Trump: «Je suis le candidat qui défendra la loi et l’ordre»

Présidentielles américainesLe milliardaire new-yorkais a accepté jeudi à Cleveland l’investiture du parti républicain en se présentant comme le champion des «Américains abandonnés» dans un discours sombre.

Donald Trump durant son discours d'investiture.

Donald Trump durant son discours d'investiture. Image: AP Photo/Carolyn Kaster

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Donald Trump a mis jeudi à Cleveland un point final à une convention républicaine chaotique avec une promesse: «Je suis le candidat qui défendra la loi et l’ordre». Décrit par le pasteur fondamentaliste Jerry Falwell comme un «milliardaire au col bleu» et comme le «champion de l’homme ordinaire», le candidat républicain à la Maison-Blanche a endossé ce rôle en acceptant l’investiture de son parti dans un long discours dressant une vision d’une Amérique au bord du chaos, menacée par «180 000 clandestins avec un casier judiciaire».

«L’un de ces clandestins a été libéré de prison et s’est rendu dans le Nebraska», a-t-il déclaré. «Là-bas, il a mis fin à la vie d’une innocente jeune femme qui s’appelait Sarah Root». Pour l’administration Obama, a-t-il ajouté, «cette fille incroyable était une vie américaine de plus qui ne valait pas la peine de protéger» et «un enfant de plus à sacrifier sur l’autel des frontières ouvertes».

Le milliardaire new-yorkais s’est présenté comme le défenseur des opprimés - «Je suis entré en politique afin que les puissants ne puissent plus taper sur des gens qui ne peuvent pas se défendre» - , et en candidat qui «libérera les citoyens du crime, du terrorisme et de l’anarchie». Il a aussi assuré, en faisant à la récente fusillade d’Orlando visant la communauté homosexuelle, qu’il serait le président protégeant les gays et lesbiennes «de la violence et de l’oppression d’une idéologie étrangère pleine de haine».

Il n’a pas oublié les policiers tués à Dallas, à Baton Rouge et dans d’autres villes des Etats-Unis: «J’ai un message à quiconque menace la paix dans nos rues et la sécurité de notre police: quand je prêterai serment l’année prochaine, je restaurerai la loi et l’ordre dans notre pays».

Donald Trump s’est aussi posé en sauveur populiste des Américains face aux démocrates. «Je suis votre voix», a-t-il martelé après avoir a accusé Hillary Clinton d’être la «marionnette» du monde des affaires, des médias et des grands donateurs du parti. Pour le candidat républicain à la présidentielle, l’héritage de l’ancienne secrétaire d’Etat se résume en 4 mots: «mort, destruction, terrorisme et faiblesse».

Le candidat qui a notamment accusé pendant la campagne les Mexicains d’être des «violeurs», n’a pas épargné Barack Obama en assurant que la «rhétorique irresponsable du président» avait divisé les Américains selon leur race et leur couleur de peau.

Le mur entre les Etats-Unis et le Mexique

Le milliardaire a en outre promis de gagner la Maison-Blanche pour «chaque enfant qui rêve». «Chaque jour, je me réveille, déterminé à a offrir une meilleure existence à tous les gens à travers le pays qui ont été négligés, ignorés et abandonnés», a-t-il déclaré. Il a réaffirmé sa volonté de construire un mur gigantesque le long de la frontière des Etats-Unis avec le Mexique.

Il a en revanche nuancé sa volonté d’interdire aux musulmans l’entrée sur le territoire américain: «Nous devons suspendre l’immigration en provenance de tout pays touché par le terrorisme jusqu’à ce que nous ayons pu mettre en place un système de contrôle».

La campagne d’Hillary Clinton a aussitôt contre-attaqué. «Ce soir, Donald Trump a dressé le portrait sombre d’une Amérique sur le déclin», a réagi John Podesta, le chef de la campagne d’Hillary Clinton. «Et sa réponse - plus de peur, plus de division, plus de colère, plus de haine - nous rappelle à quel point il n’a pas le tempérament ni les qualifications pour être président des Etats-Unis. Il n’a offert aucune solution réelle aux familles de travailleurs à avancer ou pour protéger notre pays si c’est le préjudice et la paranoïa. L’Amérique vaut mieux que ça».

Après avoir passé trois jours à attaquer Hillary Clinton et Barack Obama, le parti républicain n’a pas abandonné ses cibles jeudi mais s’est aussi efforcé de dresser le portrait de son candidat sur fond de musique country.

Le shérif Joe Arpaio, admiré par les ultras conservateurs mais honni par les démocrates et les hispaniques en raison de sa chasse aux clandestins, s’est lancé dans un long plaidoyer en faveur de la construction d’un mur à la frontière avec le Mexique.

Majorité blanche

Le pasteur afro-américain Patrick Burns a électrifié la foule en très grande majorité blanche en hurlant que Donald Trump se préoccuperait de tous les Américains. La gouverneure de l’Oklahoma Mary Fallin a mentionné les héros afro-américains de son Etat pour tenter de tendre la main aux électeurs noirs qui rejettent massivement Donald Trump.

Elle a ensuite assuré que le milliardaire avait des «idées courageuses»: «Nous sommes unis dans nos convictions que toute vie est précieuse, quelle que soit la race, la classe, y compris les vies des enfants qui ne sont pas encore nés».

Promesse de Reince Priebus, le patron du parti républicain: Donald Trump fera en sorte que les Américains puissent «payer leur hypothèque, mettre de l’essence dans leur voiture et acheter de nouveau habits pour la rentrée des classes».

Peter Thiel, le cofondateur de PayPal et l’un des acteurs majeurs de la Silicon Valley, est devenu le premier orateur ouvertement gay à s’adresser à la convention républicaine depuis 16 ans. «Je suis fier d’être gay», a-t-il martelé sous les applaudissements de la foule. Le multimillionnaire Tom Barrack, a comparé Donald Trump à un joaillier qui prend soin du «collier de la prospérité».

Ivanka Trump, la fille de Donald Trump, a complété ce tableau en soulignant la combativité et l’«empathie» de de son père: «Je l’ai vu se battre pour ses employés, je l’ai vu se battre pour sa famille et l’ai vu se battre pour sa compagnie». Elle a assuré qu’il était le champion des femmes et un bâtisseur obnubilé par l’excellence: «Quand mon père dit qu’il va construire une tour, levez les yeux vers le ciel», a-t-elle lancé.

Le candidat républicain à la Maison-Blanche qui a pris la parole après sa fille, a pour sa part préféré jeudi jeter un regard nostalgique sur l’Amérique d’avant Barack Obama.

Créé: 22.07.2016, 07h39

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