May met les Brexiters aux commandes

Royaume UniLe nouvel exécutif conservateur devra relever une mission titanesque en mettant en oeuvre le Brexit.

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Pressée par les Européens de mettre rapidement en oeuvre le Brexit, la nouvelle Première ministre britannique Theresa May poursuivait jeudi la composition de son gouvernement. Le nouvel exécutif conservateur devra relever une mission titanesque avec le divorce entre la Grande-Bretagne et l'Union européenne.

Il devra aussi tenir la barre d'un pays que le référendum du 23 juin a laissé profondément divisé et exposé aux turbulences économiques. Investie mercredi, moins de trois semaines après le vote en faveur d'une sortie de l'UE, l'élue de 59 ans s'est engagée à «relever le défi» du Brexit tout en promettant «la justice sociale» pour les Britanniques. Mais Londres devra rapidement répondre aux exigences de ses voisins européens.

«Plus tôt la Première ministre Mme May engagera la procédure de sortie (...), meilleure sera la relation future entre l'Europe et le Royaume-Uni et meilleure sera notre propre situation», a souligné jeudi le président français, François Hollande. La chancelière allemande Angela Merkel a dit jeudi avoir invité Theresa May à se rendre prochainement à Berlin pour des entretiens.

«Un boulot formidable»

Signe du travail à accomplir, Mme May a créé un ministère spécialement dédié au Brexit, confié à David Davis. Mais c'est surtout la désignation, la veille, de Boris Johnson aux Affaires étrangères qui a retenu l'attention.

«Boris rebondit !», lançait jeudi le Daily Mail. Le Daily Mirror - qui affichait en Une une célèbre photo de M. Johnson coincé sur une tyrolienne - se désolait en ces termes: «Cher monde... Pardon». Mais pour l'expert politique Simon Usherwood, si «BoJo» devra certainement présenter «quelques excuses», en tant que «VRP britannique, il va faire un boulot formidable».

Dans sa première déclaration publique depuis sa nomination, Boris Johnson a tenu jeudi à souligner que quitter l'Union européenne ne signifiait pas quitter l'Europe: «Il y a une différence énorme entre le fait de quitter l'UE et nos relations avec l'Europe qui vont s'intensifier», a-t-il dit devant son ministère.

Pas de cure d'austérité

Sur le front économique, le nouveau ministre des Finances Philip Hammond (ex-Affaires étrangères) a assuré qu'il n'y aurait pas de budget d'urgence, et donc pas de nouvel accès d'austérité. Interrogé sur l'attitude qu'il adopterait vis-à-vis de Bruxelles, M. Hammond a insisté sur l'importance de maintenir un «accès au marché unique de l'Union européenne» pour la puissante industrie financière britannique.

Theresa May s'est débarrassée de deux poids lourds du gouvernement de son prédécesseur David Cameron: le ministre des Finances George Osborne et Michael Gove, ministre de la Justice et un des ténors de la campagne du Brexit. Le portefeuille de ce dernier a été confié à Liz Truss, auparavant secrétaire d'Etat à l'Environnement, à l'Alimentation et aux Affaires rurales.

M. Osborne est remplacé par M. Hammond, dont l'expérience a semblé rassurer les marchés. Un autre poste annoncé jeudi, celui de ministre de l'Education, a été confié à Justine Greening. Cette ancienne secrétaire d'Etat au Développement international est une proche de Mme May. Jeremy Hunt reste ministre de la Santé.

Pas d'argent, pas de majorité

Dans un éditorial intitulé «Nouveau Premier ministre, mêmes problèmes», le quotidien The Guardian résumait jeudi les défis qui attendent Mme May: «Pas d'argent, pas de franche majorité et une grosse migraine: l'Europe».

Et le président du Parlement européen Martin Schulz a durement critiqué jeudi la composition du gouvernement britannique. Selon lui, il «vise surtout à satisfaire la cohésion interne du Parti conservateur» et «se concentre moins sur l'avenir du pays». (ats/nxp)

Créé: 14.07.2016, 17h41

Obama appelle May

Le président américain Barack Obama a appelé jeudi la nouvelle Première ministre britannique Theresa May pour la féliciter et réaffirmer son attachement à la «relation spéciale» avec le Royaume-Uni, selon la Maison Blanche. «Le président est impatient de travailler avec la Première ministre May durant les six mois au pouvoir qui lui restent», a indiqué Josh Earnest, porte-parole de l'exécutif américain.

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