L’Union européenne veut ses propres gardes-frontière

Migrations Mieux contrôler les frontières extérieures de l’Union pour sauver Schengen: tel est l’objectif du projet présenté hier.

Les obstacles sont nombreux sur le chemin de l’approbation de ce projet de renforcement des contrôles aux frontières qui touche à la souveraineté des Etats.

Les obstacles sont nombreux sur le chemin de l’approbation de ce projet de renforcement des contrôles aux frontières qui touche à la souveraineté des Etats. Image: AFP

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Un corps permanent de 1000 gardes-frontière et gardes-côtes européens pouvant être déployés en tout temps, y compris dans un Etat récalcitrant. Tel est le projet présenté hier par la Commission européenne pour reprendre le contrôle des frontières extérieures de l’Union, contrôle devenu totalement aléatoire ces derniers mois avec l’afflux de centaines de milliers de réfugiés fuyant la guerre ou la misère.

Bâti sur les bases de Frontex - l’agence européenne de surveillance de frontières extérieures - le nouveau corps devrait être opérationnel à l’horizon 2020, selon le projet dévoilé devant le Parlement européen à Strasbourg.

Obstacles

Toutefois, le conditionnel s’impose ici, tant les obstacles sont nombreux sur le chemin de l’approbation d’un tel projet qui touche à la souveraineté des Etats. C’est ainsi qu’il devra recevoir l’aval des députés européens et du Conseil de l’Union - qui représente les Etats membres - au terme d’un processus qui, on l’aura compris, pourrait durer de très long mois.

Cela dit, face à la crise migratoire qui menace de bouleverser tout le système Schengen de libre circulation à l’intérieur des frontières de l’UE, la Commission européenne s’est résolue à faire preuve d’audace. «Il est essentiel de rétablir la crédibilité de notre système de gestion des frontières», a insisté devant les députés le vice-président de la Commission, Frans Timmermans.

Retour des frontières intérieures

C’est que, selon la Commission, il y a eu près de 1,5 million de franchissements illégaux de frontières depuis janvier, par des migrants qui ont continué leur voyage sans avoir été correctement enregistrés à leur entrée dans l’UE.

Cette situation a conduit plusieurs pays, comme l’Allemagne, l’Autriche et la Suède, à rétablir provisoirement des contrôles à leurs frontières intérieures, preuve de la perte de confiance dans le rôle de filtre des pays du pourtour de l’UE, comme la Grèce ou l’Italie.

Processus graduel

Par ailleurs, et pour tenter de calmer les réticences de certains pays jaloux de leur souveraineté, comme la Pologne, le «droit d’intervenir» des gardes-frontière européens ne serait appliqué qu’au terme d’un processus graduel. Mais, la Commission aurait, in fine, le pouvoir de «prendre les mesures opérationnelles appropriées» de sa propre initiative.

Pas de quoi rassurer les eurosceptiques, comme le ministre polonais des Affaires étrangères, Witold Waszczykowski. Dès lundi, ce dernier avait assuré que remplacer Frontex «par une structure indépendante des Etats membres est choquant».

Créé: 16.12.2015, 08h53

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