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L’invitéNe délaissons pas nos centres-villes, réinventons-les!

Raphaël Thiébaud propose des pistes en faveur de l’attractivité des centres urbains.

La plupart des villes suisses voient leurs centres s’appauvrir en petits commerces locaux ou en offre culturelle. Restriction de l’accès à la voiture dans les centres-villes, concurrence d’internet ou des centres commerciaux pour les petits commerces, jusque-là, rien de nouveau. Mais la crise sanitaire actuelle risque d’amplifier ce phénomène, avec le départ d’entreprises de services.

En effet, le télétravail devient un standard, et de nombreuses entreprises sises dans les centres saisissent l’opportunité d’y réduire leurs surfaces commerciales. D’autres choisissent de déplacer leurs bureaux dans les nouveaux quartiers d’affaires plus facilement accessibles à proximité de gares périphériques comme Malley à Lausanne, ou de pôles de compétences comme l’EPFL ou Y-Parc à Yverdon.

«Il faudra pouvoir compter sur un fort engagement des autorités et des acteurs locaux, comme les associations de quartier et les commerçants eux-mêmes.»

Conséquences: moins de passage, moins de consommation, moins d’attractivité, avec un impact négatif par effet boule de neige sur des secteurs comme la restauration. Alors, comment repenser l’attractivité de nos centres urbains pour éviter qu’ils deviennent des déserts commerciaux?

Il n’y a pas de fatalité! Mais pour cela, il faudra pouvoir compter sur un fort engagement des autorités et des acteurs locaux, comme les associations de quartier et les commerçants eux-mêmes. Les centres-villes doivent devenir des lieux de loisirs, où l’on va assister à un concert de rue, découvrir une galerie d’art, manger une gaufre, ou de manière plus large, où l’on peut vivre des expériences.

Les petits commerçants, eux, ne peuvent plus compter sur le modèle économique traditionnel de la vente directe. Les boutiques, souvent petites et avec peu de stock, à défaut de pouvoir concurrencer les grands acteurs d’internet, doivent inspirer découverte, expérience, voire expérimentation, tout en proposant une offre digitale plus garnie. La difficulté est d’être visible sur internet tout en ayant une chaîne logistique permettant d’assurer un service «phygital» (moitié physique, moitié digital).

Mutualisation et flexibilité

C’est là que les autorités et associations de commerçants peuvent créer des conditions-cadres idéales pour redynamiser les centres-villes, en soutenant la création de plateformes en ligne mutualisées ou de cartes de fidélité communes à tous les acteurs d’un même périmètre commercial. Parallèlement, un travail doit être entrepris par ces mêmes acteurs pour flexibiliser les horaires d’ouverture des commerces afin de s’adapter à une clientèle de loisirs, en modifiant par exemple l’affectation des centres-villes en zones touristiques.

Il faut aussi pouvoir proposer des divertissements publics exclusifs et faciliter l’accès aux centres-villes avec la création de nouveaux parkings relais abordables et efficaces, connectés aux transports en commun.

Nous avons la chance d’avoir dans presque toutes les villes du pays des centres historiques. Tâchons de les maintenir en vie malgré les nouveaux modes de travail et de consommation.

8 commentaires
    P. Milraux

    Depuis que les femmes travaillent presque toutes (par obligation ou par choix) il y a de moins en moins de monde en ville. Les courses se font le vendredi soir et le samedi dans les grands centres d'achat. Tout le charme du shopping tranquille du samedi a disparu.

    On ne voit plus que des gens stressés, pressés, pas le temps pour un café. La vie sociale en prend un sacré coup.