Comment créer des pièces en verre au chalumeau

VIDEOEtablie à Lausanne, l'artisane Anne Londez nous explique, pas à pas, la fabrication des perles d'art en verre.

Vidéo: ANETKA MÜHLEMANN

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Dernière son chalumeau dans son atelier-boutique situé à la rue de la Barre à Lausanne, Anne Londez, 48 ans, explique les différentes étapes de son travail avec aisance, pédagogie et une passion tout intérieure qui se libère une fois qu’elle pose ses outils pour évoquer sa deuxième carrière, celle de verrière d’art. Dans une vie précédente, la Parisienne d’origine était docteur en chimie, spécialisée dans la recherche pour l’industrie pharmaceutique. «Personne ne comprenait un mot de mon titre de thèse», plaisante Anne Londez qui quitte la capitale française pour Genève afin d’achever son cursus académique. Pour contrebalancer le «côté intello» de ses études, elle se détend avec des activités manuelles, telles que peinture, couture ou tricot. Sans imaginer un jour que ses mains deviendraient son nouvel outil de création. Au moment d’entrer dans le monde professionnel, la chimiste trouve un job dans le centre de recherche d’une multinationale vaudoise, dans le secteur des arômes de café. Son tempérament bien trempé est apprécié dans ce milieu compétitif. Mais la pression, le manque de liberté et un désaccord avec l’éthique de l’entreprise ont raison de sa motivation et de sa santé. En burnout, elle s’inscrit dans les clubs de loisirs de sa boîte dont l’un est consacré au verre. Et là, au hasard d’un cours, elle découvre la technique du chalumeau, encore peu développée en Suisse en 2002. Une révélation. «C’est un travail très méticuleux, tout le contraire de ma personnalité qui aime que ça aille vite.»

Dans sa cuisine, l’artiste en devenir fait ses premiers essais avec un petit chalumeau destiné à caraméliser les crèmes brûlées, des baguettes en verre et un livre d’initiation. «Je suis limitée par la taille de la flamme. Comme elle est petite, je fabrique principalement des perles.».

Quand sonne l’heure de la reconversion – «je ne me voyais plus travailler pour l’industrie» – elle hésite entre le coaching en communication et sa nouvelle passion. «J’avais 34 ans et pas de charge familiale. J’ai ressenti le besoin d’une coupure totale avec le monde de l’entreprise.» Toute son attention se concentre alors sur cette technique, se formant aux États-Unis où elle est déjà en vogue. «Travailler avec le feu est simplement fascinant. Hypnotisant. Le verre est difficile à maîtriser. On peut y consacrer une vie. C’est aussi difficile que d’apprendre le violon. À force de patience, on progresse lentement, on répète les gestes et l’on voit l’évolution. J’ai découvert la patience», rigole-t-elle.

Derrière ses grosses lunettes de protection, l’artisane fait fondre sa baguette de verre autour d’un support pour lui donner sa forme ronde. La flamme orange transforme la matière en quelques instants. Les gestes sont précis. Un peu trop de chaleur et la pièce risque de se briser. La magie opère vraiment quand l’artiste façonne le verre en trois dimensions, ajoutant des motifs et des effets de perspective. Voilà déjà 15 ans qu’Anne Londez s’épanouit dans ce nouvel art qu’elle transmet dans des ateliers de formation. «Ce qui m’intéresse fondamentalement, c’est le verre, et non le résultat final. Le bijou en est la conséquence et c’est le moyen de vendre ma production.»

Ses créations s’écoulent en Suisse sous forme de boucles d’oreilles ou de pendentifs tandis qu’elles partent comme pièces d’art sur le marché américain, prêt à mettre beaucoup d’argent pour une seule perle. De son ancienne vie de scientifique, elle garde une manière très structurée de transmettre sa passion, nourrie par cette solide volonté d’apprendre encore et toujours à dompter la flamme.

www.annelondez.com (24 heures)

Créé: 06.04.2018, 22h06

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