Washington appliquera les sanctions contre l'Iran

Nucléaire iranienLes USA «feront respecter» les sanctions contre l'Iran, adoptées après le retrait américain de l’accord sur le nucléaire iranien.

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Les Etats-Unis ont rétabli mardi leurs sanctions économiques contre l'Iran, conformément au souhait Donald Trump. Le président américain a prévenu ses alliés qu'ils ne pourraient plus commercer avec les Etats-Unis s'ils continuaient à en faire avec l'Iran.

«Ce sont les sanctions les plus dures jamais imposées et en novembre elles augmentent encore à un autre niveau», a tweeté M. Trump. «Quiconque faisant des affaires avec l'Iran ne fera pas d'affaires avec les Etats-Unis. Je demande la paix mondiale, rien de moins», a-t-il ajouté.

La première vague de sanctions, entrée en vigueur à 00h01 heure de Washington (06h01 suisses), porte notamment sur les transactions financières en dollars, sur le commerce de l'or et des métaux précieux, sur le charbon et sur le secteur automobile Elles seront suivies le 5 novembre par d'autres mesures affectant le secteur pétrolier et gazier ainsi que la Banque centrale.

Refus iranien de négocier

Lundi, M. Trump avait dit qu'il restait «ouvert» à un «accord plus global sur l'ensemble des activités néfastes (de l'Iran), dont son programme balistique et son soutien au terrorisme». Mais il avait aussi sommé l'Iran de changer son «attitude déstabilisatrice» pour retourner «dans le giron de l'économie mondiale».

Dans un discours prononcé lundi soir, le président iranien Hassan Rohani avait crié à la «guerre psychologique». Il avait jugé «insensé» des négociations à l'ombre de sanctions imposées selon lui «aux enfants iraniens, aux malades et à la nation».

Cité par la télévision publique iranienne, le chef de la diplomatie Mohammad Javad Zarif a de son côté affirmé que le rétablissement des sanctions américaines allait isoler Washington et ses alliés saoudiens et israéliens. «Leurs politiques répressives et leurs mesures violentes les ont isolés. Le monde a pris ses distances vis-à-vis de leurs politiques hostiles contre l'Iran», a-t-il dit.

Colère russe

Les mesures américaines ont suscité la colère de la Russie qui a assuré qu'elle ferait «tout le nécessaire» pour sauver l'accord nucléaire. «La communauté internationale ne doit pas accepter que des réussites importantes d'une diplomatie multilatérale soient sacrifiées par les ambitions américaines concernant un règlement de comptes avec l'Iran», a-t-elle martelé.

Les Européens, eux aussi signataires de l'accord, s'étaient d'emblée dits déterminés à sauver le texte et à «protéger les opérateurs économiques européens engagés dans des affaires légitimes avec l'Iran».

Une nouvelle loi anti-boycottage de l'UE visant à protéger les entreprises européennes devait entrer en vigueur mardi, ce qui n'a pas empêché nombre d'entre elles de quitter Téhéran par crainte de la portée des sanctions américaines.

«Avaler le poison»

Les sanctions américaines devraient accentuer la détérioration d'une économie moribonde, qui a provoqué la semaine dernière des protestations dans plusieurs villes contre notamment le chômage et l'inflation.

Habitués à l'hostilité des Etats-Unis envers leur pays, beaucoup d'Iraniens accusent leurs propres dirigeants de ne pas avoir trouvé de solution à la crise et ils sont nombreux à avoir mis des dollars de côté et fait des provisions ces derniers jours.

«Les prix ont augmenté depuis trois, quatre mois et tout ce dont nous avons besoin est devenu tellement cher, avant même le retour des sanctions», a déploré Yasaman, un photographe de 31 ans à Téhéran.

Pour lui, les dirigeants iraniens devraient «avaler le poison» et négocier avec les Etats-Unis, pays avec lequel l'Iran n'a plus de relations diplomatiques depuis 1980.

Visite nord-coréenne

L'entrée en vigueur des sanctions américaines a coïncidé avec une visite en Iran du ministre nord-coréen des Affaires étrangères, Ri Yong Ho. Les Etats-Unis poussent aussi Pyongyang à abandonner ses capacités nucléaires et M. Trump a eu en juin une rencontre historique avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un. (ats/nxp)

Créé: 06.08.2018, 03h40

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