Un G20 conflictuel qui se termine bien

ArgentineLe G20, décevant sur plusieurs fronts, s'est terminé sur une bonne note avec la rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping.

Les deux dirigeants ont dîné ensemble à la fin du G20 de Buenos Aires.

Les deux dirigeants ont dîné ensemble à la fin du G20 de Buenos Aires. Image: AFP

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Donald Trump et Xi Jinping ont déclaré samedi une trêve dans leur conflit commercial, qui menace l'économie mondiale, en conclusion d'un sommet du G20 désaccordé à Buenos Aires.

Les deux présidents ont «trouvé un accord pour mettre fin à la mise en oeuvre de nouveaux droits de douane», a dit le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi, après un dîner de travail de plus de deux heures des dirigeants et de leurs conseillers.

Le vice-ministre du commerce Wang Shouwen a précisé que Washington renonçait à porter comme prévu de 10% à 25% les droits de douanes sur 200 milliards de dollars d'importations chinoises - la moitié du total - à partir du 1er janvier. Mais la Maison Blanche a fait savoir que cette décision n'était que suspendue, plus précisément pour une durée de 90 jours.

Donald Trump a salué une «réunion incroyable et productive ouvrant des possibilités illimitées pour la Chine et les Etats-Unis.» Wang Yi a lui parlé d'un résultat «gagnant-gagnant» de cette réunion. La surenchère de droits de douane entre la Chine et les États-Unis depuis le printemps pèse déjà sur la croissance mondiale. Le FMI estime qu'à court terme le PIB mondial pourrait être réduit de 0,75% si les tensions commerciales devaient encore s'accroître.

Communiqué et susceptibilités

Ce tête-à-tête entre Donald Trump et Xi Jinping a constitué le point d'orgue d'un sommet du G20 au cours duquel les principales économies mondiales ont pu seulement sauver les apparences en accouchant d'un communiqué commun.

Ils y «notent les problèmes commerciaux actuels» sans condamner le protectionnisme, une formule bien pudique au regard de l'offensive «America First» de Donald Trump. Dix-neuf pays «s'engagent à la pleine mise en oeuvre» de l'accord de Paris sur le climat, les Etats-Unis rappelant en toutes lettres leur rejet de ce dernier.

«C'est le communiqué final le plus faible jamais vu à un G20», a déclaré à l'AFP Thomas Bernes, expert du Centre for International Governance Innovation et ancien négociateur canadien de ce sommet, né il y a dix ans en pleine crise financière. «C'était le plus petit dénominateur commun. Cela pose la question de la crédibilité du G20 sur le commerce, mais aussi sur le climat», a-t-il ajouté.

Ukraine, Khashoggi, pétrole

Loin du ton compassé du communiqué, au cours des conférences de presse finales les dirigeants ont passé en revue leurs multiples désaccords. «La guerre va continuer» dans l'est rebelle de l'Ukraine tant que les autorités ukrainiennes actuelles «resteront au pouvoir», a ainsi martelé samedi Vladimir Poutine.

Les Européens, Emmanuel Macron et Angela Merkel en tête, lui avaient pourtant demandé d'apaiser les tensions nées de la capture dimanche de navires ukrainiens par des militaires russes. Le président russe a par ailleurs dit avoir accordé ses violons avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane («MBS») pour prolonger un accord de baisse de la production de pétrole. Les deux hommes ont affiché une franche camaraderie pendant le sommet.

En revanche, le président turc Recep Tayyip Erdogan, évoquant le meurtre à Istanbul de Jamal Khashoggi, journaliste critique du régime de Ryad, a dit ne pas faire confiance à la justice saoudienne. Selon le dirigeant turc, seul le Premier ministre canadien Justin Trudeau a abordé le sujet pendant la réunion des dirigeants, et «MBS» a donné une «explication difficilement croyable» sur le rôle des autorités saoudiennes.

Le sommet a aussi été marqué par un rendez-vous manqué, celui de Donald Trump et de Vladimir Poutine, annulé à la dernière minute ou presque par l'Américain, qui a invoqué la crise en Ukraine. «C'est dommage qu'on n'arrive pas à avoir une vraie rencontre. Je pense qu'elle est vraiment nécessaire», a réagi le président russe. Donald Trump est sous pression aux États-Unis en raison d'une «enquête russe» toujours plus menaçante. (afp/nxp)

Créé: 02.12.2018, 02h00

Articles en relation

Le G20 assure le service minimum

Argentine Les Etats membres du G20 ont publié samedi un communiqué assurant le service minimum sur le climat et le commerce. Plus...

Les Argentins manifestent contre le G20

Economie Des dizaines de milliers de personnes ont défilé à Buenos Aires pour protester contre la tenue du G20 dans un pays en crise. Plus...

Trêve commerciale entre la Chine et les Etats-Unis

Economie Donald Trump et Xi Jinping sont tombés d'accord pour suspendre l'application de nouveaux droits de douane. Plus...

Paid Post

CallDoc, assuré malin et flexible
Bénéficiez de consultations médicales 24h/24, 7j/7 et faites des économies! Profitez du rabais de prime sur l’assurance-maladie de base. Demandez une offre maintenant.

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.