Voie ouverte pour une candidature Valls

Présidentielle en FrancePassé la sidération provoquée par le renoncement de Hollande, les regards des socialistes français se tournent vers le premier ministre.

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Manuel Valls s'est engagé vendredi à poursuivre l'action du gouvernement et à défendre le bilan de François Hollande, qui a renoncé la veille à briguer un second mandat présidentiel. Le premier ministre français est considéré comme un probable candidat à l'investiture du PS pour l'élection présidentielle du printemps prochain.

«Nous devons défendre le bilan et je le ferai, comme je le fais inlassablement dans les fonctions qui ont été les miennes depuis 2012», a dit Manuel Valls.

«Prolonger le travail fait»

Le PS organise sa primaire les 22 et 29 janvier. L'ancien ministre de l'Economie Arnaud Montebourg, 54 ans, qui appartient à l'aile gauche du parti, a été le premier à déposer jeudi sa candidature. Les autres postulants ont jusqu'au 15 décembre pour se déclarer.

En attendant la décision de Manuel Valls, les socialistes s'organisent, certains pour le soutenir par avance, d'autres pour s'opposer à la ligne politique qu'il incarne, plus à droite que le centre de gravité du parti majoritaire.

A l'aile gauche du PS, on s'oppose depuis deux ans et demi à ce Premier ministre tenu pour l'un des premiers responsables des maux de la gauche et accusé d'avoir poussé François Hollande vers la sortie. «Il a un petit côté Iznogoud depuis un mois», a persiflé sur France Info le député «frondeur» Pascal Cherki, rejoint sur ce point par de nombreux soutiens «hollandais».

Sort de la gauche en jeu

Benoît Hamon et Arnaud Montebourg, ministres de François Hollande jusqu'en 2014 et aujourd'hui prétendants à la succession, considèrent que Manuel Valls n'a pas le profil lui permettant d'incarner l'avenir de la gauche.

Selon Benoît Hamon, qui s'exprimait sur RTL, le sort de la gauche est en jeu derrière cette querelle de personnes. «Ce que nous allons trancher, ce n'est pas rien: savoir si le Parti socialiste se trouve toujours au centre de gravité de la gauche ou s'il se déporte progressivement vers une préférence au centre», a dit l'ex-ministre de l'Education.

Pour l'heure, les sondages accordent une prime à l'ex-premier ministre face à ses possibles adversaires. Selon une étude Harris Interactive réalisée dans les heures suivant l'allocution de François Hollande, 33% des sympathisants de gauche souhaitent une victoire de Manuel Valls, contre 20% de partisans de M. Montebourg et 13% de Benoît Hamon.

L'écart est encore plus net parmi les seuls sympathisants socialistes, qui espèrent à 57% une victoire de l'ancien maire d'Evry (Essonne).

Choix pléthorique

Mais, entre les pro et les anti-Valls, un contingent d'élus entend réfléchir devant le choix pléthorique de candidats. Celui-ci inclut le candidat de «La France insoumise» Jean-Luc Mélenchon et l'ancien ministre Emmanuel Macron, qui a entamé une campagne «ni de droite, ni de gauche».

Rien n'est donc joué dans cette campagne. «François Hollande n'a pas dit que c'était Manuel Valls qui était son successeur», rappelle Stéphane Rozès, de la société d'analyses Cap. Pour lui, «les risques que la gauche soit éliminée dès le premier tour subsistent, sauf si lors de la primaire un candidat arrive à dégager une dynamique suffisante».

Jeudi soir, François Hollande a appelé son camp à se rassembler face à ces rivaux, soulignant que la dispersion de la gauche «priverait de tout espoir de l'emporter face au conservatisme et pire encore face à l'extrémisme» représenté par le Front national (FN).

Face à la balkanisation de la gauche, les sondages donnent tous François Fillon et Marine Le Pen qualifiés pour le second tour. Et la gauche éliminée, comme en 2002. (afp/nxp)

Créé: 02.12.2016, 14h22

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