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BrésilLa viande halal à l'épreuve de Bolsonaro

Le président Bolsonaro veut transférer l'ambassade du Brésil à Jérusalem. Les producteurs brésiliens de viandes halal redoutent des répercussions négatives.

Les déclarations de Bolsonaro provoquent du «bruit dans les relations diplomatiques, ce qui n'est pas bon pour le commerce», a admis la Chambre de commerce arabo-brésilienne.
Les déclarations de Bolsonaro provoquent du «bruit dans les relations diplomatiques, ce qui n'est pas bon pour le commerce», a admis la Chambre de commerce arabo-brésilienne.
Keystone

Premier exportateur mondial de viande halal, le Brésil pourrait voir ses relations commerciales avec les marchés arabes menacées si le président élu Jair Bolsonaro transfère l'ambassade du Brésil en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem.

En 2017, le Brésil a exporté 5,06 milliards de dollars de viande bovine, dont 983 millions (19,4%) vers 17 pays arabes. Dans le top dix figurent l'Égypte (4e), l'Arabie Saoudite (7e) et les Émirats Arabes (10e).

Les exportations de viande de volaille ont totalisé 6,58 milliards de dollars, dont 2,67 milliards USD (40%) vers 20 pays arabes. Ses principaux clients sont l'Arabie Saoudite (1ère), les Émirats Arabes (4e), l'Égypte (7e), l'Irak (9e) et le Koweït (10e).

Autant dire la préoccupation qu'a causée parmi les éleveurs la possible fermeture de ces marchés, en représailles à l'éventuel transfert de l'ambassade brésilienne en Israël à Jérusalem.

Promesse de campagne

Le candidat d'extrême droite Jair Bolsonaro, élu fin octobre avec un fort soutien des églises évangéliques, très engagées en faveur de l'État hébreu, avait fait la promesse de ce transfert très polémique durant sa campagne.

«Comme nous l'avons déjà annoncé, nous avons l'intention de transférer l'ambassade du Brésil de Tel-Aviv à Jérusalem», a confirmé Jair Bolsonaro sur Twitter le 2 novembre. «Israël est un État souverain et nous devons respecter cela pleinement», a-t-il ajouté.

Dans la foulée de ces déclarations, l'Égypte a annoncé le report sine die d'une visite du ministre brésilien des Affaires étrangères Aloysio Nunes, annulant également les activités d'une mission d'hommes d'affaires brésiliens déjà présents au Caire, officiellement en raison d'un problème de calendrier.

La semaine dernière, Bolsonaro a dit que le transfert de l'ambassade n'était «pas encore décidé». Des déclarations qui ont paru marquer un rétropédalage. Mais il a ensuite laissé la délicate question en suspens.

Pas encore de rupture

Les déclarations de Bolsonaro provoquent du «bruit dans les relations diplomatiques, ce qui n'est pas bon pour le commerce», a admis la Chambre de commerce arabo-brésilienne. Mais cela «ne signifie pas qu'il y a une rupture annoncée des relations commerciales» entre les deux parties, a-t-elle ajouté.

Les géants de la viande au Brésil, tout comme les PME du secteur, ont depuis plusieurs années une stratégie de conquête des marchés de pays musulmans. Le pays est devenu en 2017 le premier producteur et exportateur de viande halal, pour laquelle les animaux sont abattus selon les principes coraniques.

Une stratégie qui vise aussi la demande de viande chez les communautés musulmanes de pays asiatiques comme la Corée du Sud ou la Chine.

Ce marché de la viande avait résisté au scandale l'an dernier des pots-de-vin payés par des abattoirs à des inspecteurs du ministère de l'Agriculture pour écouler des lots de viande avariée ou périmée.

AFP

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