Trump nie mener une «campagne de haine»

Etats-UnisLe président américain est accusé par les démocrates d'alimenter les tensions raciales et idéologiques qui divisent l'Amérique.

Donald Trump, dans le Bureau ovale, à Washington, le 26 juillet.

Donald Trump, dans le Bureau ovale, à Washington, le 26 juillet. Image: AFP

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Donald Trump s'est défendu dimanche des nouvelles accusations de racisme déclenchées par sa diatribe de la veille contre un élu noir et la ville de Baltimore, une tactique électorale risquée et assumée que ses opposants qualifient de «campagne de haine».

«Un désordre dégoûtant, infesté de rats et autres rongeurs», un «endroit très dangereux et sale» où «aucun être humain ne voudrait vivre» : le président américain a dépeint samedi en quelques tweets un tableau infâme de Baltimore, une ville industrielle du Maryland majoritairement noire minée par les problèmes sociaux, la drogue et la violence.

Ces attaques visaient en premier lieu Elijah Cummings, élu de Baltimore au Congrès, qui avait critiqué la semaine précédente les conditions de détention des mineurs à la frontière avec le Mexique. Elles ont provoqué une volée de réactions indignées au sein de l'opposition, la chef des démocrates à la Chambre des représentants Nancy Pelosi les qualifiant notamment de «racistes».

«Les démocrates jouent toujours la carte du racisme, alors qu'ils ont en réalité fait si peu pour les formidables Afro-Américains de notre pays», a répondu dimanche matin Donald Trump sur Twitter.

«Il n'y a rien de raciste à dire clairement ce que la plupart des gens savent déjà : Elijah Cummings a fait du très mauvais travail pour les gens de son district et ceux de Baltimore», a-t-il insisté dans l'après-midi par le même biais.

Les propos présidentiels ont provoqué la colère à Baltimore. Son maire, Bernard «Jack» Young, les a jugés «totalement inacceptables». Le «Baltimore Sun», un quotidien local, a écrit dans un éditorial qu'il valait «mieux avoir de la vermine vivant dans son voisinage qu'en être une».

Des habitants se sont également indignés sur Twitter où ils ont critiqué le président à mots plus ou moins polis, utilisant les hashtags #WeAreBaltimore («Nous sommes Baltimore») et #BaltimoreStrong («Baltimore forte»).

Comme lorsque le président avait invité mi-juillet quatre élues démocrates issues de minorités à «retourner» dans leur pays, ses nouveaux propos ont été commentés avec parcimonie au sein de son camp.

«Le président a raison de dire que cela n'a absolument rien à voir avec la race», a déclaré dimanche sur la chaîne de télévision conservatrice Fox News le directeur de cabinet de la Maison Blanche Mick Mulvaney. L'élu républicain du Texas Will Hurd a confié de son côté sur ABC qu'il n'aurait «pas tweeté de cette façon».

«Manoeuvre de diversion»

A l'approche de la présidentielle de novembre 2020, Donald Trump semble déterminé à galvaniser sa base électorale, très majoritairement blanche, en alimentant les tensions raciales et idéologiques qui divisent l'Amérique.

L'élue démocrate du Michigan Rashida Tlaib l'a accusé dimanche sur CNN de mener une «campagne de haine» destinée selon elle à masquer son absence de propositions pour le pays. Devenue en novembre l'une des deux premières femmes de confession musulmane élues au Congrès, l'Américano-Palestinienne fait partie - avec Alexandria Ocasio-Cortez, Ilhan Omar et Ayanna Pressley - de la «Brigade» violemment visée il y a deux semaines par le milliardaire républicain.

Ses attaques répétées contre ces quatre parlementaires accusées de «haïr» l'Amérique avaient rapidement trouvé un écho auprès de ses partisans. «Renvoyez-la !», avait ainsi scandé la foule, au cours d'un meeting électoral, à l'évocation de Mme Omar, fille de réfugiés somaliens.

Une stratégie vouée à l'échec, a estimé dimanche le sénateur Bernie Sanders, candidat à l'investiture démocrate pour la présidentielle de 2020 : «Les Américains n'accepteront pas un président essayant de nous diviser en fonction de la couleur de notre peau ou de notre lieu de naissance». Pour le maire de New York, Bill de Blasio, qui espère lui aussi défier Donald Trump dans les urnes l'an prochain, il s'agit avant tout d'une «manoeuvre de diversion» afin de «détourner les gens de la réalité du pays».

Barack Obama, assez discret depuis son départ de la Maison Blanche, a modestement contribué au débat en partageant samedi sur Twitter une tribune de 149 membres noirs de son gouvernement qui s'y inquiètent de la rhétorique de Donald Trump et de la «montée du racisme» aux Etats-Unis.

«Je suis fier de la façon dont ils continuent à se battre pour une Amérique meilleure», a écrit l'ancien président, comme un miroir déformant au célèbre slogan de son successeur, «Make America Great Again» («Rendre à l'Amérique sa grandeur»). (afp/nxp)

Créé: 29.07.2019, 00h24

La «pression» américaine sur l'OMC vouée à l'échec (Chine Nouvelle)

La menace américaine de dénoncer le statut de pays en développement de la Chine au sein de l'OMC est une «tactique» vouée à l'échec, a estimé lundi Chine Nouvelle. L'agence de presse officielle chinoise dénonce une pression avant la reprise cette semaine des discussions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine. Donald Trump a laissé 90 jours à l'OMC pour régler le problème de pays membres, qui, selon les Etats-Unis, usurpent leur statut de pays en développement pour en tirer un avantage économique, à commencer par la Chine.

Articles en relation

Trump attaque un élu noir, nouveau tollé anti-raciste

Etats-Unis Le président américain a violemment critiqué la circonscription du démocrate Elijah Cummings, majoritairement habitée par des Noirs et «infestée de rats», selon lui. Plus...

Bonne nouvelle pour Trump et son mur

Etats-Unis Le gouvernement américain va pouvoir utiliser des fonds venus du Pentagone pour construire le mur à la frontière mexicaine. Plus...

Trump s'implique encore plus pour A$AP Rocky

Suède Donald Trump s'est dit «déçu» par la Suède, accusée d'avoir «laisser tomber» la communauté noire américaine. Plus...

Paid Post

CallDoc, assuré malin et flexible
Bénéficiez de consultations médicales 24h/24, 7j/7 et faites des économies! Profitez du rabais de prime sur l’assurance-maladie de base. Demandez une offre maintenant.

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.