En visite en Roumanie, le pape prône le dialogue

Religion Chaleureusement accueilli par le patriarche de l'Eglise orthodoxe roumaine, le pape François a prêché contre la division des peuples vendredi à Bucarest.

Le pape François arrive à la cathédrale orthodoxe de Bucarest, au cours d’une visite de trois jours en Roumanie.

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Le pape François a été chaleureusement accueilli vendredi en Roumanie orthodoxe au début d'une visite de trois jours. Celle-ci est destinée à encourager le dialogue entre religions et apporter un soutien aux plus démunis et aux minorités.

«Plus une société se soucie du sort des plus désavantagés, plus elle peut se dire vraiment civilisée», a lancé le pape aussitôt après son arrivée, lors d'un discours prononcé en présence du président roumain Klaus Iohannis.

Une semaine après un scrutin européen marqué par une montée des mouvements nationalistes à travers le continent, le pape a rendu hommage aussi aux «sacrifices» des millions de Roumains qui, «par leur culture, leurs valeurs et leur travail, enrichissent les pays où ils ont émigré».

Quatre millions d'émigrés

La Roumanie, un des pays les plus pauvres de l'UE, a vu quelque quatre millions de ses ressortissants émigrer depuis son adhésion en 2007, un phénomène qui touche en particulier les jeunes actifs.

Saluant le message de François, qui «incite à l'empathie et à l'action face à la pauvreté, la violence et la migration», M. Iohannis, un pro-européen de confession luthérienne, a assuré que la société roumaine «résonn(ait)» pleinement avec ses appels.

Tout au long de son trajet à travers la capitale, François a été salué par des milliers de Roumains criant «Viva papa» et brandissant des drapeaux aux couleurs blanc et jaune du Vatican. Une dizaine d'écrans retransmettant en direct tous les moments de cette visite ont été installés en ville.

Plus de 25'000 personnes se sont rassemblées dans la soirée près de la cathédrale catholique Saint-Joseph pour suivre la messe célébrée par le pontife. «Le fait que le pape vienne est une bonne chose pour que nos Eglises fassent un pas l'une vers l'autre», estime Gabriela Giba, 20 ans, elle-même orthodoxe mais fille adoptive d'un Italien catholique, venue spécialement de Ramnicu Valcea (200 km au nord-ouest de Bucarest), pour voir le pape.

«Après tout, les confessions ne comptent pas, car il y a un seul Dieu pour tous», assure son fiancé, George Denis, 28 ans.

Rencontre avec le patriarche

Après la rencontre avec les responsables politiques du pays, François a été accueilli par le patriarche de l'Eglise orthodoxe roumaine, Daniel.

Il y a notamment appelé à «ne pas céder aux séductions d'une 'culture de la haine' et de l'individualisme, qui n'est plus idéologique comme aux temps de la persécution athée, mais qui est toutefois plus persuasive et tout aussi matérialiste».

Les deux hauts prélats se sont ensuite retrouvés dans la gigantesque cathédrale orthodoxe du Salut de la nation, où le pape à lancé en roumain à la foule «Hristos a înviat» (le Christ est ressuscité).

Entre chants religieux orthodoxes et catholiques, Daniel et François ont chacun dit le «Notre Père», le patriarche en roumain, le pape en latin.

Béatifications

«Nous devons cheminer ensemble, comme dit le pape. Mon mari est orthodoxe, moi je suis catholique et nous voulons aller ensemble dans la même église», confie une fidèle, Tatiana, 48 ans.

La visite de François est la 30e de son pontificat à l'étranger. Elle fait suite à celle de Jean Paul II qui en 1999 avait été le premier pape à se rendre dans un grand pays orthodoxe depuis le schisme de 1054 entre Rome et Byzance.

Mais alors que Jean Paul II avait dû limiter son voyage à Bucarest, une condition imposée par le patriarcat orthodoxe, François a souhaité faire le tour de la «richesse ethnique, culturelle et religieuse de la Roumanie», a déclaré le porte-parole du Vatican, Alessandro Gisotti.

Il se rendra ainsi au sanctuaire marial de Sumuleu-Ciuc (centre), surtout fréquenté par la minorité hongroise, à Iasi (nord-est), principal foyer de présence des catholiques latins de langue roumaine et enfin Blaj (centre), siège de l'Eglise gréco-catholique.

Sur les 20 millions d'habitants que compte aujourd'hui le pays, 85% se déclarent orthodoxes et on recense 5,4% de catholiques, soit 1,1 million de fidèles dont 150'000 appartiennent à l'Eglise gréco-catholique (ou uniate), rattachée au Vatican.

Lors d'une dernière étape dimanche à Blaj (centre), le pape doit béatifier sept évêques uniates arrêtés, torturés et morts à l'isolement pendant la période communiste, où cette Eglise était interdite.

Le pape achèvera son voyage dimanche après une rencontre avec des familles de la communauté rom, qui souffre de discriminations diverses au travail, à l'école et dans l'administration. (ats/nxp)

Créé: 31.05.2019, 21h20

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