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Conflit social chez Leclanché CapacitorsNégociations rompues entre les grévistes et leur propriétaire

Le directeur historique de la société d’Yverdon a été démis d’une partie de ses fonctions. Les visions opposées des parties mènent la situation dans une impasse.

La grève s’est poursuivie pour un septième jour consécutif chez Leclanché Capacitors.
La grève s’est poursuivie pour un septième jour consécutif chez Leclanché Capacitors.
JEAN-PAUL GUINNARD – A

Les collaborateurs de Leclanché Capacitors Sàrl ont entamé ce jeudi leur septième jour de grève. Opposés depuis la semaine dernière à la volonté de leur propriétaire – le groupe français Mersen – de délocaliser l’activité de l’entreprise yverdonnoise dans le nord de l’Allemagne, ils sont «plus résolus que jamais», selon le syndicat Unia. Les négociations menées mercredi n’ont donc pas permis de détendre une situation qui semble s’enfoncer dans l’impasse.

Unia précise que c’est le propriétaire de cette société indépendante de Leclanché SA depuis 2004 qui a quitté la table de discussions. «Nous leur avons apporté une solution concrète. La direction a évoqué l’éventualité d’entrer en matière, uniquement si la douzaine de travailleurs reprenait immédiatement leur travail. En l’absence de garanties concrètes sur de véritables négociations et face à la fermeté de la partie patronale, la grève s’est poursuivie ce jeudi», précise Nicole Vassalli, secrétaire syndicale «industrie» à Unia Vaud.

Le projet de délocalisation maintenu

Lors des discussions, le Groupe Mersen a confirmé qu’il maintenait son projet de délocalisation et qu’il ne vendrait pas le site de production d’Yverdon à un tiers. «Nous avons donc compris qu’il ne serait pas possible de sauver le site…» reprend la syndicaliste.

Un nouveau venu s’est assis à la table des négociations, mercredi, à la place de Stephen Fugate, directeur historique du site. «Monsieur Fugate a demandé personnellement de basculer à 100% sur son rôle lié au développement des affaires», précise Laurent Dousselin, qui lui a succédé dans son rôle de gérant.

Dousselin vu comme un liquidateur

Pour Unia, Laurent Dousselin a «une grande expérience dans la gestion des conflits et la fermeture d’entreprises». Son arrivée a été appréhendée par le syndicat et les grévistes comme celle d’un liquidateur. «Je suis un industriel, au bénéfice d’une expérience dans la gestion d’usines en crise. Mais je n’ai jamais été engagé pour fermer un site. En tant que manager de transition, mon rôle ici est avant tout de m’assurer que les clients qui ont passé des commandes reçoivent leurs produits, mais aussi de m’occuper des salariés.»

Les travailleurs exigent néanmoins la reprise immédiate de véritables négociations entre la délégation syndicale et patronale. «Nous sommes prêts à discuter, mais nous conditionnons ce retour à la reprise du travail», conclut Laurent Dousselin.

2 commentaires
    Dany bavet

    Personne ne veut comprendre que la vente d’une entreprise a toujours pour but d’éliminer un concurrent et que ça se termine chaque fois par une fermeture à plus ou moins long terme. L’issue est toujours la même malgré les garanties au moment de la transaction. Pour atteindre leur but il leur suffit de ne pas être pressé pour la fermeture et faire croire que ce n’a jamais été prévu. Je ne comprends pas pourquoi cette évidence ne saute jamais aux yeux des naïfs qui prennent les promesses pour du pain béni ou alors ils sont bien sûr complices.