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Etats-UnisPour Trump, Cohen a «inventé des faits»

Le président américain s'est exprimé mercredi sur deux de ses anciens proches collaborateurs dans le viseur de la justice.

Le Pentagone a accepté une rallonge pour le mur voulu par le président américain à la frontière avec le Mexique. (Jeudi 13 février 2020)
Le Pentagone a accepté une rallonge pour le mur voulu par le président américain à la frontière avec le Mexique. (Jeudi 13 février 2020)
Keystone
Le républicain Mitt Romney a voté en faveur de la destitution du président américain, mais Donald Trump a été acquitté des accusations à son encontre. (Jeudi 6 février 2020)
Le républicain Mitt Romney a voté en faveur de la destitution du président américain, mais Donald Trump a été acquitté des accusations à son encontre. (Jeudi 6 février 2020)
Keystone
L'ex-directeur du FBI James Comey a été auditionné jeudi par le Sénat. Il a accusé notamment de «mensonges» l'administration du président Trump, qui lui aurait intimé d'abandonner un volet de l'enquête russe sur un proche. (Jeudi 8 juin 2017)
L'ex-directeur du FBI James Comey a été auditionné jeudi par le Sénat. Il a accusé notamment de «mensonges» l'administration du président Trump, qui lui aurait intimé d'abandonner un volet de l'enquête russe sur un proche. (Jeudi 8 juin 2017)
AFP
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Le président américain Donald Trump a accusé mercredi son ex-avocat Michael Cohen d'avoir «inventé» des faits en plaidant coupable devant un juge de Manhattan, affirmant que ces infractions n'étaient «pas un crime». Il a en revanche loué son ex-directeur de campagne Paul Manafort, confondu mardi par la justice.

Michael Cohen a «cédé» face à la pression des enquêteurs, a assuré M. Trump dans un tweet, en accusant le juriste d'avoir «inventé des histoires afin d'obtenir un accord» de négociation de peine. J'ai un «tel respect pour un homme courageux» comme Paul Manafort a, au contraire, tweeté le président, en référence à son ex-chef de campagne reconnu coupable de fraudes bancaire et fiscale.

«Le président Obama s'est rendu responsable d'une grave infraction au financement électoral et cela fut réglé facilement!», a ajouté M. Trump. Il n'apporte toutefois aucun élément juridique à l'appui de son affirmation selon laquelle les infractions dont M. Cohen a reconnu être coupable n'étaient pas des délits.

«A la demande du candidat» Trump

A plusieurs centaines de kilomètres mais presque simultanément, le président américain a essuyé mardi deux coups durs judiciaires. A New York, celui qui avait dit un jour être prêt à «prendre une balle» pour le milliardaire a opéré un spectaculaire virage. Michael Cohen a plaidé coupable de huit chefs d'accusation, pour fraudes fiscale et bancaire et pour violation des lois sur le financement des campagnes électorales.

L'avocat âgé de 52 ans, a reconnu avoir versé 130'000 et 150'000 dollars, pendant la campagne, à deux femmes affirmant avoir eu une liaison avec Donald Trump en échange de leur silence, et ce «à la demande du candidat», afin d'éviter de lui «porter préjudice».

Le président américain a affirmé que ces paiements n'étaient «même pas une infraction» aux lois électorales, dans un extrait d'entretien diffusé mercredi par Fox News. Ces fonds «ne venaient pas de l'équipe de campagne», souligne M. Trump, ajoutant n'avoir su «que plus tard» que ces femmes avaient été payées.

Près de Washington, Paul Manafort, 69 ans, a été jugé coupable de fraudes fiscale et bancaire. Si ce verdict porte sur ses finances personnelles, il découle du premier procès venant des investigations du procureur spécial Robert Mueller, qui enquête sur les soupçons de collusion entre l'équipe de campagne Trump et la Russie en 2016.

«Mauvaise journée pour nous»

Mardi, Donald Trump a souligné que cette décision judiciaire n'avait en soi «rien à voir» avec une éventuelle collusion, qu'il nie farouchement depuis des mois, dénonçant une «chasse aux sorcières». «Je ne suis pas impliqué», a-t-il martelé devant des journalistes avant de lancer à ses supporteurs lors d'un meeting de campagne: «Ils cherchent toujours une collusion, où est la collusion? Trouvez de la collusion!»

Donald Trump a fait planer à plusieurs reprises la menace d'une mise à l'écart de M. Mueller - option qui paraît bien trop risquée politiquement depuis la condamnation de M. Manafort. Ce qui signifie que l'enquête sur l'ingérence russe va empoisonner durablement l'agenda de la Maison Blanche. «C'est une mauvaise journée pour nous», a reconnu une source proche de la présidence, qui a tenu à rester anonyme.

Influence pour cet automne?

A court terme, la crainte de la présidence est que ces revers judiciaires pèsent sur le résultat des élections de mi-mandat, en novembre, où la majorité républicaine de 23 sièges à la Chambre des représentants apparaît menacée. Une victoire des démocrates limiterait en effet la capacité de Trump à mettre en oeuvre son programme tout en relançant la petite musique d'une procédure d'«impeachment», qui avait perdu en intensité ces derniers temps.

Le débat autour d'une éventuelle destitution se nourrira en tout état de cause du fait que M. Cohen affirme que M. Trump s'est lui-même rendu coupable d'un crime et que l'avocat de son ancien conseil, Lanny Davis, a assuré que son client serait «plus que ravi» de dire tout ce qu'il sait.

L'opposition s'est engouffrée dans la brèche. «Les Américains ont le droit d'obtenir des réponses sur le rôle du président dans ces actes de corruption et criminels», a déclaré la représentante démocrate Rosa DeLauro. En revanche, aucun dirigeant républicain, même parmi les plus critiques envers M. Trump, ne s'est aventuré à monter au front.

AFP

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