Trump reçoit Trudeau dans un climat tendu

Etats-Unis Les deux dirigeants se sont entretenus au sujet de l'accord Aléna, sur fond de tensions à propos du dossier des avions de Bombardier.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a assuré mercredi qu'il restait optimiste sur le succès des «difficiles» négociations en cours sur l'accord de libre-échange nord-américain (Aléna) avec l'administration Trump.

M. Trudeau a été reçu par Donald Trump à la Maison Blanche alors que reprenaient les négociations sur ce texte qui unit depuis 1994 Etats-Unis, Canada et Mexique. Sa visite intervient dans un climat de tensions exacerbées entre les Etats-Unis et le Canada sur le dossier des avions du groupe Bombardier.

«Nous devons protéger nos travailleurs», a martelé M. Trump avant la rencontre. «Nous verrons si nous pouvons faire les changements dont nous avons besoin (...) Nous verrons ce qui se passera».

Evoquant ses «bonnes relations personnelles» avec le jeune dirigeant canadien, il a estimé que les dés n'étaient pas encore jetés, répétant que la fin de l'accord était l'une des hypothèses possibles. Le nouvel accord doit être «équitable pour nos deux pays», a martelé M. Trump, qui a promis en campagne de «ramener» les emplois aux Etats-Unis.

Négociations parfois «imprévisibles»

«Je comprends que ces négociations sont difficiles et elles continueront à être difficiles et parfois même imprévisibles», a plus tard expliqué M. Trudeau à la presse. «Je continue d'être optimiste (...) car nous savons que les bénéfices (de l'Alena) ont été sentis par les citoyens des deux pays», a-t-il ajouté. M. Trudeau doit ensuite se rendre à Mexico pour y rencontrer le président Enrique Peña Nieto.

Cette visite à Washington intervient au moment où l'administration américaine entend imposer des droits compensatoires et des droits antidumping sur les importations des CSeries de l'avionneur canadien. Selon Boeing, Bombardier a obtenu des subventions du gouvernement canadien et vendu ses avions à perte.

Le dirigeant canadien a pour sa part menacé de ne pas acheter 18 avions de combat Super Hornet de Boeing si les Etats-Unis persistaient dans leur volonté de pénaliser Bombardier. Un contrat avec Boeing est «inconcevable» actuellement, a-t-il affirmé.

Les Etats-Unis absorbent les trois quarts des exportations canadiennes. Pour autant, les relations commerciales sont tendues depuis l'investiture en janvier du milliardaire républicain qui ne cesse de dénoncer l'Aléna, «pire accord commercial» qui soit.

Pas d'avancée majeure

La renégociation de l'accord a débuté mi-août et n'ont pas connu d'avancée majeure malgré trois premières séances de discussions. Elle doit se terminer à la fin de l'année. Ce délai court «a toujours été considéré comme un défi mais n'est pas insurmontable», a assuré M. Trudeau.

Robert Lighthizer, le représentant américain au Commerce (USTR) qui conduit les négociations pour les Etats-Unis, a indiqué mercredi que la nouvelle session se terminerait le 17 octobre.

L'un des principaux contentieux concerne le déficit commercial des Etats-Unis avec le Mexique (quelque 64 milliards de dollars) que Washington compte résorber.

Mise en garde du FMI

«Un virage vers le protectionnisme diminuerait les flux commerciaux et les investissements transfrontaliers et entraverait la croissance mondiale», a prévenu mardi le Fonds monétaire international (FMI).

«Tout ce qui peut, dont la renégociation de l'Aléna, entraver le commerce et les relations commerciales transfrontalières aurait des conséquences pour toutes les parties impliquées» dans le traité, a souligné Maurice Obstfeld, chef économiste de l'organisation. Le président de la Chambre de commerce américaine, Thomas Donohue, a toutefois fait part de son pessimisme dans un discours prononcé à Mexico mardi.

«Il y a plusieurs pilules empoisonnées qui pourraient condamner l'accord tout entier», a-t-il estimé, citant notamment une clause selon laquelle l'accord expirerait au bout de cinq ans sauf si les trois parties étaient d'accord pour le proroger.

M. Donohue a également fait allusion à une procédure de règlement des litiges commerciaux que l'administration américaine semblerait vouloir supprimer mais qui est soutenue par de nombreuses entreprises américaines.

Spécifiée dans l'article 11 de l'actuel traité et connue sous le nom d'ISDS (Investor-State Dispute Settlement), elle permet aux entreprises et aux investisseurs de poursuivre directement les gouvernements devant des tribunaux.

M. Donohue a rappelé que les Etats-Unis n'avaient jamais perdu dans le cadre d'une telle procédure qui «n'empiète sur la souveraineté de personne». «La rendre optionnelle, soulèverait des questions dans le monde entier sur l'attachement des Etats-Unis aux principes établis de traitement équitable», a-t-il déclaré. (ats/nxp)

Créé: 11.10.2017, 21h44

Galerie photo

En images, les décisions de Trump à la Maison Blanche 2

En images, les décisions de Trump à la Maison Blanche 2 Dès son intronisation, le nouveau président a signé des décrets souvent controversés qui tranchent avec l'administration Obama. Sa présence à la Maison Blanche continue de faire des remous auprès des citoyens.

Articles en relation

Une pub de Boeing s'attire les foudres des Canadiens

Aéronautique Alors que le constructeur multiplie les attaques à l'encontre du canadien Bombardier, sa campagne de promotion dans le pays passe mal. Plus...

Washington taxe les CSeries à 300%

Guerre commerciale Le département américain du commerce a relevé à 300% les taxes sur l'appareil de Bombardier. De quoi contenter Boeing ? Plus...

Trump déclare la guerre commerciale au Canada

Etats-Unis Le président américain a imposé au Canada des taxes sur le bois de construction et menace de mesures de représailles dans le secteur laitier. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.