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Washington et Pékin négocient à nouveau

Donald Trump semble lâcher du lest sur le géant chinois Huawei, mais laisse sceptique. Au G20, il refuse de s’engager contre le réchauffement climatique.

Donald Trump a repris le dialogue avec Xi Jinping à l'occasion du sommet du G20 au Japon.
Donald Trump a repris le dialogue avec Xi Jinping à l'occasion du sommet du G20 au Japon.
Carlos Barria

Le président américain aura eu son week-end de gloire extrême-oriental. Avant de franchir la frontière nord-coréenne, il a également repris langue, samedi, avec son homologue chinois, Xi Jinping, en marge du sommet du G20 à Osaka, au Japon. Les deux chefs d’État, qui ne s’étaient plus parlé de façon officielle depuis novembre dernier, ont décidé de déclarer une trêve dans la guerre tarifaire qu’ils se livrent depuis plus de deux ans. «Les États-Unis et la Chine sont ouverts à la conclusion d’un accord commercial qui serait historique», a ainsi déclaré Donald Trump, tandis que Xi Jinping s’est dit prêt «à avancer vers une relation sino-américaine fondée sur la coordination, la coopération et la stabilité».

Nouvelles taxes en suspens

Concrètement, cette rencontre bilatérale n’a débouché sur aucun agenda, ni aucune avancée réelle, prioritairement sur une modification de la loi chinoise qui renforcerait la protection de la propriété intellectuelle des entreprises étrangères, américaines en tête. Seule une petite phrase de Donald Trump a laissé entrevoir un léger apaisement de la situation: «Les entreprises américaines peuvent vendre leurs équipements à Huawei», le géant technologique chinois que Washington soupçonne d’espionnage au profit de Pékin. «Mais, a-t-il immédiatement ajouté, nous ne parlons là que d’équipements qui ne posent pas de grands problèmes de sécurité nationale.» L’administration américaine a laissé à Huawei un délai de trois mois, soit jusqu’à mi-août, pour montrer patte blanche et, ainsi, ne pas être placée sur la liste noire des entreprises auxquelles il est interdit de vendre de la technologie.

Côté taxes douanières, les deux parties se sont engagées à ne pas, dans l’immédiat, les rehausser. Cette déclaration concerne avant tout Donald Trump, qui, en mai dernier, avait non seulement relevé à 25% les droits de douane sur 200 milliards de dollars de produits chinois importés, mais avait également menacé de taxer 300 milliards de dollars de biens chinois supplémentaires, soit, en fait, la quasi-totalité des importations chinoises aux États-Unis. C’est donc cette dernière menace qui est momentanément suspendue, toutes les précédentes hausses restant maintenues. Depuis ce gentleman agreement, les commentaires vont bon train outre-Atlantique, qui tous parviennent à la même conclusion: cette trêve n’est que temporaire. «Aucun progrès d’envergure n’a été conclu samedi», résume ainsi la banque d’affaires Goldman Sachs.

Les observateurs américains n’y voient qu’une décision opportuniste de Donald Trump qui vise sa réélection en 2020. Il lui faut, pour ce faire, calmer les millions de paysans qui souffrent des taxes à payer sur l’importation de soja chinois, ainsi que les 600 grosses entreprises américaines qui viennent de l’exhorter à ne plus pratiquer de hausses tarifaires, au risque, sinon, de provoquer la perte de deux millions d’emplois. Comme l’affirme Goldman Sachs, «rien ne dit par contre que Donald Trump ne mettra pas ses menaces à exécution s’il est réélu». Les Chinois, eux, ont également tout intérêt à attendre et à espérer pouvoir, après 2020, dialoguer avec un autre président.

Accord avec le Mercosur

Et le climat? Lors de ce G20, dix-neuf pays ont réaffirmé leur engagement «irréversible» pour la «mise en œuvre complète» de l’Accord de Paris sur la lutte contre le réchauffement climatique. Dix-neuf pays, dont le deuxième plus gros pollueur de la planète, la Chine, sauf, sans surprise, les États-Unis, numéro un mondial des émissions à effet de serre. Cette déclaration a minima a suivi des débats houleux, lors desquels les pays émergents ont menacé de rejoindre la position américaine.

Parmi les plus virulents opposants à l’Accord de Paris, on a ainsi trouvé le Brésil de Jair Bolsonaro et son agriculture à utilisation massive d’OGM et de pesticides. Et pourtant, à peine le G20 terminé, l’Union européenne et les États d’Amérique latine réunis au sein du Mercosur ont annoncé avoir signé un accord de libre-échange. Ce dernier permet notamment au Brésil ou à l’Argentine de pouvoir exporter vers l’Europe quelque 99 000 tonnes de viande bovine au taux préférentiel de 7,5%. Au sein de l’AELE, la Suisse compte, elle aussi, conclure un accord en août prochain.

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