Trump acclamé, accepte l'investiture républicaine

Etats-UnisAu dernier soir de la Convention républicaine, Donald Trump a délivré un discours à la fois inclusif, agressif et sécuritaire.

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Le républicain Donald Trump a annoncé jeudi qu'il acceptait «avec humilité et gratitude» l'investiture de son parti pour l'élection présidentielle de novembre. «Ensemble notre parti retournera à la Maison Blanche, notre pays retrouvera sécurité, prospérité et paix. Nous serons un pays de générosité et de chaleur, mais nous serons aussi un pays où règne l'ordre public», a promis le milliardaire républicain devant la convention républicaine réunie à Cleveland.

Dans un discours à la tonalité anxiogène prononcé à l'issue d'une convention qui a mis crûment en lumière les déchirures de son parti, le magnat de l'immobilier, novice en politique, s'est a affirmé: «je suis le candidat de l'ordre public».

«La criminalité et la violence qui affligent aujourd'hui notre pays prendront bientôt fin», a-t-il lancé, devant plus de 2000 délégués réunis à Cleveland (Ohio) pour un discours suivi aussi par des dizaines de millions d'Américains derrière leur écran.

Promettant «le retour à la sécurité (...) à partir du 20 janvier 2017», date de l'investiture du successeur de Barack Obama, il a confirmé son virage sécuritaire amorcé ces dernières semaines, dans une registre évoquant celui de Richard Nixon en 1968.

America first

«L'Amérique d'abord !», a-t-il lancé, l'index de la main droite levé, face à une foule électrisée. Sur le plan de la politique extérieure, «la différence la plus importante entre notre plan et celui de nos opposants et que notre plan mettra l'Amérique au premier plan. l'Américanisme, et non le globalisme, sera notre credo», assurait-il. «Le peuple américain sera à nouveau la priorité numéro un».

Selon un folklore qui est la signature des conventions américaines, des dizaines de milliers de ballons rouges, blancs et bleus ont été lâchés sur l'immense salle omnisports du Quicken Loans Arena à l'issue de l'allocution du candidat.

Sa fille à la conquête des femmes

Quelques minutes plus tôt, c'est Ivanka Trump , 34 ans, qui avait raconté la «générosité» et la «compassion» d'un père qu'elle a décrit comme soucieux de l'égalité des droits et de la place des femmes dans l'entreprise et la société.

Large sourire, longs cheveux blonds tombant sur une robe rose, elle a prononcé un discours mesuré que n'auraient probablement pas désavoué nombre de démocrates.

Cette femme d'affaires accomplie de 34 ans, très proche de son père, a promis que son père se battrait pour l'égalité des salaires entre hommes et femmes et pour aider les mères de famille, des sujets rarement évoqués par son père. Ivanka Trump avait la responsabilité de le présenter avant son discours d'investiture en vue de la présidentielle de novembre.

Virage pro-gays ?

Peter Thiel, entrepreneur de la Silicon Valley ouvertement homosexuel, a lui reçu une véritable ovation lorsqu'il s'est dit «fier d'être gay, fier d'être républicain, fier d'être américain» (voir encadré).

Preuve d'une véritable évolution du «Grand Old Party» sur ce thème, Donald Trump a aussi promis, évoquant le massacre d'Orlando (49 personnes tuées dans un club gay), de «tout faire» pour protéger la communauté LGBT «des violences et de l'oppression d'une idéologie de haine». Et s'est arrêté un instant pour relever les applaudissement qui ont suivi ses propos.

Démocrates torpillés

S'il s'est gardé, de commentaires personnels sur son adversaire (qu'il surnomme «Hillary-la-crapule» depuis des mois), Donald Trump a dressé un bilan noir et sans nuance de son bilan à la tête de la diplomatie américaine (2009-2013). Un bilan qui se résume selon lui à «la mort, la destruction, le terrorisme et l'affaiblissement».

Il a promis de vaincre «les barbares du groupe Etat islamique», ajoutant: «Nous devons immédiatement suspendre l'immigration en provenance de pays ayant été compromis par le terrorisme, jusqu'à la mise en place de mécanismes de contrôle», a déclaré

Dans un discours régulièrement interrompu par la foule scandant «USA ! USA ! USA!», il a aussi décoché quelques flèches à Barack Obama, accusé d'avoir, par son «discours irresponsable», divisé par race et couleur et rendu l'Amérique «plus dangereuse pour tout le monde».

Construire un mur

Reprenant un à un les thèmes d'une campagne qui a pris tout le monde par surprise, il a réaffirmé sa volonté de construire «un grand mur à la frontière pour empêcher l'immigration illégale, les gangs, la violence, et le déversement de drogue dans nos communautés».

