’eau desséchés, à l’image du Doubs…

Les forêts au centre

Les feux de forêt pourraient également être plus nombreux et répartis sur un plus vaste territoire que le sud de l’Europe. Là encore, les premiers signes avant-coureurs ne sont pas passé inaperçus cet été, avec les incendies de Sibérie et la toundra en feu.

D’autres études déjà rendues publiques vont également dans le sens d’un réchauffement climatique accentué, «en raison d’une réaction plus forte du climat à l’augmentation des gaz à effet de serre anthropique que dans les simulations datant de 2012», ajoutent les experts. La déforestation accélérée des forêts pluviales, et les feux intentionnels, comme on l’a vu dans le bassin amazonien, ne faisaient pas partie des critères pris en compte lors du précédent rapport du GIEC en 2014, précisait le climatologie Martin Beniston en août dernier dans «Le Matin Dimanche».

La nécessité d'un changement immédiat

Mais tout aussi alarmant est le constat suivant: si priorité était donnée dès maintenant au développement durable, avec conversion vers les énergies renouvelables, et ce dans l’hypothèse d’une coopération internationale, il serait tout juste possible de contenir le réchauffement global à peine au-dessous de 2 degrés. En clair, cela impliquerait la diminution immédiate des émissions de CO2, la neutralité carbone à l’échelle de la planète en 2060 et une captation de CO2 atmosphérique de l’ordre de 10 à 15 milliards de tonnes par an en 2100 – un objectif qui n’est pas encore certain d'être atteint techniquement parlant, notait mardi l’AFP. Et, cerise sur le gâteau, «en acceptant un dépassement temporaire de l’objectif 2 degrés au cours du siècle», précisent les auteurs du rapport.

Et on est loin du compte: les engagements (qui ne se traduisent pas forcément par des mesures concrètes!) pris jusqu’à présent par les États ne limiteraient le réchauffement qu’à 3 degrés. Loin, bien loin du 1,5 degré fixé en 2015 par l’Accord de Paris…

«La température moyenne de la planète à la fin du siècle dépend fortement des politiques climatiques qui seront mises en œuvre dès maintenant et tout au long du XXIe siècle »

CNRS, Météo-France et le CEA dans leur présentation ce mercredi

Conscient de l’urgence du calendrier, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a convoqué les dirigeants mondiaux à un sommet lundi prochain à New York, après celui de la jeunesse sur le même thème ce samedi. «Je voudrais voir toute la société accroître la pression sur les gouvernements pour qu’ils comprennent qu’ils doivent aller plus vite, car nous sommes en train de perdre la course», a-t-il déclaré à plusieurs dizaines de médias internationaux.

Quant au prochain rapport du GIEC, le septième, qui tiendra compte de ces recherches, il est attendu pour 2021.

Créé: 20.09.2019, 11h08

Articles en relation

«Si 50% de l’Amazonie brûlent, le point de non-retour est franchi»

Le Matin Dimanche Pour le climatologue Martin Beniston, les feux de l’Amazonie, conjugués à la toundra qui se consume et à la pollution des océans, peuvent amener à un effet de seuil à même d’accélérer encore le réchauffement climatique. Plus...

Paid Post

CallDoc, assuré malin et flexible
Bénéficiez de consultations médicales 24h/24, 7j/7 et faites des économies! Profitez du rabais de prime sur l’assurance-maladie de base. Demandez une offre maintenant.

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.