Washington s'en prend à Pékin sur plusieurs fronts

États-UnisLes Américains ont monté le ton, mardi à l'ONU, mettant en garde Pékin sur Hong Kong, le commerce et les Ouïghours.

Donald Trump, à la tribune de l'ONU, mardi 24 septembre 2019.

Donald Trump, à la tribune de l'ONU, mardi 24 septembre 2019. Image: AFP

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Les États-Unis se sont montrés particulièrement offensifs contre la Chine mardi à l'ONU avec, au-delà des habituelles escarmouches commerciales, une rare mise en garde de Donald Trump sur Hong Kong et un dur réquisitoire sur les droits des musulmans ouïghours.

A la tribune des Nations unies, l'avertissement du président américain à l'endroit d'un autre membre permanent du Conseil de sécurité était aussi ferme que son ton semblait éteint. «Nous regardons de très près la situation à Hong Kong», a-t-il lancé. «La manière dont la Chine va décider de gérer la situation en dira long sur son rôle dans le monde à l'avenir».

Pour le milliardaire républicain, «le monde s'attend fermement à ce que le gouvernement chinois respecte son traité contraignant conclu avec les Britanniques et entériné par les Nations unies, dans lequel la Chine s'engage à protéger la liberté de Hong Kong, son système juridique et son mode de vie démocratique».

C'est un des discours les plus fermes sur le sujet de Donald Trump depuis le début, il y a plus de trois mois, de la mobilisation massive pro-démocratie dans l'ex-colonie britannique, qui traverse sa pire crise politique depuis sa rétrocession en 1997 à Pékin.

Jusqu'ici, il avait laissé le soin au département d'Etat américain d'exiger le respect du traité qui accorde au territoire un «degré élevé d'autonomie», son propre système judiciaire, législatif et exécutif, et la protection de son «mode de vie». Donald Trump s'était surtout dit confiant dans la capacité du président Xi Jinping à résoudre la crise.

Fini les «abus» commerciaux

Donald Trump a aussi une nouvelle fois dénoncé les «abus» de Pékin en matière commerciale. «Pendant des années, ces abus ont été tolérés, ignorés, voire encouragés», a-t-il dénoncé. «En ce qui concerne l'Amérique, ces jours sont révolus», a-t-il ajouté, promettant de ne pas accepter «un mauvais accord».

Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi, également présent à New York, a appelé à la coopération entre les deux pays, estimant que la guerre commerciale avait «infligé des pertes aux deux parties».

Mais pour preuve que la confrontation entre les deux grandes puissances rivales dépasse ces sujets, le département d'Etat a profité de la grand-messe mondiale pour organiser un événement afin de mobiliser la communauté internationale contre «l'horrible campagne de répression» des autorités chinoises à l'égard des musulmans ouïghours.

«Nous ne pouvons pas être les seuls (...) membres de la communauté internationale à dénoncer la Chine et à lui demander d'arrêter», a déclaré le numéro deux de la diplomatie américaine John Sullivan.

Washington, mais aussi des organisations de défense des droits humains, accusent Pékin d'avoir interné dans des camps le Xinjiang, une région du nord-ouest de la Chine, jusqu'à un million de musulmans, voire plus, principalement d'ethnie ouïghoure.

«L'Histoire jugera la communauté internationale en fonction de sa réponse à cette attaque contre les droits humains et les libertés fondamentales», a dit le vice-secrétaire d'Etat, qualifiant la situation d'«horrible campagne de répression».

«Grande fracture»

Il a rejeté les explications chinoises selon lesquelles ces camps seraient des centre de formation professionnelle. Et il a fustigé l'effort de la Chine de présenter sa politique dans le Xinjiang comme une campagne «contreterroriste».

«Au Xinjiang, le gouvernement chinois empêche les musulmans de prier et de lire le Coran, et il a détruit ou dégradé de nombreuses mosquées», a énuméré John Sullivan. «Il s'agit d'une campagne systématique du Parti communiste chinois pour empêcher ses propres concitoyens d'exercer leur droit inaliénable à la liberté de religion.»

«L'ONU doit réclamer un accès immédiat, sans entraves et en toute liberté au Xinjiang pour son Haut Commissaire aux droits humains» pour «enquêter et surveiller de près les violations chinoises des droits humains», a insisté le responsable américain. Pékin, dont le ministre s'exprimer vendredi à la tribune de l'ONU, a exhorté les Etats-Unis à «cesser de s'ingérer dans les affaires internes de la Chine», selon l'agence d'Etat Chine nouvelle.

Devant les 193 Etats membres, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, avait pourtant mis en garde contre le risque d'une «grande fracture» dans le monde, provoquée par les Etats-Unis et la Chine.

Il y a un «risque bien réel» d'une «planète divisée en deux, qui verrait les deux plus grandes puissances économiques asseoir leur pouvoir sur deux mondes séparés, en compétition», avec chacun «ses propres règles commerciales et financières, son propre internet et sa propre intelligence artificielle, et ses propres stratégies géopolitiques et militaires dans un jeu à somme nulle», a-t-il dit. (afp/nxp)

Créé: 25.09.2019, 04h31

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