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BrexitTheresa May demande le soutien du parlement

Le Première ministre britannique espère avoir amadoué les parlementaires après leur avoir proposé un report «limité» du Brexit.

La large victoire promise au Premier ministre conservateur britannique Boris Johnson aux législatives lui laisse les coudées franches pour définir quel type de Brexit il compte mettre en oeuvre, en restant plus ou moins proche de l'UE. (Vendredi 13 décembre 2019)
La large victoire promise au Premier ministre conservateur britannique Boris Johnson aux législatives lui laisse les coudées franches pour définir quel type de Brexit il compte mettre en oeuvre, en restant plus ou moins proche de l'UE. (Vendredi 13 décembre 2019)
AFP
Une diplomate britannique chargée du Brexit à l'ambassade de Washington a démissionné, fatiguée des «demi-vérités». (Vendredi 6 décembre 2019)
Une diplomate britannique chargée du Brexit à l'ambassade de Washington a démissionné, fatiguée des «demi-vérités». (Vendredi 6 décembre 2019)
AFP
D'«intenses» discussions de dernière minute dimanche à Bruxelles n'ont pas suffi à débloquer les négociations sur le départ britannique de l'Union européenne, qui butent encore et toujours sur le sort de la frontière irlandaise après le Brexit. (Dimanche 14 octobre 2018)
D'«intenses» discussions de dernière minute dimanche à Bruxelles n'ont pas suffi à débloquer les négociations sur le départ britannique de l'Union européenne, qui butent encore et toujours sur le sort de la frontière irlandaise après le Brexit. (Dimanche 14 octobre 2018)
Keystone
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Theresa May va demander mercredi l'aval des députés à sa nouvelle stratégie sur le Brexit. Celle-ci pourrait déboucher sur un report de la date du divorce, prévu pour le 29 mars, s'ils rejetaient à nouveau son accord de retrait de l'UE.

La Première ministre britannique va d'abord soumettre au vote du Parlement, le 12 mars au plus tard, la version modifiée de l'accord de divorce qu'elle aura pu obtenir de Bruxelles. La première mouture avait été massivement rejetée par les députés en janvier.

Si cette nouvelle version est également recalée, elle leur demandera le 13 mars s'ils veulent sortir de l'UE sans accord. S'ils refusent, elle leur soumettra le 14 mars une proposition de report «limité» du Brexit, idée à laquelle elle s'est pourtant toujours déclarée opposée.

Menaces de démission

La dirigeante conservatrice a dû se résoudre à cette possibilité face aux menaces de démissions au sein de son propre gouvernement devant la possibilité d'une sortie sans accord.

Dans le tabloïd The Daily Mail, Theresa May a exhorté mercredi les députés à «faire leur devoir afin que le pays puisse aller de l'avant» et à soutenir l'accord qu'elle leur présentera le mois prochain, exprimant son optimisme sur l'issue des discussions avec l'UE.

Parmi les amendements soumis au Parlement mercredi figure celui des députés conservateur Oliver Letwin et travailliste Yvette Cooper. Ils visent à ancrer la proposition de la Première ministre d'un report en réclamant «les mesures légales nécessaires pour modifier la date de sortie» de l'UE.

Deuxième référendum

Jeremy Corbyn, le chef du principal parti d'opposition, le Labour, a pour sa part annoncé le dépôt d'un amendement demandant le maintien du Royaume-Uni dans une union douanière avec l'Union européenne après sa sortie de l'UE. Si cet amendement n'est pas adopté, il en déposera ultérieurement un autre réclamant un deuxième référendum.

Jeremy Corbyn s'était gardé jusqu'ici de proposer un tel référendum sur le même sujet, conscient que l'idée divise aussi à l'intérieur de son parti, où plusieurs députés ont vu leur circonscription voter pour un départ de l'UE.

Mais d'autres travaillistes ont quitté le parti en raison de ses hésitations sur le Brexit, formant un groupe indépendant de onze députés, dont des conservateurs. Ce groupe a de son côté déposé un amendement en faveur d'un second référendum. Cet amendement a reçu le soutien du parti indépendantiste écossais SNP et du petit parti europhile libéral-démocrate.

La motion du gouvernement, ainsi que les amendements qui auront été sélectionnés par le président de la Chambre des Communes John Bercow, seront soumis au vote à partir de 20h00 (en Suisse). Le nouveau plan de Theresa May a recueilli le soutien des membres du Parti conservateur effrayés par l'hypothèse d'une sortie sans accord, particulièrement redoutée dans les milieux économiques.

«Pénuries»

Dans un avis rendu public mardi, le gouvernement a d'ailleurs rappelé que sans accord, la croissance de l'économie britannique serait de 6,3 à 9% inférieure à son niveau de développement sur quinze ans en cas de maintien dans l'UE. Il a également averti des conséquences d'éventuelles perturbations dans le trafic trans-Manche, notamment du risque de «pénuries» de certains produits alimentaires comme les fruits et les légumes frais.

«Satisfait que la Première ministre ait effectivement exclu un Brexit sans accord, donnant ainsi aux députés la possibilité de disposer de plus de temps pour trouver un compromis, si son accord ne passe pas», a ainsi tweeté Richard Harrington, le secrétaire d'Etat à l'Industrie, qui avait menacé de démissionner.

Le ministre chargé du Brexit, Stephen Barclay, a toutefois souligné sur la BBC que le «no deal» était «toujours sur la table. Ce sera au Parlement de décider».

La possibilité d'un report a en revanche provoqué la colère des conservateurs europhobes partisans d'une rupture nette avec l'UE. Le député Jacob Rees-Mogg y a vu un «complot» pour arrêter le Brexit : «s'il n'y a pas de majorité pour l'accord de la Première ministre (...), nous serons dans la même situation» après un report, a-t-il souligné mercredi sur la BBC.

(ats)

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