Washington condamne les violences en Irak

Moyen-OrientLe secrétariat d'Etat américain Mike Pompeo se désole des dizaines de personnes tuées lors de manifestations contre la corruption.

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Les Etats-Unis ont condamné les violences en Irak qui ont fait plus de 100 morts en une semaine, a indiqué mardi le département d'Etat américain. Ils ont aussi exhorté le gouvernement irakien à la «retenue».

Au cours d'un entretien téléphonique «récent», avec le Premier ministre irakien Adel Abdel Mahdi, «le secrétaire Pompeo a condamné les violences récentes en Irak et indiqué que ceux ayant violé les droits humains devront être tenus responsables», a rapporté dans un communiqué la diplomatie américaine.

«Le secrétaire se désole des pertes de vies tragiques ces derniers jours et exhorte le gouvernement irakien à faire preuve d'une retenue maximale», poursuit le ministère. «Les manifestations publiques pacifiques sont un élément essentiel de toutes les démocraties», a dit le secrétaire d'Etat américain, soulignant «que la violence n'avait aucune place dans les manifestations, que ce soit du côté des forces de sécurité ou des protestataires.»

Ce mouvement de contestation, qui a débuté le 1er octobre, dénonce la corruption, le chômage et la déliquescence des services publics, dans un pays en pénurie chronique d'électricité et d'eau potable. Selon un bilan officiel, plus de 100 personnes ont été tuées, en grande majorité des manifestants, et plus de 6000 blessées. Cette contestation a entraîné une crise politique à laquelle le président irakien a réagi en appelant au dialogue.

Réseaux sociaux toujours absents

Par ailleurs, les Irakiens sont toujours privés de réseaux sociaux. Depuis une semaine, l'accès à internet a été progressivement coupé. D'abord, certains réseaux sociaux, puis la connexion a totalement disparu, des téléphones, des écrans et même des applications VPN. Pour l'ONG spécialisée dans la cybersécurité Netblocks, «cette déconnexion quasi totale imposée par l'Etat dans la plupart des régions limite gravement la couverture médiatique et la transparence autour de la crise en cours».

Depuis mardi, la connexion est revenue à Bagdad et dans le sud du pays par saccades. Lors de ces courtes reconnexions, en passant par une application VPN, les réseaux sociaux étaient accessibles et des images de manifestants tués dans des cortèges ont commencé à affluer.

Mercredi, la connexion reste toujours aléatoire et les fournisseurs assurent à leurs clients ne pouvoir donner d'information sur un calendrier pour un retour d'internet, les restrictions en cours, ou tout autre détail.

Les autorités irakiennes n'ont jusqu'ici pas commenté la déconnexion qui touche environ trois quarts du pays, selon NetBlocks. Le nord du pays, dont le Kurdistan autonome, n'est pas affecté. (ats/nxp)

Créé: 09.10.2019, 12h10

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