Carnet noirLe cocréateur des Tifous n’est plus
Christian Mauron, figure de la TV romande et de la BD, avait créé ces dessins animés avec Franquin, avant une embrouille valaisanne.

Christian Mauron était l’homme qui avait redonné au dessinateur Franquin, le père de Gaston Lagaffe, le goût de dessiner. Le génial bédéaste belge s’était passionné pour le projet que lui proposait le Vaudois, producteur des émissions jeunesse de la TV romande, créant 1500 dessins de ces petits personnages poilus aux histoires loufoques. Les Tifous auront connu 26 épisodes de trois minutes sous forme de marionnettes, avant de passer au format dessin animé.

Avec le soutien financier du Valaisan Jean Dorsaz, Les Tifous étaient promis à un bel avenir, des contrats signés avec des majors internationales pour leur diffusion. Mais las, après une quarantaine d’épisodes, tout s’est écroulé dans une bataille judiciaire et financière entre Mauron et Franquin d’un côté, Dorsaz et la Banque Cantonale du Valais de l’autre, dix ans de procédure avant que les premiers ne récupèrent les droits, mais Franquin était déjà décédé.
«Tous les auteurs de BD l’adoraient, avec son côté carré mais aussi positif et chaleureux.»
Christian Mauron est décédé d’une rupture de l’aorte le 26 février, dans sa 80e année. «Cette affaire l’avait détruit, il en a perdu sa maison. Mais il gardait une passion intacte pour la BD. Deux jours avant sa mort, on a fini à 2 heures du matin après le concert du groupe de Zep», raconte le dessinateur Valott, son beau-fils. Ce dernier avait été découvert par le producteur dans un concours BD de la TSR, à 15 ans. Il avait gagné son poids en BD et un passage chez Franquin. «Tous les auteurs de BD l’adoraient, avec son côté carré mais aussi positif et chaleureux.»
Celui qui voulait être missionnaire en Afrique parce qu’il en adorait l’art, qui a étudié la philosophie, se voyait ensuite réalisateur. Mais la TSR lui propose plutôt d’être producteur, métier qu’il découvre. «Les émissions jeunesse étaient le secteur dont tout le monde se fichait, il a donc eu une liberté pour faire ce qu’il voulait.» Comme «L’agence Labricole», qui apprenait à bricoler aux enfants sous couvert d’enquête policière.
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