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Pour les rebelles, les USA sont derrière la guerre

Pour les rebelles yéménites, le veto de Trump au Congrès prouve que Washington est responsable de la guerre au Yémen.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a appelé à une «cessation immédiate» des hostilités au Yémen qui menacent le processus politique de règlement du conflit, dans une déclaration adoptée à l'unanimité. (Jeudi 30 janvier 2020)
Le Conseil de sécurité de l'ONU a appelé à une «cessation immédiate» des hostilités au Yémen qui menacent le processus politique de règlement du conflit, dans une déclaration adoptée à l'unanimité. (Jeudi 30 janvier 2020)
Keystone
Les Houthis se sont emparés samedi d'un axe routier stratégique à l'est de Sanaa, poursuivant leur offensive face aux troupes du gouvernement au nord et à l'est de la capitale yéménite. (27 janvier 2020)
Les Houthis se sont emparés samedi d'un axe routier stratégique à l'est de Sanaa, poursuivant leur offensive face aux troupes du gouvernement au nord et à l'est de la capitale yéménite. (27 janvier 2020)
AFP
En 2013, le pays est secoué par des violences sans précédent: attentats, tentatives d'assassinat, enlèvements. Le 4 août, le Royaume Uni, l'Allemagne et la France ferment leur ambassade à Sanaa, suivant l'exemple des Etats-Unis. Elles seront rouvertes avant la fin du mois.
En 2013, le pays est secoué par des violences sans précédent: attentats, tentatives d'assassinat, enlèvements. Le 4 août, le Royaume Uni, l'Allemagne et la France ferment leur ambassade à Sanaa, suivant l'exemple des Etats-Unis. Elles seront rouvertes avant la fin du mois.
AFP
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Les rebelles au Yémen ont accusé mercredi Washington de tirer les ficelles de la guerre dans ce pays, après le veto du président Donald Trump à une résolution du Congrès américain l'exhortant à cesser tout soutien à une coalition militaire combattant les insurgés.

M. Trump a rejeté mardi cette résolution parlementaire, qualifiée de «tentative inutile et dangereuse d'affaiblir» ses pouvoirs constitutionnels et qui selon le président républicain met de surcroît «en danger des vies de citoyens américains».

Outre les attaques de drones menées depuis des années par les Etats-Unis contre des djihadistes implantés au Yémen, notamment ceux d'Al-Qaïda, le Pentagone apporte un soutien logistique «non combattant» aux Saoudiens et aux Emiratis, piliers d'une coalition intervenue en 2015 dans ce pays en soutien au président Abd Rabbo Mansour Hadi face aux rebelles Houthis.

«L'Amérique n'est pas seulement impliquée dans la guerre au Yémen, mais c'est elle qui a pris la décision de cette guerre», a déclaré le porte-parole des rebelles Mohammed Abdel Salam à Sanaa, la capitale du Yémen contrôlée par les Houthis. «Les autres (pays impliqués dans la guerre) ne font que suivre l'Amérique et appliquent ses désirs», a-t-il ajouté, soulignant que le veto fait endosser à Washington «la responsabilité des massacres et du blocus qui frappent le Yémen».

Proche allié de Washington, l'Arabie saoudite, qui dirige la coalition militaire au Yémen, n'a pas immédiatement réagi au veto de Donald Trump. Mais les Emirats arabes unis l'ont salué.

«Stratégique»

«La décision importante du président Trump est à la fois opportune et stratégique», a souligné le ministre d'Etat émirati aux Affaires étrangères Anwar Gargash. Il a affirmé que la coalition continuait de «soutenir les efforts de paix de l'ONU au Yémen» et de tenir compte des «dimensions humanitaire et politique» de la crise dans ce pays.

L'assassinat en octobre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi dans le consulat de son pays à Istanbul par un commando venu de Ryad a suscité de nombreuses critiques à travers le monde et accéléré une mobilisation des parlementaires américains contre le soutien de M. Trump à Ryad.

Le refus du président américain de mettre en cause le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane --considéré comme «responsable» de l'assassinat de M. Khashoggi par le Sénat américain-- a indigné jusque dans son propre camp républicain. Le conflit au Yémen, pays pauvre de la péninsule arabique, a provoqué la pire catastrophe humanitaire au monde selon l'ONU, et poussé des millions de personnes au bord de la famine.

Il a fait quelque 10'000 morts, en majorité des civils, selon un bilan partiel de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Des ONG estiment toutefois que le nombre de morts est nettement plus élevé, certaines citant un bilan cinq fois supérieur. Les rebelles, qui contrôlent aussi une bonne partie du nord du pays, sont soutenus par l'Iran, grand rival chiite de l'Arabie saoudite sunnite au Moyen-Orient.

Paix introuvable

Quatre ans après l'intervention militaire en mars 2015 de la coalition militaire, ni le gouvernement ni les rebelles ne sont parvenus à l'emporter et les efforts pour mettre fin à la guerre n'ont pas abouti jusqu'ici.

L'ONU a annoncé lundi avoir obtenu un accord final des belligérants pour un retrait des combattants de la ville portuaire de Hodeida (ouest), sans toutefois en préciser la date. Le Conseil de sécurité a invité mercredi dans une nouvelle déclaration les belligérants à se retirer «aussi vite que possible» de Hodeida.

Ce retrait est l'un des éléments clés de la trêve à Hodeida, obtenue début décembre en Suède par l'ONU, mais qui n'a jamais été appliquée. «Les deux parties ont maintenant accepté un plan de redéploiement détaillé», a assuré l'émissaire de l'ONU au Yémen Martin Griffiths.

Un accord similaire annoncé en février n'a jamais été non plus appliqué sur le terrain. Le port de Hodeida, par lequel transite l'essentiel de l'aide humanitaire internationale envoyée à une population exsangue, est contrôlé par les rebelles. Dans un rapport lundi, l'International Crisis Group a appelé les Etats-Unis à continuer à réduire leur soutien à la coalition dirigée par l'Arabie saoudite, seul moyen selon ce centre de réflexion d'aller vers une fin de guerre.

(AFP)

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