«Ma vie s'est arrêtée le 22 mars 2016»

Attentats de BruxellesDernière victime hospitalisée des attaques terroristes, Karen Northshield raconte sa souffrance deux ans après le drame.

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Capture d'écran. Image: RTL.be

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Après deux années passées dans une chambre quelconque, ne lui parlez surtout pas de date «d'anniversaire». Alors que Bruxelles rend hommage jeudi aux victimes des attentats terroristes du 22 mars 2016, Karen Northshield est toujours dans son lit d’hôpital. Sur les centaines de blessés à l'aéroport ce fameux matin, cette femme de 32 ans, qui devait embarquer pour les Etats-Unis afin de rendre visite à sa grand-mère, est la dernière à être soignée dans un lieu médicalisé. Et elle est loin d'être au bout de ses peines.

«Mon état est très faible à l’heure actuelle», concède-t-elle au Parisien mercredi, juste après avoir connu une nouvelle rechute il y a quelques jours. «Je suis alitée avec une ou deux séances de kiné par jour pour réapprendre les bases: marcher, trouver mon équilibre et renforcer les membres qui n'ont pas été touchés, poursuit celle qui était coach sportif avant d'être frappée par l'explosion de deux kamikazes dans ce hall des départs de l'aéroport international de Bruxelles-Zaventem. Ma vie s'est arrêtée le 22 mars 2016 et depuis c'est un long calvaire.»

Corps imprégné de souffrance

Sortie des lieux du drame par un inconnu, Karen Northshield fait trois arrêts cardiaques avant de rejoindre l’hôpital. Depuis, elle a subi une dizaine d'opérations. De l'estomac - qui a dû lui être retiré - en passant par la perte d'audition, jusqu'à cette bactérie qui a infecté sa jambe - trouée par des morceaux de bombes -, elle «vacille entre la vie et la mort» pendant plus de deux mois en 2017. Passée de 60 à 35 kilos, cette ex-nageuse de haut niveau vit un supplice quotidien. «Mon corps est devenu tellement sensible, qu'à la moindre complication, ça devient ingérable. Il est imprégné de cette souffrance», a-t-elle expliqué à RTL Belgique.

Soutenue par ses proches mais ignorée par les autorités belges - elle dit n'avoir jamais eu de réponses à ses mails à destination du gouvernement -, Karen Northshield voulait se faire entendre à l'occasion de ces commémorations. Pour marquer le coup. «Je préfère ne pas parler de date d'anniversaire (...) J'ai dû mal à fêter le jour où je me suis fait sauter par une bombe. Mais c'est date commémorative est importante pour que les gens, le peuple, n’oublient pas (...) Même si moi, je n'ai pas besoin de ce rappel.»

(nxp)

Créé: 22.03.2018, 14h13

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