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L'UE cherche une réponse face au désastre financier

Les dirigeants européens vont tenter ce jeudi de s'accorder sur une solution commune pour soutenir l'économie pendant la pandémie de coronavirus.

Emmanuel Macron et Giuseppe Conte ont lancé un appel à une plus grande solidarité financière dans l'Union européenne face à la crise du Covid-19.
Emmanuel Macron et Giuseppe Conte ont lancé un appel à une plus grande solidarité financière dans l'Union européenne face à la crise du Covid-19.
Keystone

Les États européens vont tenter jeudi lors d'une visioconférence de trouver une réponse commune pour tirer l'économie du marasme provoqué par l'épidémie de Covid-19, mais leurs efforts sont entravés par leurs divisions.

Des centaines de millions de citoyens européens sont aujourd'hui enfermés chez eux, dans l'objectif de ralentir la pandémie, qui a déjà fait plus de 10'000 morts dans l'UE, principalement en Italie, en Espagne et en France. Ce confinement a eu des conséquences désastreuses sur l'économie: entreprises à l'arrêt, bourses dans le rouge et prévisions de croissance dramatiques.

Les dirigeants européens ont, dès le début de la crise, privilégié des réponses nationales, notamment en dévoilant d'importants plans de dépenses, sans chercher à se coordonner au niveau européen.

Depuis deux semaines, Bruxelles tente, non sans mal, d'harmoniser une approche européenne, en particulier via des réunions hebdomadaires par visioconférence pour réconcilier des dirigeants européens divisés.

Projet de déclaration

Selon le projet de déclaration qu'ils doivent approuver ce soir, les chefs d'Etat et de gouvernement devraient valider la suspension des règles européennes de discipline budgétaire, ce qui leur permettra de dépenser autant que nécessaire pour lutter contre le virus et ses conséquences.

Ils devraient aussi charger la Commission de travailler sur une «stratégie de sortie» de crise et un plan de relance pour l'économie une fois l'épidémie passée.

Solidarité financière

Neuf dirigeants européens, dont le Français Emmanuel Macron et l'Italien Giuseppe Conte, ont lancé dès mercredi un appel à une plus grande solidarité financière dans l'UE. Dans une lettre adressée au président du Conseil européen, Charles Michel, ils exhortent à «travailler à un instrument» pour lancer un emprunt commun à toute la zone euro, y voyant le fondement d'une économie européenne plus unie et respectée.

Cette proposition a cependant déjà été balayée en coulisses par l'Allemagne, les Pays-Bas et d'autres pays du Nord de l'Europe, qui la jugent «idéologique» et inappropriée alors que la crise sanitaire bat encore son plein.

Mutualiser les dettes faciliterait l'emprunt des Etats du Sud, moins vertueux en matière de finances publiques, mais les pays du Nord refusent depuis toujours cette idée, qui les conduirait à payer pour des pays qu'ils jugent laxistes.

«Corona bonds»

La semaine passée, lors du dernier sommet européen en visioconférence, M. Conte, soutenu par Emmanuel Macron, avait déjà suggéré la création de «corona bonds», des obligations qui mutualiseraient les dettes des 19 pays de la zone euro.

Plutôt que ces «corona bonds», les 27 devraient, selon le projet de conclusions, inviter leurs ministres à continuer de travailler sur la manière de soutenir l'économie, mais sans aucune autre précision.

Parmi les pistes possibles, le recours au fonds de secours de la zone euro, le Mécanisme européen de stabilité (MES), qui pourrait octroyer une ligne de crédit de précaution à un pays, un groupe de pays, voire à l'ensemble des pays de la zone euro qui en feraient la demande.

Cet argent ne serait en principe pas utilisé mais donnerait un signal rassurant aux marchés: en cas de problème, le pays concerné pourrait théoriquement y avoir recours. Le sommet de jeudi fera également le point sur les mesures prises dans l'ensemble de l'Union pour promouvoir la recherche d'un vaccin.

Stock de matériel médical

Les 27 doivent aussi approuver des mesures comme la constitution d'un stock d'urgence de matériel médical, ainsi que l'assouplissement des fermetures de frontières entre États membres.

L'Europe est devenue le coeur de la pandémie, le nombre de décès en Italie et en Espagne ayant dépassé celui de la Chine, où la maladie est apparue pour la première fois.

(AFP)

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