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Affaire KhashoggiTrump n'exclut pas l'implication de «MBS»

Le président américain a laissé entendre mardi que le prince héritier saoudien aurait eu vent du meurtre du journaliste.

Donald Trump n'a pas exclu mardi que le prince héritier saoudien ait été au courant du meurtre du journaliste Jamal Khashoggi. Mais il a affirmé que cela ne menacerait pas la relation «inébranlable» entre les Etats-Unis et l'Arabie saoudite. Ryad dément les conclusions de la CIA.

«Il se pourrait très bien que le prince héritier ait eu connaissance de cet évènement tragique --peut-être, peut-être pas!», a dit le président américain dans un communiqué. «Nous ne connaîtrons peut-être jamais tous les faits entourant le meurtre de M. Jamal Khashoggi. Dans tous les cas, notre relation est avec le royaume d'Arabie saoudite. Les Etats-Unis entendent rester un partenaire inébranlable de l'Arabie saoudite», a-t-il ajouté.

Le président américain a énuméré les raisons qui rendent cette alliance stratégique: lutte contre l'ennemi commun iranien, combat contre le «terrorisme islamique radical», achat d'armes américaines ou encore stabilité des prix du pétrole dont Ryad est le premier exportateur mondial.

Selon Donald Trump, les agences de renseignement américaines «continuent d'analyser toutes les informations». Plusieurs médias américains, dont le Washington Post pour lequel le journaliste saoudien écrivait des chroniques régulières, ont toutefois rapporté que la CIA était parvenue à la conclusion que le puissant prince héritier était le commanditaire du meurtre.

Sanctions financières

Jamal Khashoggi, qui vivait aux Etats-Unis et était un critique du régime saoudien, a été tué le 2 octobre au consulat d'Arabie saoudite à Istanbul où il était allé faire des démarches pour son futur mariage avec une jeune femme turque. Ce meurtre a terni l'image du royaume saoudien et de Mohammed ben Salmane, surnommé «MBS», dont la plupart des observateurs estiment qu'il ne pouvait pas ne pas être au courant de l'opération.

La plupart des exécutants sont connus, et Washington a imposé la semaine dernière des sanctions financières contre 17 d'entre eux au moment où la justice saoudienne annonçait une série d'inculpations. Le Congrès américain, y compris dans les rangs républicains du président Trump, demande toutefois à Washington d'aller plus loin, et de sanctionner les commanditaires.

«Je comprends que des membres du Congrès veuillent aller dans une autre direction, pour des raisons politiques ou autres --ils sont libres de le faire», a affirmé Donald Trump dans son communiqué. «Je prendrai en compte toutes les idées qui me seront soumises, mais seulement si elles ne sont pas en contradiction avec la sécurité et la sûreté absolue de l'Amérique», a-t-il ajouté.

«Je n'aurais jamais pensé voir le jour où la Maison Blanche ressemblerait à une agence de relations publiques pour le prince héritier saoudien», a écrit sur Twitter Bob Corker, le chef républicain de la puissante commission des Affaires étrangères du Sénat.

D'autres sénateurs républicains ont aussi critiqué l'alignement de M. Trump sur la défense choisie par le royaume saoudien. «Ce communiqué est l'Arabie saoudite d'abord, pas l'Amérique d'abord», a raillé Rand Paul, en référence au slogan régulièrement lancé par le président.

«Des alliés proches ne planifient pas le meurtre d'un journaliste. Les alliés proches n'attirent pas un de leurs citoyens dans un piège pour le tuer», a tweeté Jeff Flake, également républicain, mais très critique à l'égard du locataire de la Maison Blanche.

Lindsey Graham, un proche de Donald Trump, avait estimé dimanche «impossible de croire» que le prince héritier saoudien ignorait les agissements de l'équipe envoyée en Turquie pour tuer Jamal Khashoggi.

AFP

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