Appel de Caritas contre la pauvreté des enfants

Politique socialeL’organisation demande l’introduction dans tout le pays de prestations complémentaires pour les familles, comme cela se fait sur Vaud et Genève.

Image: Pierre Albouy

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En Suisse, 103 000enfants sont touchés par la pauvreté. Ce qui signifie qu’en moyenne, un enfant par classe d’école est concerné. Si on y ajoute les bambins vivant dans la précarité juste au-dessus du seuil de pauvreté, ils sont trois par classe. L’ONG Caritas a tiré la sonnette d’alarme, lundi à Berne, en appelant les autorités fédérales à se saisir du problème.

L’œuvre d’entraide critique la Confédération, et notamment le Conseil fédéral qui «abandonne la lutte contre la pauvreté aux Cantons, ce qui engendre des inégalités des chances». Elle demande au nouveau parlement d’intervenir. Pour elle, il faut étendre à tout le pays une mesure existant dans les cantons de Vaud, Genève, Soleure et du Tessin: les prestations complémentaires (PC) pour les familles. Dans ces quatre régions, ces PC prennent des formes différentes. Caritas privilégie la recette vaudoise, où le versement intervient jusqu’à l’adolescence et n’est pas conditionné à un revenu ou à un emploi.

Pour Hugo Fasel, le directeur de Caritas Suisse, les PC pour familles présentent plusieurs avantages. Elles sont notamment moins stigmatisantes et plus élevées que l’aide sociale. Et puis, elles ne doivent pas être remboursées. Concrètement, Caritas revendique une loi-cadre au plan fédéral, qui introduise un standard minimal. La prestation devrait aussi comprendre le remboursement des coûts de prise en charge externe des enfants et les coûts de santé. La Confédération devrait participer au financement.

L’organisation est en contact avec des parlementaires pour déposer des interventions à Berne. «La lutte contre la pauvreté des enfants n’est pas seulement une obligation morale et éthique, c’est aussi et surtout une obligation légale», argumente encore Hugo Fasel, avant de citer la Constitution fédérale et la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant.

La Confédération a déjà été saisie de propositions du même type par le passé. Faute de succès, certains cantons ont pris le relais. Selon Hugo Fasel, les PC pour familles ont maintenant fait leurs preuves: il faut donc remettre l’ouvrage sur le métier à Berne. Si Caritas juge que «le Conseil fédéral ne peut se dédouaner de toutes ses responsabilités», le conseiller national Philippe Nantermod (PLR/VS) voit les choses autrement: «L’aide sociale apporte déjà un soutien. Or, elle est cantonale. Les Cantons peuvent choisir d’être plus ou moins généreux et de demander ou pas le remboursement des montants versés. Je ne suis pas favorable à l’idée de passer cette compétence à la Confédération.»

Créé: 02.12.2019, 22h55

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