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DiplomatieL'Union africaine veut peser plus en Libye

Ambitieuse, l'UA souhaite être plus efficace dans la médiation des conflits, qui se multiplient sur le continent africain.

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a annoncé lors des discussions la tenue d'un sommet spécial en mai en Afrique du Sud, consacré exclusivement à cette thématique.
Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a annoncé lors des discussions la tenue d'un sommet spécial en mai en Afrique du Sud, consacré exclusivement à cette thématique.
AFP

L'Union africaine, dont le sommet annuel s'est achevé dans la nuit de lundi à mardi, s'est engagée à être plus active et plus efficace dans la médiation des conflits qui déchirent le continent. En particulier sur le dossier libyen, dont elle a jusqu'à présent largement été exclue.

Entre problèmes de financement et dissensions internes, les observateurs soulignent toutefois que l'UA a de nombreux défis à relever afin d'entreprendre des actions à la hauteur de ses ambitions. Après plusieurs sommets consacrés au développement économique et aux réformes de l'UA, les débats se sont concentrés, lors de ce sommet annuel dimanche et lundi, sur la multiplication des conflits en Afrique.

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa, qui a pris pour un an la tête de l'UA dimanche, a d'ailleurs annoncé lors des discussions la tenue d'un sommet spécial en mai en Afrique du Sud, consacré exclusivement à cette thématique. En raison de retards sur le programme, le sommet s'est achevé vers 04h00 (02h00 en Suisse) mardi matin et les traditionnelles session de clôture et conférence de presse de fin de sommet ont été annulées. Les décisions adoptées devraient être communiquées mardi dans la journée.

«Un problème africain»

Reconnaissant l'échec de l'engagement pris en 2013 de mettre fin à toutes les guerres en Afrique, du Sahel à la Somalie en passant par l'est de la République démocratique du Congo, les dirigeants africains ont principalement parlé de deux conflits lors de ces deux jours: la Libye et le Soudan du Sud.

En Libye, l'ONU, principal médiateur, «a besoin de nous maintenant», a assuré lundi Smaïl Chergui, commissaire de l'UA à la paix et la sécurité. «C'est un problème africain, et nous avons une sensibilité que peut-être d'autres n'ont pas», a-t-il ajouté, rappelant le «lien» entre l'instabilité en Libye et la montée en puissance des groupes djihadistes au Mali, au Niger et au Burkina ces dernières années, autre problématique épineuse pour l'Afrique.

La Libye, qui dispose des réserves de pétrole les plus abondantes d'Afrique, est plongée dans le chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011. Une trêve très précaire est entrée en vigueur le 12 janvier et des efforts sont en cours pour la convertir en cessez-le-feu durable.

Capacité d'action

Samedi, les belligérants, réunis à Genève, se sont séparés sans parvenir à un accord. Longtemps mise à l'écart dans ce dossier où l'Union européenne est au contraire très impliquée, l'UA a pris plusieurs initiatives ces dernières semaines, notamment celle d'un forum de réconciliation que l'Algérie s'est proposée d'accueillir.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, qui a dit comprendre la «frustration» de cette mise à l'écart de l'UA, a assuré soutenir cette initiative. Lundi, Smaïl Chergui a indiqué qu'une fois un cessez-le-feu durable établi, l'UA se joindrait à l'ONU dans une mission d'observation de ce cessez-le-feu, et a dit s'attendre à ce que l'UA déménage sa mission pour la Libye à Tripoli.

«La capacité d'action de l'UA ne peut en aucun cas être comparée à l'implication de l'ONU, ne serait-ce qu'en terme de connaissance et de présence sur le terrain», a toutefois nuancé Claudia Gazzini, experte de l'International Crisis Group (ICG).

Mohamed Diatta chercheur pour l'Institut d'études de sécurité (ISS), estime, lui, que «l'UA occupera la place que les protagonistes du conflit veulent bien lui donner». «Si ces protagonistes estiment que l'UA peut apporter la solution, ils se tourneront vers elle, et ce ne sera pas à l'ONU de décider cela». Mohamed Diatta soutient que pour jouer un rôle prépondérant, l'UA doit dépasser ses dissensions internes sur le conflit libyen.

ats

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