L'ambassade de l'Equateur «espionnée» par Londres

LondresLe ministre équatorien des Affaires étrangères soupçonne les services secrets britanniques de pratiques illégales.

Julian Assange, 44 ans, est retranché dans l'ambassade de l'Equateur depuis 2012.

Julian Assange, 44 ans, est retranché dans l'ambassade de l'Equateur depuis 2012. Image: Keystone

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Le ministre équatorien des Affaires étrangères a déclaré mercredi qu'il soupçonnait les services de renseignement britanniques d'espionner en permanence l'ambassade de son pays à Londres, où est réfugié depuis quatre ans Julian Assange, fondateur de Wikileaks.

«Il y a des caméras partout. C'est l'une des ambassades les plus espionnées dans le monde», a dit Guillaume Long lors d'une conférence de presse à Genève, en marge de la session du Conseil des droits de l'homme de l'ONU.

«Un environnement hostile»

Le site est devenu un «environnement hostile» pour le personnel même de la représentation, a dit devant la presse Guillaume Long. Il a répété qu'il était devenu très difficile de réussir à passer un coup de téléphone depuis l'ambassade. Interrogé sur un éventuel piratage informatique, il a répondu n'en avoir «aucune idée». «J'ai mes suspicions», a-t-il ajouté.

M. Long a rencontré il y a moins d'une dizaine de jours Julian Assange, quatre ans après le début de sa protection à l'ambassade d'Equateur. La situation devient «humanitaire», a-t-il affirmé à Genève, répétant que la santé du fondateur de WikiLeaks s'est dégradée en plusieurs années, sans donner davantage de détails.

Comme lors de sa visite à Londres, il a dénoncé les doubles standards dont font preuve la Grande-Bretagne et la Suède à l'égard des décisions, même non contraignantes, de l'ONU.

Julian Assange s'est réfugié dans l'ambassade équatorienne pour échapper à une extradition vers la Suède où il est accusé de viol et qui a émis un mandat d'arrêt européen contre lui.

L'ex-hacker australien, qui nie le viol, refuse de se rendre dans ce pays de peur d'être extradé vers les Etats-Unis. Car il pourrait s'y voir reprocher la publication par WikiLeaks, en 2010, de 500'000 documents classés secret défense sur l'Irak et l'Afghanistan et 250'000 communications sur les affaires étrangères.

Julian Assange sous pression

«Vous avez beaucoup de chance si vous pouvez même faire un appel téléphonique de l'intérieur de l'ambassade. L'internet est constamment interrompu. Tout est piraté. C'est un environnement vraiment hostile pour M. Assange, chaque jour», a souligné le ministre.

Interrogé sur l'implication possible d'agents britanniques dans ces opérations, M. Long a répondu : «j'ai mes soupçons».

Un refuge depuis 2012

Julian Assange, 44 ans, est réfugié depuis le 19 juin 2012 dans cet immeuble en briques rouges, situé dans le quartier chic de Knightsbridge, pour échapper à une extradition vers la Suède, où il est accusé de viol et qui a émis un mandat d'arrêt européen contre lui.

L'ex-hacker australien, qui nie le viol, refuse de se rendre dans ce pays de peur d'être extradé vers les États-Unis, où il pourrait se voir reprocher la publication par WikiLeaks, en 2010, de 500.000 documents classés secret défense sur l'Irak et l'Afghanistan et 250.000 communications diplomatiques.

Des problèmes de santé

Le ministre équatorien a indiqué que l'état de santé de M. Assange se dégradait, évoquant un problème sérieux à un bras, sans toutefois fournir d'autres détails.

En février, le Groupe de travail de l'ONU sur la détention arbitraire avait jugé que la Suède et la Grande-Bretagne enfreignaient ses droits fondamentaux. Mais cet avis non contraignant avait été rejeté par Londres et Stockholm, et les autorités suédoises ont maintenu fin mai le mandat d'arrêt européen contre lui.

Les droits de l'Homme bafoués

M. Long a a reproché à la Grande-Bretagne d'exiger des autres pays le respect des résolutions sur les droits de l'homme dans le monde mais de s'y soustraire lorsqu'elle est elle-même visée. «C'est un exemple clair du principe de deux poids, deux mesures que l'Equateur dénonce», a-t-il dit.

Le ministre a réaffirmé que son pays ne voulait pas s'immiscer dans l'enquête sur le viol présumé, mais qu'il était prêt à soutenir le transfert d'Assange vers la Suède si Stockholm peut garantir qu'il ne sera pas remis aux autorités américaines.

(afp/nxp)

Créé: 29.06.2016, 17h21

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