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Le vote de la dernière chance pour le Brexit

Pour la troisième et sans doute dernière fois, Theresa May soumet ce vendredi son projet d’accord aux députés. Explications.

En cas d'accord, le pays quittera l'UE le 22 mai. Si c'est un non, plusieurs scénarios sont possibles.
En cas d'accord, le pays quittera l'UE le 22 mai. Si c'est un non, plusieurs scénarios sont possibles.
Keystone

Elle a tout essayé. Jusqu’à proposer mercredi de démissionner si son accord était accepté. Et pourtant, Theresa May n’a toujours pas de majorité au parlement. Ce vendredi, c’est donc ce qui ressemble à sa dernière chance de faire adopter son plan.

Pourquoi revoter?

Depuis le début de l’année, les députés ont déjà rejeté deux fois l’accord de Brexit négocié entre le gouvernement britannique et l’Union européenne. La première ministre espère pourtant que l’ultimatum lancé par l’UE la semaine dernière les mettra au pied du mur: pour obtenir une sortie ordonnée le 22 mai, la Chambre des Communes doit approuver un accord d’ici au 29 mars. C’est-à-dire ce vendredi. Sinon, le Royaume-Uni sortira de l’UE sans accord le 12 avril.

Nouvelle donne pour May?

Pas vraiment. Les Brexiters purs et durs et le Parti démocratique unioniste nord-irlandais (DUP) restent opposés au «filet de sécurité». Ce mécanisme éviterait le retour d’une frontière physique entre les deux Irlandes mais ferait que l’Irlande du Nord resterait dans l’union douanière avec l’UE alors que le reste du Royaume-Uni en sortirait. En désespoir de cause, Theresa May a offert mercredi sa tête aux Brexiters radicaux. Elle a promis qu’elle démissionnerait si son accord était accepté, permettant ainsi à un nouveau premier ministre de négocier la seconde phase du Brexit qui permettra de définir la relation à long terme avec l’UE.

Cette proposition a fait fléchir au moins une trentaine d’opposants, tel l’eurosceptique Jacob Rees-Mogg. Jeudi, il a fait savoir être «favorable à l’accord. Je ne pense pas que l’accord s’est soudainement amélioré mais simplement que l’alternative est pire: ne pas avoir de Brexit du tout et laisser tomber les 17,4 millions de personnes qui ont voté pour sortir de l’Union européenne.» D’autres s’y refusent pourtant catégoriquement. Le député Mark François, l’un des plus féroces critiques de l’accord, a répété «avoir toujours été contre, je reste contre et je ne voterai pas en sa faveur même s’ils mettaient une mitraillette dans ma bouche». Or, sans ces votes et ceux du DUP, Theresa May ne parviendra jamais à faire adopter son accord.

Quel avenir pour May?

Pour la première ministre, la route s’arrêtera très bientôt. Si l’accord passe miraculeusement ce vendredi, elle démissionnera comme promis dès que le Brexit aura eu lieu, soit après le 22 mai.

Dans le cas contraire, elle pourrait quitter le pouvoir encore plus rapidement. Lundi, le parlement se prononcerait alors sur d’autres options de Brexit. Si les députés parvenaient à s’entendre, Theresa May devrait suivre leur choix. Option privilégiée: le maintien de tout le Royaume-Uni dans une union douanière avec l’UE. Si la première ministre la refuse – elle estime qu’«une union douanière ne respecte pas le résultat du référendum» – elle sera sans doute poussée dehors par les députés de son camp hostiles à un no deal ou par un vote de défiance introduit par le parti travailliste et soutenu par une poignée de conservateurs.

Quel avenir pour le pays?

En cas d’adoption de l’accord ce vendredi, le pays sortira de l’UE le 22 mai. S’il est refusé mais que Theresa May n’est pas renversée et qu’aucune alternative n’est trouvée d’ici au 12 avril, le pays sortira de l’UE sans accord. Et s’il est refusé mais que l’opposition renverse Theresa May, le pays se trouvera alors dans un véritable chaos. Simultanément, il fera face à l’élection du nouveau dirigeant du parti conservateur, à des élections anticipées au niveau national et à des élections européennes car le Royaume-Uni demeurerait plus longtemps que prévu dans l’UE.

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