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L’invitéeMultinationales responsables: une initiative moderne et progressiste

Claire Richard soutient l’initiative «Pour des entreprises responsables» soumise au vote le 29 novembre.

L’initiative populaire «Pour des entreprises responsables – pour protéger l’être humain et l’environnement» porte typiquement une vision progressiste de notre monde économique, celui du monde de demain. Les exigences qui émanent de ce texte sont en effet le fondement même d’un commerce du XXIe siècle bien compris.

La mondialisation de notre économie, menée dans un esprit libéral, nous a apporté de nombreuses richesses, dont nous bénéficions tous en Suisse. Et nous en bénéficierons encore longtemps. Si l’on pense par exemple aux ressources minières pour les technologies de pointe, l’avenir est assuré pour nos entreprises de ce secteur.

«La seule chose qu’on leur demande, c’est de respecter les normes internationales en matière de droits de l’homme et d’environnement.»

Mais dans cet esprit libéral un tel gain doit être contrebalancé par la responsabilité individuelle des entreprises: si l’une d’elles commet des dommages en Suisse, elle est légalement tenue de les réparer. Alors, pourquoi ne le serait-elle pas pour ses activités à l’étranger?

De même, certains produits chimiques sont strictement interdits en Suisse en raison de leur toxicité élevée. Mais des entreprises suisses fabriquent encore ces produits et continuent à les vendre dans d’autres pays à la législation moins stricte. Est-il normal que ces entreprises ne portent aucune responsabilité pour les dommages qu’elles peuvent causer sciemment à l’étranger?

Et qu’on ne me dise pas que des multinationales vont quitter des pays si elles doivent rendre des comptes! Les ressources qu’elles exploitent ne sont pas transposables ailleurs et elles ne s’en éloigneront pas. La seule chose qu’on leur demande, c’est de respecter les normes internationales en matière de droits de l’homme et d’environnement. Ou, à défaut, de réparer d’éventuels dommages.

Quant au danger prétendument couru par les PME, pourquoi des centaines de PME ont-elles adhéré au comité Économie pour des entreprises responsables? Nous trouvons parmi elles des entreprises comme Payot, Chaussures Aeschbach, Opaline, Cla-Val, ou encore QuoQa ou Garden Centre Schilliger, bien connues chez nous.

Éthique et image

Enfin, plus de 500 représentants de tous les partis de droite et du centre ont rejoint le Comité bourgeois pour des multinationales responsables. Ces politiciens sont évidemment motivés par la préservation de notre économie suisse et estiment que la majorité des entreprises sont correctes aujourd’hui déjà. Mais, outre la question éthique, ils pensent aussi que la permissivité à l’égard de certaines entreprises suisses moins regardantes ternit l’image de notre pays et constitue une concurrence déloyale pour les entreprises respectueuses des normes internationales.

C’est après réflexion et avec conviction que je voterai oui à l’initiative «Pour des multinationales responsables», à l’instar de la grande majorité des Vert’libéraux: parti suisse, groupe parlementaire au Conseil national, partis cantonaux qui se sont prononcés: Vaud, Genève, Neuchâtel, Lucerne et Bâle-Campagne en particulier.

2 commentaires
    Amour et paix

    Louable en soit, mais encore une fois la Suisse se tire une balle dans le pied. Il sera extrêmement difficile d'exercer un contrôle strict jusqu'en bout de chaîne et cette responsabilité doit être mondiale, ce qui reste une utopie actuellement et se posera inévitablement la question de la souveraineté d'un État. Continuons de pénaliser nos propres entreprises au détriment des chinois et autres je m'en foutistes mondiaux, ça va faire bien rire dans les chaumières...