L'UE se déchire toujours sur les quotas de réfugiés

BulgarieLes ministres de l'Intérieur des 28 se sont retrouvés jeudi à Sofia pour lancer la dernière ligne droite de la réforme du système européen d'asile.

Réunion des ministres de la Justice et de l'Intérieur à Sofia, en Bulgarie, le 25 janvier 2018.

Réunion des ministres de la Justice et de l'Intérieur à Sofia, en Bulgarie, le 25 janvier 2018. Image: AFP

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Prioritaire mais toujours bloqué. Tels sont les deux qualificatifs qui collent à la peau de la réforme du système européen d'asile. Les 28 sont en effet divisés sur les quotas d'accueil de réfugiés, qui constitue néanmoins le défi majeur auquel l'UE doit faire face ces dernières années.

Leur rencontre, à laquelle participe la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga, est la première organisée par la présidence bulgare du Conseil de l'Union. C'est donc à Sofia qu'a été confiée la lourde tâche de finaliser d'ici le début de l'été un accord dans ce dossier enlisé depuis plus d'un an et demi.

La réunion de jeudi était la première organisée par la présidence bulgare du Conseil de l'Union, qui a été chargée de finaliser un accord d'ici le début de l'été, dans ce dossier enlisé depuis plus d'un an et demi.

«D'ici juin, nous devons avoir un accord politique», a rappelé le ministre allemand de l'Intérieur, Thomas de Maizière. Mais «ce sera difficile», a-t-il admis, en raison du rejet par des pays comme ceux du groupe de Visegrad (Hongrie, Slovaquie, Pologne, République tchèque) de quotas d'accueil de demandeurs d'asile.

«J'ai entendu des voix très modérées aujourd'hui de la part de mes collègues d'Europe de l'Est», mais sur le fond, il n'y a «pas d'évolution substantielle», a regretté le ministre allemand après une heure et demie de débats avec ses homologues.

Quotas de relocalisation

La question des quotas est liée à la refonte du «règlement Dublin», qui désigne quel pays a la responsabilité de traiter une demande d'asile faite en Europe. Ce dispositif décrié la confie presque toujours à ceux de première entrée dans l'UE, faisant peser une charge démesurée sur des pays comme la Grèce et l'Italie.

D'où l'idée, proposée par Bruxelles, de partager l'accueil par des quotas de «relocalisation», qui ne seraient toutefois déclenchés qu'en cas de crises comparables à celle de 2015, quand 1,26 million de personnes ont demandé l'asile dans l'UE.

«On ne peut pas dire que les pays à la frontière extérieure doivent assumer tout le fardeau et détourner le regard», a pressé le ministre luxembourgeois Jean Asselborn, appelant ses collègues à accepter une «redistribution» des demandeurs d'asile en temps de crise, également voulue par Berlin, Rome ou Athènes.

«Les quotas ne sont pas une bonne chose», a cependant répété jeudi le ministre de l'Intérieur slovaque, Robert Kalinak, appelant à «inventer quelque chose d'autre». Le nouveau ministre autrichien de l'Intérieur Herbert Kickl, issu du parti d'extrême droite FPÖ, s'est rangé dans son camp. «Je ne suis pas un ami des mesures de relocalisation, si elles sont prises sans l'accord explicite des Etats membres», a-t-il déclaré.

Les adversaires des quotas estiment que la solidarité européenne doit se traduire d'une autre manière, notamment financière, et toujours volontaire. Mais la solidarité «ne peut pas être interprétée différemment» par les différents pays de l'UE, a toutefois estimé le commissaire européen en charge des migrations, Dimitris Avramopoulos, appelant à «sortir de cette impasse».

Simonetta Sommaruga a fait savoir dans un communiqué que pour être efficaces, les mesures à prendre en matière de protection des frontières «ne sauraient commencer, ni s'arrêter» à l'espace Schengen, mais inclure aussi dans cette démarche les pays d'Afrique du Nord ainsi que la Turquie. Elle a également insisté sur l'importance d'une politique opérante en matière de retours, «gage de crédibilité du système européen de gestion des frontières». (ats/nxp)

Créé: 25.01.2018, 12h31

Articles en relation

Migrants: la dérogation de répartition est finie

Union européenne Les demandeurs d'asile arrivant sur les côtes italiennes et grecques à partir de mercredi ne seront plus concernés par les quotas de répartition dans l'UE. Plus...

Orban dénonce le plan de l'UE sur les réfugiés

Hongrie Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a dénoncé jeudi les quotas d'accueil obligatoires adoptés par l'Union européenne. Plus...

L'Autriche exclut de participer aux quotas

Union européenne Avant le sommet entre l'UE et la Turquie, ce lundi, le pays annonce refuser la prise en charge de réfugiés supplémentaires. Plus...

Référendum en Hongrie sur les quotas de migrants

Union européenne Pour le Premier ministre Viktor Orban, l'imposition de ces quotas ne peut que bouleverser les équilibres de l'Europe. Plus...

Paid Post

CallDoc, assuré malin et flexible
Bénéficiez de consultations médicales 24h/24, 7j/7 et faites des économies! Profitez du rabais de prime sur l’assurance-maladie de base. Demandez une offre maintenant.

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.