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SyrieTrump s'oppose au retour d'une djihadiste de l'EI

Le président américain s'oppose au retour aux Etats-Unis de Hoda Muthana, une femme ayant rejoint l'EI en Syrie.

Amnesty International a accusé lundi le régime syrien et son allié russe de «crimes de guerre», après avoir documenté 18 attaques menées au cours de l'année passée contre des écoles et des centres médicaux du nord-ouest de la Syrie. (10 mai 2020)
Amnesty International a accusé lundi le régime syrien et son allié russe de «crimes de guerre», après avoir documenté 18 attaques menées au cours de l'année passée contre des écoles et des centres médicaux du nord-ouest de la Syrie. (10 mai 2020)
AFP
Les batteries antiaériennes syriennes ont intercepté lundi des frappes israéliennes dans le nord du pays, a affirmé l'agence de presse officielle Sana. (4 mai 2020 - Image d'archive)
Les batteries antiaériennes syriennes ont intercepté lundi des frappes israéliennes dans le nord du pays, a affirmé l'agence de presse officielle Sana. (4 mai 2020 - Image d'archive)
AFP
La défense anti-aérienne syrienne est entrée en action contre «l'agression américaine, britannique et française», a rapporté la télévision d'Etat syrienne. Le régime syrien a jugé que cette opération militaire constituait une violation «flagrante» du droit international et était «vouée à l'échec».
La défense anti-aérienne syrienne est entrée en action contre «l'agression américaine, britannique et française», a rapporté la télévision d'Etat syrienne. Le régime syrien a jugé que cette opération militaire constituait une violation «flagrante» du droit international et était «vouée à l'échec».
Keystone
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Le président américain Donald Trump s'est opposé mercredi au retour aux Etats-Unis d'une femme qui avait rejoint le groupe Etat Islamique (EI) en Syrie, Washington affirmant qu'elle n'était pas américaine, ce que son avocat a immédiatement démenti.

«J'ai ordonné au secrétaire d'Etat Mike Pompeo, et il est complètement d'accord, de ne pas autoriser le retour de Hoda Muthana dans le pays!», a-t-il tweeté peu après un communiqué du chef de la diplomatie assurant que cette dernière n'était pas une citoyenne américaine. «Elle n'a pas de fondement juridique, ni de passeport américain valide, ni de droit à un passeport, ni aucun visa pour se rendre aux Etats-Unis», a précisé M. Pompeo.

Mais l'avocat de la jeune femme s'est élevé contre cet argument. «Hoda Muthana est née dans le New Jersey en 1994, plusieurs mois après que son père eut cessé d'être diplomate. Elle est citoyenne américaine», a indiqué à l'AFP Me Hassan Shilby, en référence à une règle qui veut que les enfants de diplomates nés aux Etats-Unis pendant qu'ils y sont en poste n'acquièrent pas automatiquement la nationalité américaine.

Pression sur les Européens

«Elle avait un passeport valide» quand elle est partie en Syrie en 2014 rejoindre les rangs du groupe Etat islamique, a-t-il ajouté. «Il est possible qu'elle ait enfreint la loi, et si c'est le cas, elle est prête à en payer le prix», a poursuivi l'avocat. «On ne peut pas arriver au point où nous privons tout simplement de nationalité ceux qui ont violé la loi. Ce n'est pas ça, l'Amérique.» Selon un responsable américain, elle n'aurait pas dû détenir ce passeport. «Mme Muthana (...) n'a jamais été une citoyenne américaine», a-t-il précisé.

Le cas de Hoda Muthana intervient au moment où le président américain Donald Trump exhorte les Européens à reprendre leurs centaines de ressortissants détenus par l'alliance arabo-kurde des Forces démocratiques syriennes (FDS) après avoir rejoint les rangs de l'EI, afin de les traduire en justice.

Donald Trump, qui s'est engagé en décembre à retirer les quelques 2000 militaires américains déployés en Syrie, a répété dimanche qu'il ne souhaitait pas voir «ces combattants de l'EI se répand(re) en Europe» à l'avenir. Mais les pays européens concernés ont réagi avec tiédeur, craignant notamment une radicalisation au sein des prisons où ils seront détenus à leur retour.

«Grave erreur»

Détenue dans un camp de réfugiés du nord-est syrien après s'être rendue aux forces kurdes, Hoda Muthana a, selon l'organisation Counter Extremism Project, activement participé à la propagande djihadiste, sous le pseudonyme de «Oum Jihad».

Elle a notamment appelé à «faire couler le sang américain» et félicité les auteurs de l'attentat de 2015 contre Charlie Hebdo, qui a fait 12 morts. «Je tire mon chapeau aux moudj de Paris», a-t-elle ainsi tweeté sur son compte aujourd'hui suspendu, utilisant une abbréviation pour évoquer les «moudjahidines» (combattants du Jihad).

Elle souhaite rentrer aux Etats-Unis et a accordé des entretiens à plusieurs journaux occidentaux dans lesquels elle affirme regretter profondément ses actes. «J'ai réalisé que j'avais fait une grave erreur. Je sais que j'ai gâché mon avenir et celui de mon fils et je le regrette très profondément», a déclaré la jeune femme au quotidien britannique «The Guardian». Elle dit avoir été mariée à trois combattants de l'EI, tous tués, et avoir un fils de 18 mois.

D'autres Américaines ?

Au «New York Times», elle a raconté avoir commencé à avoir des doutes sur son engagement au cours de sa deuxième année passée dans le califat que l'EI avait autoproclamé à cheval sur le nord-est de la Syrie et le nord-ouest de l'Irak. «Je me suis dit, qu'est-ce que je suis en train de faire?»

Selon le «New York Times», une femme de 46 ans détenant la double nationalité américaine et canadienne est détenue dans le même camp que Hoda Muthana. Kimberly Gwen Polman a quitté le Canada en 2015 pour rejoindre un combattant de l'EI rencontré en ligne. Les deux femmes ont indiqué au journal avoir connaissance de quatre soeurs originaires de Seattle détenues dans un autre camp avec leurs quatre enfants.

Londres a décidé de déchoir de sa nationalité une jeune femme de 19 ans, Shamina Begum, qui avait rejoint le groupe djihadiste, Etat islamique en Syrie et souhaite désormais rentrer au Royaume-Uni. Elle y a donné naissance à son troisième enfant durant le week-end et réclamé de la «compassion» afin de rentrer au Royaume-Uni avec son bébé, tout en disant ne pas regretter d'avoir rejoint la Syrie.

AFP

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