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La tension monte avant les résultats définitifs

En Bolivie, où un second tour est plus que probable entre Evo Morales et Carlos Mesa, la lenteur du décompte des voix fait monter la tension.

La tension est montée d'un cran lundi en Bolivie face à la lenteur des autorités électorales à publier le résultat définitif de la présidentielle, Washington appelant à la «transparence» et l'opposition à la mobilisation dans la rue.

Signe de cette tension croissante, des centaines de partisans du président sortant Evo Morales et de son principal challenger, Carlos Mesa, se faisaient face sur la place Bolivie, à La Paz, séparés par un cordon de policiers, a constaté l'AFP.

Après la fin du vote dimanche, la transmission des résultats partiels sur le site internet du TSE a été inexplicablement interrompue peu avant 20H00 (02H00 suisses). La présidente de l'institution, Maria Eugenia Choque, venait d'annoncer que le chef de l'Etat socialiste était en tête du premier tour, avec 45,28% des voix, suivi par le centriste Carlos Mesa, avec 38,16% des votes, sur la base de près de 84% des bulletins dépouillés, ouvrant la voie à un second tour inédit en Bolivie.

Depuis, les autorités électorales ont expliqué qu'elles abandonnaient ce décompte rapide informatisé et procédaient au dépouillement manuel des procès-verbaux pour obtenir le résultat définitif, soulevant des craintes de fraude du côté de l'opposition et de la communauté internationale.

Gage de transparence

Deux systèmes de dépouillement coexistent en Bolivie. D'un côté le «TREP», pour Transmision des résultats électoraux préliminaires, à travers lequel les procès-verbaux sont photographiés et transmis au TSE via une application pour permettre la publication de résultats partiels dès le soir du scrutin. De l'autre, le «décompte officiel» : les procès-verbaux sont remis par les bureaux de vote aux tribunaux électoraux départementaux qui procèdent au dépouillement définitif. A 18H00 lundi (minuit en Suisse), un peu moins de 54% des procès-verbaux avaient été dépouillés et Carlos Mesa et EvoMorales étaient au coude à coude, autour de 42%.

Pour tenter de donner des gages de transparence, le gouvernement et l'Organisation des Etats américains (OEA) ont mis en place lundi une «mission d'accompagnement du processus de dépouillement», a annoncé le ministère des Affaires étrangères sur Twitter.

Lundi matin, dans le hall de l'hôtel où s'est réuni le TSE, le principal adversaire d'Evo Morales a dénoncé «une manipulation qui met en péril la démocratie». Carlos Mesa, 66 ans, qui revendique être au second tour, a appelé à la «mobilisation citoyenne jusqu'à ce que le résultat final soit connu».

Washington a dit suivre «avec attention le premier tour des élections en Bolivie, notamment l'interruption soudaine du décompte des voix» par le TSE, a déclaré le secrétaire d'Etat adjoint chargé de l'Amérique latine, Michael Kozak, dans un tweet. «Les autorités électorales devraient rétablir immédiatement la crédibilité et la transparence du processus électoral afin que la volonté du peuple bolivien soit respectée», a-t-il ajouté.

Des manifestations et veillées citoyennes avaient lieu depuis dimanche soir devant les centres électoraux à La Paz, Potosi (sud), Cochabamba (centre) et Santa Cruz (est), selon les médias locaux.

«Guerre civile»

«Si ce pays sombre dans une guerre civile, ce sera la responsabilité du gouvernement», a lancé de son côté le dirigeant du Comité national de défense de la démocratie (Conade, organisation citoyenne proche de l'opposition), Waldo Albarracin.

Côté gouvernement, le ministre de la Communication Manuel Canelas a appelé à attendre le résultat final du TSE, soulignant qu'«aucun de nous n'a intérêt à faire monter la tension».

Dimanche soir, depuis le palais présidentiel, dans le centre de La Paz, le chef de l'Etat de 59 ans avait dit, lui, faire confiance au vote des zones rurales pour éviter un second tour. Pour cela, le candidat en tête doit obtenir la majorité absolue ou au moins 40% des voix avec 10 points de pourcentage d'écart sur le second.

«Ça semble désormais très difficile que le résultat change. Il faudrait que 75% des votes manquant soient en faveur du MAS (parti au pouvoir) et cela ne va pas arriver, car il y a une usure» du gouvernement, soulignait l'analyste Daniel Valverde.

La décision d'Evo Morales de briguer un quatrième mandat, malgré le «non» lors du référendum de février 2016, est très mal vue par une partie des Boliviens et critiquée par l'opposition, qui estime que le pays pourrait verser dans l'autocratie en cas de nouvelle victoire.

En outre, les gigantesques incendies qui ont récemment ravagé une partie de la Bolivie ont provoqué l'indignation des peuples indigènes, qui accusent Evo Morales d'avoir sacrifié la Pachamama, la Terre mère en langue quechua, pour étendre les terres agricoles et augmenter la production de viande destinée à la Chine.

(AFP)

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