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Pays-BasVol MH17: quatre suspects jugés pour meurtre

Un procès est prévu le 9 mars 2020 aux Pays-Bas contre quatre personnes suspectées d'avoir fait abattre le vol MH17 au-dessus de l'Ukraine.

Un suspect ukrainien dans l'explosion du vol MH17 est retourné en Ukraine. Les Pays-Bas ont immédiatement demandé à la Russie l'extradition de cet homme soupçonné par les enquêteurs néerlandais d'avoir été impliqué dans le crash de l'avion. (2 décembre 2019)
Un suspect ukrainien dans l'explosion du vol MH17 est retourné en Ukraine. Les Pays-Bas ont immédiatement demandé à la Russie l'extradition de cet homme soupçonné par les enquêteurs néerlandais d'avoir été impliqué dans le crash de l'avion. (2 décembre 2019)
archive/photo d'illustration, AFP
Les dirigeants des 28 ont joint leurs voix jeudi à la pression internationale sur la Russie en l'exhortant à «coopérer pleinement» à l'enquête sur le crash du MH17. (Jeudi 21 juin 2019)
Les dirigeants des 28 ont joint leurs voix jeudi à la pression internationale sur la Russie en l'exhortant à «coopérer pleinement» à l'enquête sur le crash du MH17. (Jeudi 21 juin 2019)
AFP
Flifhtradar24, qui suit également les avions en temps réel, a posté sur Twitter la position du vol MH17 «juste avant sa disparition au dessus de l'Ukraine». (17 juillet 2014)
Flifhtradar24, qui suit également les avions en temps réel, a posté sur Twitter la position du vol MH17 «juste avant sa disparition au dessus de l'Ukraine». (17 juillet 2014)
Flifhtradar24
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Trois Russes et un Ukrainien seront jugés pour meurtre le 9 mars 2020 aux Pays-Bas dans le cadre de l'enquête sur le crash du vol MH17. L'avion avait été abattu en 2014 au-dessus de l'est séparatiste de l'Ukraine par un missile russe.

«Aujourd'hui nous délivrerons les mandats d'arrêt internationaux pour les premiers suspects que nous poursuivrons. Ils seront également placés sur les listes nationales et internationales des personnes recherchées. C'est pourquoi nous donnons leurs noms complets et publions leur photo», a précisé le chef de la police néerlandaise, Wilbert Paulissen, au cours d'une conférence de presse.

Selon le procureur néerlandais Fred Westerbeke, «les quatre (suspects) sont accusés d'avoir convoyé dans l'est de l'Ukraine le système (de missiles anti-aériens) BUK», utilisé selon les enquêteurs pour tirer le missile ayant abattu le 17 juillet 2014 le Boeing de la Malaysia Airlines au-dessus de la zone de conflit armé dans l'est séparatiste prorusse de l'Ukraine. Les 283 passagers, dont 196 Néerlandais, et les 15 membres de l'équipage avaient péri.

«Les quatre suspects sont poursuivis en premier lieu pour avoir causé le crash du vol avec pour conséquence la mort de tous les passagers de l'avion. En deuxième lieu, ils sont poursuivis pour le meurtre des 298 passagers de l'avion», a-t-il expliqué.

La Russie interpellée

L'Ukraine a appelé mercredi Moscou à «reconnaître sa responsabilité» dans le crash du vol MH17, après la désignation par l'enquête internationale des quatre suspects dont trois Russes.

«Nous appelons la Fédération de Russie à reconnaître sa responsabilité» et à «commencer à coopérer avec l'enquête» internationale sur cette tragédie, a déclaré dans un communiqué la diplomatie ukrainienne.

La Russie, quant à elle, a dénoncé des «accusations gratuites» visant à la «discréditer».

Un suspect dément

L'un des suspects a démenti mercredi toute implication des séparatistes ukrainiens prorusses dans la tragédie : «Tout ce que je peux dire, c'est que le Boeing n'a pas été abattu par les rebelles», a affirmé le Russe, qui était l'un des chefs de guerre des séparatistes à l'époque du crash. Il a annoncé qu'il n'entendait pas témoigner dans le cadre de cette affaire.

Une femme, dont le fils et la belle-fille avaient péri dans la tragédie, s'est dite «heureuse que le procès puisse enfin débuter». «C'est un début. Je suis satisfaite», a-t-elle ajouté. Quand on lui a demandé qui était responsable du crash, elle a répondu : le président russe Vladimir «Poutine, parce qu'il a rendu cela possible. Il est le principal responsable».

L'équipe internationale d'investigation conjointe (Joint Investigation Team, JIT), conduite par les Pays-Bas et composée d'enquêteurs d'Australie, de Belgique, de Malaisie, des Pays-Bas et d'Ukraine, avait annoncé en mai 2018 avoir établi que le missile ayant abattu l'avion provenait de la 53e brigade antiaérienne russe basée à Koursk (ouest de la Russie). Les Pays-Bas et l'Australie, dont 38 ressortissants figuraient parmi les victimes, ont ouvertement accusé la Russie d'être responsable de la mort de leurs ressortissants après les révélations de la JIT. Pour la première fois, la responsabilité de cette catastrophe était ouvertement imputée à Moscou, qui a nié avec véhémence, rejetant la faute sur Kiev.

Sujet sensible

La tragédie reste un sujet hautement sensible aux Pays-Bas, où le Premier ministre Mark Rutte n'a jamais caché que trouver les coupables et les traduire en justice étaient un de ses objectifs les plus importants.

Parallèlement, le groupe d'investigation journalistique Bellingcat a indiqué qu'il dévoilerait mercredi le nom «des individus liés à la destruction du MH17», en précisant que ses investigations étaient «totalement indépendantes et distinctes de l'enquête» officielle.

Les députés néerlandais ont ratifié en 2018 un accord signé avec l'Ukraine pour que soient engagées aux Pays-Bas les éventuelles poursuites judiciaires à l'encontre des responsables de la catastrophe. Il se pourrait toutefois que les suspects soient jugés par contumace, la Russie n'extradant pas ses ressortissants poursuivis à l'étranger.

Moscou accusé

Le crash du vol MH17 avait encore détérioré les relations entre la Russie et les pays occidentaux, déjà au plus bas après l'annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée par Moscou en 2014 et le déclenchement du conflit dans l'est avec les séparatistes, que la Russie est accusée de soutenir, ce qu'elle nie.

Après les révélations des enquêteurs sur l'origine russe du missile, l'Union européenne et l'Otan avaient exhorté Moscou à reconnaître sa «responsabilité». Les ministres du G7 avaient ensuite appelé en juillet la Russie à «reconnaître son rôle» dans cette affaire, déclarant que l'enquête avait conduit à des conclusions «convaincantes» et «profondément troublantes» sur son implication.

ats/Aafp

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