Donald Trump associe régulièrement ces clandestins à la criminalité, citant notamment jeudi des meurtres commis par des sans-papiers aux Etats-Unis.

L'homme d'affaires a encore promis la renégociation complète des «horribles accords de libre-échange avec la Chine et de nombreux autres», d'ont l'Alena (Nafta en anglais), qui unit Etats-Unis, Canada et Mexique, et fut signé en 1993 par Bill Clinton.

Pour un rebond

«Je vous demande votre soutien pour que je puisse être votre champion à la Maison Blanche», a-t-il conclu à l'issue d'une allocution de plus d'une heure et quart.

Rite de passage pour tout candidat à la présidentielle, le discours d'acceptation est un exercice à haut risque. A l'approche du scrutin du 8 novembre, qui désignera le successeur de Barack Obama, l'avance de la démocrate Clinton dans les sondages s'est réduite.

Le candidat républicain espère un rebond dans les sondages à l'issue de cette convention qui n'aura pas été épargnée par les polémiques.

Ted Cruz défie

Son ex-rival des primaires Ted Cruz est venu jusqu'à Cleveland pour mieux le défier, refusant mercredi soir à la tribune d'appeler à voter pour lui à l'élection de novembre.

Il a invité les républicains à voter «selon leur conscience», pour le candidat qui défendra le mieux les principes conservateurs, se faisant copieusement huer par les délégués en quittant la salle.

Ce héros de la droite chrétienne, à qui l'on prête des ambitions pour la présidentielle de 2020, a refusé de dire s'il voterait Trump.

Festival de polémiques

Pas un jour de la convention n'aura été épargné par les polémiques.

Lundi, des délégués anti-Trump sont montés sur les chaises et se sont époumonés devant les caméras lors d'un vote de procédure.

La journée de mardi a été dominée par l'affaire du plagiat de quelques paragraphes d'un discours de Michelle Obama par Melania Trump, l'épouse d'origine slovène de l'homme d'affaires.

Et jeudi, à Bruxelles, le chef de l'Otan a diplomatiquement épinglé le candidat républicain pour des propos semant le doute sur la solidarité américaine envers les alliés du traité de l'Atlantique Nord.

Dans une interview publiée par le New York Times, Donald Trump a affirmé que, si la Russie attaquait les pays baltes, il n'interviendrait militairement qu'après avoir vérifié que ces pays «ont bien respecté leurs obligations à notre égard.»

Le secrétaire d'Etat John Kerry, tout en affirmant ne pas vouloir se mêler de la campagne, a opportunément rappelé jeudi depuis Washington que toutes les administrations depuis 1949, démocrates comme républicaines, avaient toujours été «pleinement engagées dans l'Alliance».

Discrète Hillary

Invectivée avec une extrême virulence («Enfermez-la!») toute la semaine par les chefs et délégués républicains, Hillary Clinton sera elle formellement désignée par son parti la semaine prochaine à Philadelphie.

Attendant son heure -- elle devrait dévoiler son colistier vendredi ou samedi depuis la Floride -- elle s'est montrée relativement discrète ces derniers jours.

«Nous valons mieux que cela», a-t-elle simplement tweeté, au beau milieu du discours de son rival républicain qu'elle affrontera en face-à-face le 26 septembre, lors du premier d'une série de trois débats présidentiels. (afp/nxp)

Créé: 22.07.2016, 02h36

Peter Thiel, «fier d'être gay», vote Trump

Peter Thiel, un entrepreneur de la Silicon Valley ouvertement gay, plaidé en faveur des droits LGBT et de Donald Trump, lors de la convention d'investiture de Cleveland jeudi. «Je suis fier d'être gay. Je suis fier d'être républicain. Mais surtout, je suis fier d'être Américain», a déclaré un Peter Thiel très applaudi.

«Je ne prétends pas être d'accord avec chaque partie du programme de notre parti. Mais les guerres sociétales artificielles ne font que détourner notre attention de notre déclin économique», a poursuivi le milliardaire. «Et personne, dans cette campagne, ne le reconnaît à part Donald Trump».

Le programme adopté cette semaine, s'oppose à la légalisation nationale du mariage gay et à de nombreuses autres revendications de la communauté.

Trump divise les frères Baldwin, selon Alec

Déjà responsable d'une profonde division au sein du parti républicain, Donald Trump sépare aussi l'une des plus célèbres familles d'acteurs d'Hollywood, a révélé en plaisantant le comédien Alec Baldwin jeudi. «Un de mes frères est à la convention républicaine. C'est pas grave. Mon autre frère est là-bas pour manifester contre Trump», a dit l'acteur, provoquant les rires de près de 4.000 personnes assistant au grand salon de la bande dessinée Comic-Con à San Diego.

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