Theresa May s'efface, le problème du Brexit reste

Royaume-UniLe Brexit a déjà coûté deux Premiers ministres au Royaume-Uni et rien ne dit que le successeur de Theresa May fasse mieux.

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La Première ministre britannique Theresa May quitte vendredi la tête du Parti conservateur. Son départ ouvre officiellement la course à sa succession qui désignera celui qui aura la lourde tâche de réussir là où elle a failli: mettre en oeuvre le Brexit.

Aucun événement officiel ne devait marquer la démission de Mme May de la tête des Tories vendredi. La première ministre restera en fonctions jusqu'à la désignation de son successeur par les conservateurs, d'ici la fin juillet. Au Royaume-Uni, le poste de Premier ministre échoit de droit au chef du parti qui réunit une majorité au Parlement.

Au cours des prochaines semaines, Theresa May «continuera à travailler pour les gens de ce pays. Quant au Brexit, la Première ministre a indiqué que ce ne serait pas à elle de faire avancer ce processus, mais à son successeur», a relevé jeudi son porte-parole.

Le tour de BoJo ?

Le prochain chef de l'exécutif britannique devra donc remettre le Brexit sur les rails, soit en renégociant un nouvel accord avec Bruxelles, soit en optant pour une sortie sans accord, deux scénarios qui sont d'ores et déjà au coeur de la course à sa succession.

Parmi les onze candidats en lice, le député Boris Johnson, champion des Brexiters, fait figure de favori. Très apprécié par les militants de la base, ce politicien habile et charismatique suscite en revanche des réactions plus contrastées du côté des députés tories, qui doivent sélectionner à partir de mercredi deux candidats qui seront ensuite départagés par les militants.

Mardi soir, l'ancien maire de Londres et ex-ministre des Affaires étrangères a prévenu que les conservateurs étaient menacés de «disparition» si le Brexit n'était pas mis en oeuvre le 31 octobre.

Poussée populiste

Le départ de Theresa May est rendu plus amer encore par la montée en puissance du Parti du Brexit du populiste Nigel Farage. Fondée il y a quelques mois et décidée à mettre fin au bipartisme britannique, la formation europhobe a raflé la mise aux européennes fin mai avec 31,6% des suffrages. Et elle a échoué de peu à entrer au Parlement britannique jeudi lors d'une élection législative partielle à Peterborough (est de l'Angleterre), face à un Labour qui est parvenu à conserver son siège malgré un contexte local très défavorable.

Avec 29% des voix, son candidat Mike Greene est arrivé juste derrière la travailliste Lisa Forbes (31%) mais bien devant les conservateurs, relégués à la troisième place (21%). Selon le spécialiste des sondages John Curtice, ce résultat montre que le Royaume-Uni est désormais «une autre planète politique». Le Parti du Brexit est «une force perturbatrice significative», a-t-il pointé sur la BBC.

Et pour capter les votes manquants, Nigel Farage a expliqué vendredi à la radio BBC4 compter sur l'émergence d'un «vote tactique» de la part des électeurs conservateurs, qui s'en remettraient à son parti pour éviter de «finir avec (le chef du Labour, Jeremy) Corbyn au gouvernement».

Complots internes

Theresa May, 62 ans, avait pris les rênes de l'exécutif en juillet 2016, peu après que les Britanniques eurent voté à 52% en faveur de la sortie de l'Union européenne lors du référendum du 23 juin. Il lui incombait alors de mettre en oeuvre le Brexit. Mais elle n'a pas su relever le défi.

L'accord qu'elle a conclu en novembre avec Bruxelles a été rejeté à trois reprises par les députés britanniques, autant de défaites humiliantes. A court de munitions pour éviter une sortie sans accord, redouté par les milieux économiques, Theresa May a été contrainte de repousser au 31 octobre la date du Brexit, initialement programmé le 29 mars.

Des atermoiements lourdement sanctionnés lors des élections européennes, le parti tory étant relégué à la cinquième place. Usée par le Brexit, mais aussi par les complots et critiques incessantes dont elle a fait l'objet au sein de son parti, profondément divisé sur la question, Theresa May avait annoncé le 24 mai sa démission lors d'une allocution devant le 10, Downing Street. (ats/nxp)

Créé: 07.06.2019, 13h18

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