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Le «Vénérable» s’est tu

Grand maître de la loge P2, incarnation des pratiques les plus troubles de l’Italie contemporaine, Licio Gelli est mort mardi dans sa villa d’Arezzo. Il avait 96 ans.

Mu par un anticommunisme viscéral né lors de la guerre d’Espagne, Licio Gelli a commencé sa carrière sous le fascisme,dont il fut un partisan inconditionnel.
Mu par un anticommunisme viscéral né lors de la guerre d’Espagne, Licio Gelli a commencé sa carrière sous le fascisme,dont il fut un partisan inconditionnel.
ANSA/DR

Entouré de mystère et de crainte dans son Italie natale, l’homme qui est mort mardi dans sa villa de Toscane à l’âge de 96 ans, avait fait irruption à la une des médias suisses à l’été 1983. Le 10 août de cette année, à la stupeur générale, Licio Gelli s’évadait de manière rocambolesque de la prison genevoise de Champ-Dollon où il était détenu à titre extraditionnel depuis son arrestation dans une banque de la place, neuf mois auparavant. Sans trop abusé de ses talents confirmés de manipulateur, mais contre la promesse de 22 000 francs, le «marionnettiste» se cachait sous du linge sale dans la camionnette d’un gardien et franchissait sans encombre les portes du pénitencier. Provoquant stupeur et incrédulité des deux côtés des Alpes, la cavale du grand maître de la loge maçonnique P2 (Propaganda due) allait durer quatre ans. Avant de se terminer, à nouveau à Genève, le 27 septembre 1987, lorsque Licio Gelli se livrera au juge d’instruction Jean-Pierre Trembley.

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