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RéflexionNew York fait sa rentrée des classes

Les élèves new-yorkais ont vu leur rentrée des classes en personne de nouveau repoussée jeudi, sur fond de dispute entre le maire et les syndicats d’enseignants.

Fournitures scolaires éparpillées sur le trottoir devant une école de Brooklyn, à New York.
Fournitures scolaires éparpillées sur le trottoir devant une école de Brooklyn, à New York.
Jean-Cosme Delaloye

Les cahiers sont éparpillés sur le trottoir devant l’école au cœur du quartier de Brooklyn, à New York. Les crayons, les tubes de colle, les livres et des feuilles de calcul avec des noms d’enfant se sont aussi échoués sur le bitume. Le soir de début septembre où je suis confronté à ce triste spectacle, nous étions à moins d’une semaine de la rentrée des classes qui s’est déroulée virtuellement mercredi pour 1,1 million d’élèves new-yorkais.

Cette scène symbolise le chaos entourant la rentrée des classes en personne à New York. Sous pression des syndicats d’enseignants, Bill de Blasio, l’impopulaire et influençable maire de New York, a reporté jeudi pour la seconde fois la reprise des cours dans les écoles sous prétexte de vouloir donner plus de temps aux enseignants pour se préparer et se protéger face au Covid-19. Les élèves ne retrouveront donc pas les bancs d’école avant le 1er octobre malgré un taux d’infection au Covid-19 de moins de 1% à New York.

«L’avenir de New York dépend de nos écoles publiques»

Bill de Blasio, maire de New York

«L’avenir de New York dépend de nos écoles publiques», a lancé jeudi Bill de Blasio pour tenter de sauver les apparences et justifier sa nouvelle marche arrière. Seize jours après avoir annoncé un premier accord avec les syndicats d’enseignants qui refusent une instruction en personne pendant la pandémie, le maire a conclu cette semaine une seconde trêve, dont la solidité est tout aussi sujette à questionnement que la première.

La Ville de New York a adopté un modèle d’enseignement hybride mêlant instruction en ligne et en présentiel. Les classes ont été divisées en plusieurs groupes d’une dizaine d’élèves qui effectuent à tour de rôle deux jours d’école en personne. Le reste des cours se déroule virtuellement.

C’est là que les problèmes commencent. Les établissements n’ont pas assez d’enseignants pour pouvoir garantir un enseignement à la fois en personne et en ligne. Les écoles doivent aussi s’accommoder de certains professeurs qui refusent de revenir enseigner ou d’être filmés, et de 40% de familles new-yorkaises qui ont opté pour un enseignement entièrement à distance.

Pression syndicale

À cela s’ajoute la pression du principal syndicat d’enseignants, la United Federation of Teachers, pour empêcher une rentrée des élèves en personne déjà repoussée une première fois du 8 au 21 septembre. Michael Mulgrew, le patron du syndicat, a participé jeudi à la conférence de presse de Bill de Blasio pour féliciter le maire qu’il a une nouvelle fois fait plier et affirmer: «Nous protégeons nos écoles, nos familles, nos enfants et nous-mêmes contre cette situation horrible créée par la pandémie.»

Ces propos ne masquent guère une autre réalité: aux États-Unis, où l’influence des syndicats n’a cessé de fondre, la rentrée des classes new-yorkaises a pris une tournure politique qui dépasse la crise sanitaire. Au cœur de cette bataille cruciale pour l’avenir des syndicats, on retrouve des parents épuisés et des élèves déscolarisés depuis plus de six mois qui rêvent de reprendre un semblant de vie normale.

4 commentaires
    Pierre-François Culand

    Aaaah ! La fameuse rentrée des crasses ! :)

    Je vous invite à corriger votre jeu de mot involontaire dans le titre qui apparaît à certains endroits sur le site ou dans l’application smartphone dans la listes des article par rubrique.