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L'Ukraine dénonce la détention «illégale» de ses marins

Les tensions entre Kiev et Moscou se poursuivent suite à la détention de marins ukrainiens par les Russes. Au risque de l'annulation du rendez-vous Poutine-Trump.

Depuis l'élection de Volodymyr Zelensky (à gauche) à la tête de l'Ukraine, les tensions avec la Russie de Vladimir Poutine (à droite) s'apaisent quelque peu. (Photo d'archives)
Depuis l'élection de Volodymyr Zelensky (à gauche) à la tête de l'Ukraine, les tensions avec la Russie de Vladimir Poutine (à droite) s'apaisent quelque peu. (Photo d'archives)
AFP
La Cour internationale de justice (CIJ) s'est déclarée compétente pour juger une affaire entre Moscou et Kiev. L'Ukraine accuse la Russie de financer le terrorisme en soutenant les rebelles séparatistes. (Vendredi 8 novembre 2019)
La Cour internationale de justice (CIJ) s'est déclarée compétente pour juger une affaire entre Moscou et Kiev. L'Ukraine accuse la Russie de financer le terrorisme en soutenant les rebelles séparatistes. (Vendredi 8 novembre 2019)
Keystone
Le Fonds monétaire international et l'Ukraine sont parvenus à un accord préliminaire. L'arrangement pourrait permettre à ce pays en proie à un conflit dans sa partie orientale et à d'énormes difficultés économiques de recevoir une nouvelle aide au premier semestre. (Dimanche 5 mars 2017)
Le Fonds monétaire international et l'Ukraine sont parvenus à un accord préliminaire. L'arrangement pourrait permettre à ce pays en proie à un conflit dans sa partie orientale et à d'énormes difficultés économiques de recevoir une nouvelle aide au premier semestre. (Dimanche 5 mars 2017)
Keystone
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L'Ukraine a qualifié mercredi de «barbarie» la détention «illégale» de ses 24 marins faits prisonniers dimanche par la Russie au large de la Crimée, un incident qui a provoqué une montée des tensions entre Kiev et Moscou.

«Nous condamnons cette manifestation de barbarie et multiplions les efforts pour faire revenir nos gars à la maison», a assuré sur Twitter le Premier ministre ukrainien, Volodymyr Groïsman, dénonçant «un outrage propre seulement aux régimes totalitaires».

Une note de protestation contre «la poursuite par la Russie de ses actions illégales», une référence à la détention des marins ukrainiens, a été envoyée au ministère russe des Affaires étrangères, a annoncé la diplomatie ukrainienne dans un communiqué. Kiev considère que ces hommes sont des «prisonniers de guerre» et réclame leur libération «immédiate», a ajouté le communiqué.

Soutien aux militaires

Mercredi, un tribunal de Simféropol, la capitale de la Crimée annexée en 2014 par la Russie, a placé en détention provisoire jusqu'au 25 janvier les neuf derniers marins qui étaient en attente de jugement. Une décision identique avait été prise la veille à l'encontre de quinze autres, dont trois se trouvant à l'hôpital à Kertch.

L'avocat d'un des marins a affirmé à l'AFP que son client était natif de Crimée et que ses parents, qui vivent à Simféropol, étaient présents dans la salle d'audience. Deux des marins capturés, dont l'un des blessés, sont membres des services de renseignement ukrainien (SBU), a par ailleurs annoncé le tribunal.

Une quinzaine de personnes se sont rassemblées sur place en soutien aux militaires ukrainiens. La plupart d'entre elles seraient des Tatars de Crimée, une minorité s'étant en majorité prononcée contre l'annexion de cette péninsule.

Rappel des faits

Dimanche, les gardes-côtes russes ont arraisonné au large de la Crimée trois bateaux de guerre ukrainiens qui tentaient de pénétrer dans la mer d'Azov via le détroit de Kertch la reliant à la mer Noire.

Il s'agit de la première confrontation militaire ouverte entre Moscou et Kiev depuis l'annexion de la péninsule ukrainienne et le début la même année d'un conflit armé dans l'est de l'Ukraine entre forces ukrainiennes et séparatistes prorusses qui a fait plus de 10.000 morts.

La réponse de Poutine

Vladimir Poutine a répété mercredi que les forces russes avaient fait «leur devoir» en arraisonnant par la force trois navires ukrainiens au large de la Crimée, la colère ne redescendant pas en Ukraine qui dénonce la détention «illégale» de ses 24 marins capturés.

Cet incident survenu dimanche en mer Noire pourrait mettre en péril la rencontre prévue entre les présidents russe et américain en marge du sommet du G20 qui s'ouvrira vendredi en Argentine, Donald Trump ayant menacé de l'annuler.

Votée lundi par le Parlement, la loi martiale est par ailleurs entrée en vigueur mercredi en Ukraine. Si les conditions de son application sont encore floues, elle a été introduite pour 30 jours dans dix régions frontalières et côtières de ce pays.

Alors que Kiev ne décolère pas après ce qu'elle considère être une agression de son gigantesque voisin, Vladimir Poutine a insisté sur le fait que, selon lui, les gardes-côtes russes avaient simplement «rempli leur devoir avec précision».

«Que s'est-il passé ? Ils (les Ukrainiens) n'ont pas répondu aux demandes de nos gardes-frontières. Et sont entrés dans nos eaux territoriales», a assuré le président russe, qualifiant l'accrochage de «provocation» organisée par Petro Porochenko, mal en point dans les sondages à quelques mois de l'élection présidentielle en Ukraine.

Rencontre Trump-Poutine annulée ?

Une affaire qui pourrait avoir des répercussions sur le sommet du G20. «Peut-être que je ne ferai pas cette entrevue» prévue avec M. Poutine dans ce cadre, a averti Donald Trump, soulignant «ne pas aimer cette agression», dans un entretien avec le Washington Post.

Côté russe, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a pourtant assuré que la préparation de la rencontre «se poursuivait». «Les deux parties ont un besoin identique de cette rencontre», a renchéri le conseiller du Kremlin Iouri Ouchakov, évoquant une rencontre en «deux parties : un tête-à-tête et un entretien avec les membres clés des délégations des deux pays».

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a toutefois parallèlement accusé les Etats-Unis et «certaines capitales européennes» de tolérer les «caprices» de Kiev. Ces nouvelles tensions ukraino-russes ont également été au coeur de conversations téléphoniques séparées mercredi entre le président turc Recep Tayyip Erdogan et ses homologues russe et ukrainien.

(AFP)

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