L’UE projette de taxer les pays refusant les réfugiés

Crise migratoireBruxelles fait pression. Les Etats qui ne veulent pas héberger de réfugiés selon un quota théorique seront mis à l’amende.

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Que faire devant les réticences des Etats membres qui refusent d’accueillir des réfugiés? Après l’échec de la répartition de 160 000 Syriens entre les différents pays de l’UE, selon un système de quotas, la Commission européenne vient d’inventer un nouveau mécanisme présenté mercredi: qui refuse d’héberger sa part de réfugiés, sur la base d’un quota théorique, devrait payer une «taxe de solidarité» de 250 000 euros par réfugié non admis. Ces montants alimenteraient un fonds permettant de financer l’aide que devra apporter un autre Etat à cette personne. Autant dire un moyen de faire pression sur les pays qui refusent de se montrer solidaires. Mais ce faisant, on avalise aussi l’idée qu’un Etat puisse être un «abstinent payeur» en matière d’asile… Depuis des mois, les règles du Traité de Dublin, qui stipulent que les demandes d’asile sont traitées par le premier pays d’entrée, montrent leurs limites, la Grèce et l’Italie réclamant à hauts cris plus de solidarité européenne, tandis que les migrants cherchent tous à poursuivre leur route vers le nord de l’Europe.

Devant ces déséquilibres, en septembre 2015, le principe de quotas pour 160 000 réfugiés à relocaliser depuis la Grèce et l’Italie avait été obtenu à l’arraché, mais jamais vraiment appliqué. A ce jour, le deal ressemble à une farce: moins de 1500 réfugiés syriens ont été relocalisés. A vrai dire, ce n’est pas seulement cet échec qui incite la Commission européenne à proposer une révision du Traité de Dublin. Car il n’est pas gagné que l’accord UE-Turquie, qui stipule que pour chaque migrant renvoyé en Turquie, l’Union européenne accueillera un réfugié syrien, fonctionne mieux. Ces derniers jours, l’attention s’est beaucoup focalisée sur le marchandage d’Ankara autour de cet accord, et les droits de l’homme en Turquie. Mais on peut aussi se demander si les Etats européens sont prêts à remplir leur part du contrat.

Le déséquilibre des «trocs» de réfugiés (principe vertement dénoncé par les organisations humanitaires qui viennent de déposer une plainte devant le Conseil de l’Europe) se lit déjà dans les premières statistiques publiées par la Commission européenne. A ce jour, pour trois personnes renvoyées en Turquie, seul un Syrien a été accueilli dans un pays européen.

Créé: 05.05.2016, 21h20

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