Theresa May reporte sine die le vote sur le Brexit

Royaume-UniConsciente que l’accord négocié avec Bruxelles serait rejeté par les députés, la première ministre choisit de temporiser.

Lundi 10 décembre: Theresa May annonce aux communes qu’elle repousse le vote sur le Brexit qui devait avoir lieu ce mardi.

Lundi 10 décembre: Theresa May annonce aux communes qu’elle repousse le vote sur le Brexit qui devait avoir lieu ce mardi. Image: Keystone

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Le vote tant attendu ce mardi soir sur l’accord du Brexit n’aura pas lieu à la Chambre des communes. La première ministre a «reporté» le scrutin après avoir admis, lundi après-midi, qu’il aurait «été rejeté par une marge significative». En cause: «des inquiétudes profondes et très répandues sur un point, le filet de sécurité en Irlande du Nord» – qui obligerait le territoire à demeurer au sein du marché unique. Theresa May a indiqué qu’elle rencontrera ses «homologues d’autres pays membres (ndlr: de l’Union européenne) et la direction du conseil et de la commission avant le conseil européen» de jeudi et vendredi, afin de modifier les points les plus problématiques du filet de sécurité.

Elle a pourtant été claire avec les députés: «Il n’existe pas de relations possibles avec l’UE qui n’incluent pas le filet de sécurité irlandais.» La porte-parole adjointe de la Commission européenne, Mina Andreeva, a rappelé lundi que «l’accord mis sur la table le 25 novembre est le meilleur qui soit et le seul possible. Il n’est pas question d’une renégociation.» Il paraît donc probable que seuls des points de détails pourront être clarifiés afin de rassurer les élus britanniques, comme l’a avancé le premier ministre irlandais, Leo Varadkar.

Siège éjectable?

Theresa May avait jusqu’à présent renoncé à cette option, en expliquant qu’un délai était inutile, puisque l’accord n’était pas renégociable. Ce n’était qu’un paravent: elle avait discuté avec plusieurs de ses homologues européens au téléphone ce week-end. La première ministre craignait sans doute que le retrait du vote du programme parlementaire soit perçu comme un réel aveu de faiblesse, qu’un report la fragilise autant qu’il lui ouvre une porte de sortie et augmente les possibilités qu’elle soit renversée. En interne tout d’abord. Trois anciens ministres avaient déjà plus ou moins fait acte de candidature dimanche. Lundi, le député conservateur Steve Baker, l’un des Brexiters les plus radicaux, a estimé que le report «est en essence une défaite de l’accord de Brexit de la première ministre. Les termes de l’accord étaient si mauvais qu’ils n’ont pas osé le mettre au vote du parlement. Ce n’est pas la marque d’un gouvernement stable et d’un plan solide.»

En externe ensuite. Le dirigeant travailliste Jeremy Corbyn n’a jamais caché son objectif, avoué depuis déjà de nombreux mois: obtenir une élection générale anticipée qui lui permettrait de prendre le pouvoir. Il ne s’est ainsi pas privé pour répéter lundi que le pays ne dispose décidément pas «d’un gouvernement qui fonctionne».

À moins qu’au final le gouvernement britannique ne se décide à suivre la voie ouverte par la Cour de justice européenne. Lundi matin, celle-ci a statué que le Royaume-Uni peut révoquer son intention de quitter l’UE sans perdre les avantages dont il profite actuellement. Cette option, très peu probable, ne se concrétisera quoi qu’il en soit jamais avec Theresa May à la tête du pays: elle réaffirme à chaque intervention qu’elle respectera le résultat du référendum du 23 juin 2016.

Créé: 10.12.2018, 20h34

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