Trump offre un satisfecit à l'Otan pour ses 70 ans

Etats-UnisLe président américain s'est félicité mardi de la «montée en flèche» des dépenses militaires des pays membres.

Donald Trump a reçu le secrétaire général de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord, Jens Stoltenberg, dans le Bureau ovale. (Mardi 2 avril 2019)

Donald Trump a reçu le secrétaire général de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord, Jens Stoltenberg, dans le Bureau ovale. (Mardi 2 avril 2019) Image: AFP

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Donald Trump a mis en sourdine ses critiques à l'égard de l'Otan, qui fête cette semaine ses 70 ans à Washington, allant même jusqu'à se féliciter mardi de la «montée en flèche» des dépenses militaires des pays membres de l'Alliance atlantique.

«Des progrès formidables ont été réalisés et l'Otan est beaucoup plus forte», a lancé le président des Etats-Unis à la Maison Blanche. «Depuis ma prise de fonctions, c'est une montée en flèche», «les gens payent et je suis très heureux», a-t-il ajouté en recevant le secrétaire général de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord, Jens Stoltenberg, dans le Bureau ovale.

Même si le milliardaire républicain s'attribue la paternité de ce succès, son satisfecit rompt avec plusieurs mois d'attaques de sa part. Donald Trump n'a eu de cesse de bousculer les Alliés, semblant parfois mettre en cause l'utilité même de l'Otan et le bien-fondé de son principal pilier, l'article 5 du traité prévoyant qu'en cas d'attaque contre un pays membre, tous les autres volent à son secours.

Un meilleur «partage du fardeau»

Il insiste surtout pour un meilleur «partage du fardeau», accusant les pays européens de vivre aux crochets des faramineuses dépenses militaires américaines. Objectif: que chaque gouvernement porte son effort militaire à 2% de son produit intérieur brut (PIB) en 2024 au plus tard, conformément à une règle fixée il y a cinq ans. Première visée: l'Allemagne, qui est encore très loin du but, avec 1,5% prévu en 2024.

Le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas avait d'ailleurs pris les devants en prévenant lundi que les «débats publics sur le partage du fardeau» risquaient de «provoquer l'incertitude au moment où la Russie met à l'épreuve» l'unité de l'Otan, «encore et toujours».

Mais le président américain n'a pas joué les trouble-fête, comme certains le redoutaient, à la veille d'une réunion de deux jours des ministres des Affaires étrangères de l'Otan. «Quand je suis arrivé, ça n'allait pas», a-t-il redit mardi. Mais les Alliés «sont en train de rattraper leur retard», s'est-il réjoui, tout en jugeant toujours la contribution américaine «disproportionnée». «La relation avec l'Otan est très bonne», a-t-il même assuré, s'attirant les remerciements du secrétaire général.

Ce dernier a rendu un hommage appuyé à son hôte, estimant sur Twitter que «son message sur un plus juste partage du fardeau» avait eu «un vrai impact». Avec un chiffre rond à la clé, pour le plus grand plaisir de Donald Trump: entre son arrivée à la Maison Blanche début 2017 et la fin de cette année, les dépenses supplémentaires des 28 autres pays membres auront atteint 100 milliards de dollars. «Cela prouve la force de cette alliance», a estimé l'ex-Premier ministre norvégien qui doit prononcer mercredi un discours devant le Congrès américain.

Mesures anti-russes

Mais certains observateurs ont déploré qu'en ce moment symbolique, le message de l'homme d'affaires se soit résumé à une histoire de gros sous. Il a omis de souhaiter bon anniversaire à l'Otan, «de remercier nos alliés pour leurs sacrifices» et pour «nous avoir soutenus le 11 septembre et aidés en Afghanistan», a relevé un ancien ambassadeur des Etats-Unis auprès de l'Alliance, Nicholas Burns. «Les grands présidents parlent pour le pays lors des anniversaires importants», et Donald Trump a «déshonoré la présidence», a-t-il dénoncé sur Twitter.

Créée pour contrer l'Union soviétique en Europe, l'Alliance est encore aux prises avec la Russie dans un contexte international aux faux airs de nouvelle Guerre froide. Les «menaces» russes sont tout en haut de l'ordre du jour de ces célébrations.

Les pays membres devraient, selon le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, annoncer jeudi une autre série de «mesures communes contre ce que la Russie fait en Crimée», la péninsule ukrainienne annexée en 2014. Un «paquet mer Noire», prévoyant notamment plus de surveillance et plus de navires de l'Otan, est prévu. Toujours en décalage avec sa propre administration sur cette question, Donald Trump a lui réaffirmé vouloir une «bonne relation» avec Moscou. «Je pense qu'on peut bien s'entendre avec la Russie», a-t-il insisté.

La dispute entre la Turquie et les Etats-Unis, tous deux membres de l'Otan, autour de la volonté turque d'acquérir le système russe antimissiles S-400, pourrait aussi s'inviter à la réunion ministérielle. A la veille de la rencontre, Washington a augmenté la pression sur Ankara en suspendant toute livraison aux Turcs en lien avec les avions de combats américains F-35. (afp/nxp)

Créé: 02.04.2019, 23h59

Paris et Berlin veulent une «alliance» pour défendre le multilatéralisme

La France et l'Allemagne ont annoncé mardi leur volonté de créer une «Alliance pour le multilatéralisme» afin de faire contrepoids aux tentatives de rompre avec ce socle de l'ordre international qui régit le monde depuis 1945.
«Face aux risques de déconstruction de notre édifice multilatéral», il faut «un message de soutien aux Nations unies et à l'action multilatérale», a expliqué le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, lors d'une conférence de presse à New York avec son homologue allemand Heiko Maas.
«Nous voulons nous assurer que l'ONU reste l'institution pivot pour la paix et la sécurité à l'avenir», a renchéri le ministre allemand. «Nous voulons aussi nous opposer à l'érosion des structures de désarmement», a ajouté Heiko Maas.

Articles en relation

Coup d'envoi des 70 ans de l'Otan à Washington

Etats-Unis En rencontrant Jens Stoltenberg, Donald Trump donne mardi le coup d'envoi des 70 ans d'une Otan qu'il aime critiquer. Plus...

Neuf pays d'Europe de l'Est craignent Moscou

OTAN Neuf pays du flanc Est de l'OTAN dénoncent les ambitions «impérialistes» et se disent préoccupés pour leur sécurité. Plus...

L'appel de Trump à l'Otan a fonctionné

Diplomatie L'appel de Trump à contribution des membres de l'OTAN a fonctionné, selon le secrétaire général de l'alliance. Plus...

La rédaction sur Twitter

Restez informé et soyez à jour. Suivez-nous sur le site de microblogage

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.