La traque continue après les attentats de Bruxelles

TerrorismeUne semaine après les attentats de Bruxelles, le retour à la normale reste laborieux. Les enquêtes sur les réseaux djihadistes prennent une tournure de plus en plus européenne.

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La police belge tente de mettre la main sur le principal suspect encore en fuite une semaine après les attentats djihadistes qui ont fait 35 morts à Bruxelles, sur fond de polémiques à répétition sur la gestion de la crise par les autorités.

Après un travail complexe, les autorités ont terminé mardi l'identification des victimes. Le bilan a ainsi été révisé à la baisse, «après vérification approfondie», a annoncé le ministère de la Santé, reconnaissant que trois personnes avaient initialement été comptabilisées deux fois parmi les morts.

Selon le parquet de Bruxelles, 17 personnes tuées étaient belges et 15 étrangères (18 en tenant compte des binationaux). Dans la capitale de l'Union européenne, une ville très cosmopolite, des expatriés et voyageurs de treize nationalités différentes ont perdu la vie dans les attaques djihadistes , qui ont également fait 340 blessés dont 94 étaient encore hospitalisés.

Aéroport fermé mercredi

Le retour à la normale reste laborieux dans la capitale belge, frappée le 22 mars à 7h58 par un double attentat-suicide à l'aéroport de Bruxelles-Zaventem puis, environ une heure plus tard, par un troisième kamikaze dans le métro.

L'aéroport, dont le hall des départs a été dévasté par les explosions, a commencé à tester mardi ses infrastructures temporaires, avec une simulation de grande envergure, avant une reprise très partielle du trafic.

L'aéroport restera toutefois encore fermé au trafic voyageurs mercredi, a annoncé mardi soir la société gestionnaire.

«L'aéroport sera fermé pour les vols commerciaux à l'arrivée et au départ de Bruxelles demain mercredi 30 mars», a écrit dans un tweet Brussels Airport.

Les vols de la compagnie Swiss à destination et au retour de Bruxelles sont également supprimés jusqu'au dimanche 3 avril, respectivement lundi 4 pour un vol retour sur Zurich. Quant au métro, la circulation reste limitée.

Homme au chapeau

Si les trois kamikazes ont été rapidement identifiés, et s'avèrent être étroitement liés aux commandos du groupe djihadiste Etat islamique (EI), qui ont tué 130 personnes le 13 novembre à Paris, l'enquête a subi un sérieux revers lundi.

La justice, qui espérait avoir arrêté le troisième poseur de bombe de l'aéroport, recherché depuis une semaine, a libéré le seul homme inculpé dans l'enquête sur les attaques bruxelloises, Fayçal C..

Selon une source proche de l'enquête, «les enquêteurs ont établi que ce n'est pas 'l'homme au chapeau'» repéré sur des images de vidéosurveillance à côté des deux kamikazes de l'aéroport, et qui a abandonné sa valise piégée avant de prendre la fuite. Ce suspect-clé est donc toujours en cavale.

Selon l'avocat de Fayçal C., «il a donné un alibi au niveau de la téléphonie, disant qu'il était chez lui au moment des attentats». «Je ne peux rien reprocher au juge d'instruction» puisque «les éléments qu'il a recueillis se sont avérés complètement à décharge», a ajouté Me Olivier Martins à la télévision publique francophone RTBF.

«La frontière est ténue entre un radical agité et un radical recruteur, et probablement que le magistrat n'a pas voulu franchir la frontière», a déclaré mardi le maire de Bruxelles Yvan Mayeur, semblant déplorer la remise en liberté de Fayçal C., qu'il accuse d'avoir «agité» des réfugiés dans un campement pour migrants dans la capitale.

Nouvelles arrestations

Cette nouvelle polémique s'ajoute à d'autres critiques déjà adressées aux autorités belges, notamment pour défaut de surveillance d'un des kamikazes de l'aéroport, qui n'a pas été inquiété après avoir été arrêté en Turquie puis expulsé l'été dernier.

Pour le ministre de la Justice Koen Geens, mis en cause pour sa gestion du dossier avec son collègue de l'Intérieur Jan Jambon, «ce n'est pas le moment de se battre entre nous». «L'ennemi se trouve en Syrie», «nous devons faire face ensemble et être lucides», a-t-il affirmé à la télévision publique flamande VRT.

Signe d'une menace toujours élevée, les enquêtes sur les réseaux djihadistes prennent une tournure de plus en plus européenne, avec de nouvelles arrestations ces derniers jours en Belgique, en France, en Italie et aux Pays-Bas.

Garde à vue prolongée

La France a ainsi affirmé avoir mis «en échec» un projet d'attentat avec des ramifications européennes. Le principal suspect, l'ex-braqueur français Reda Kriket, était toujours entendu par la police française et sa garde à vue a été prolongée mardi de 24 heures.

Le Français arrêté dimanche à Rotterdam et soupçonné d'être impliqué dans la préparation d'un attentat en France s'oppose lui à son extradition demandée par Paris, a indiqué mardi le parquet d'Amsterdam dans un communiqué. (ats/nxp)

Créé: 29.03.2016, 19h38

Brussels Airlines perd 5 millions d'euros par jour

Brussels Airlines accuse un manque à gagner de 5 millions d'euros (5,5 millions de francs) par jour depuis la fermeture de l'aéroport de Bruxelles-Zaventem, le 22 mars, après l'attentat-suicide qui a dévasté le hall des départs, a déclaré mardi une porte-parole de la compagnie aérienne.

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