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Montreux Jazz FestivalRoisin Murphy se dilapide

L’Irlandaise Roisin Murphy sur la Scène du lac, jeudi en première partie de Kraftwerk.
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La logique des «double bills» – ces soirées avec deux artistes équivalents ou de même famille – vantée par Mathieu Jaton prend parfois du plomb dans l’aile. Jeudi, la Scène du lac accueillait ainsi Roisin Murphy, chanteuse irlandaise connue pour ses vocalises dans le groupe nineties Moloko, et censée faire jeu égal avec les antédiluviens Kraftwerk à suivre…

Après St Gall le 29 juin, cette figure fantasque d’une electro pop renouvelée ouvrait son show avec un titre plein de promesses de son ancien groupe, «Pure Pleasure Seeker». Le morceau, près d’un quart de siècle au compteur, rappelait de bons souvenirs aux anciens adeptes de ce duo qui a marqué, discrètement, la fin du siècle dernier.

Clubbing de camping

Passé ce préambule presque nostalgique, la performeuse, justaucorps blanc échancré, veste et galure de meneuse de revue, passait à des substances soniques plus dures, en mode clubbing de camping testant l’ampli d’un DJ Trance amateur… Pénible.

La dramaturgie musicale de son concert n’irait pas beaucoup plus loin, malgré les changements de costume, les jeux avec une caméra de scène sur l’écran géant bloquant la vue lémanique et un accès de croqueuse de roses semant des pétales sanglants à ses pieds.

Un petit moment pop vaguement rayonnant laisse la place à un pétrissage maladroit (ou malveillant?) d’une pâte sonore informe mais trop puissante. Même la voix de la diva underground finissait par s’essouffler, dilapidant cette magie cruelle qui fut autrefois la marque de fabrique de l’égérie Pucci – plus un titre dans les charts depuis 15 ans. Ni le soleil, ni la pluie n’y pouvaient rien. On aurait pourtant voulu l’aimer. Déception.

Kraftwerk, toujours au clavier après un demi-siècle de kilobits.

Dans la foulée, les vétérans de Kraftwerk sortaient leur attirail de computers et d’orages binaires pour faire ce que l’on attend d’eux depuis au moins une vingtaine d’années avec un savoir-faire anticipé. Mais l’heure de la visite au musée était dépassée. Beeep. On débranche.

www.montreuxjazzfestival.com