L’argent a fait le bonheur de Nicola Spirig, une femme en or

Rio 2016La championne olympique en titre de triathlon a réalisé la course parfaite mais elle est tombée sur un os. Jorgensen était encore plus forte…

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Yannis, son fils, sa bataille, peut être fier d’elle. Dans les bras de papa, l’ancien triathlète Reto Hug, le bambin a l’œil rivé sur cette grosse médaille qui pend au cou de sa maman. Cet argent a fait le bonheur du garçon, mais aussi du père, un mari comblé, et de tous ceux qui ont contribué dans son entourage à ce beau couronnement sur la plage de Copacabana.

Championne olympique il y a quatre ans, Nicola Spirig n’a certes pas réussi à rééditer son exploit de Londres. Mais cette femme en or ne le cache pas: si elle n’est pas parvenue à entrer dans la légende, elle est heureuse à plus d’un titre. «Cette deuxième place a, sur le plan émotionnel, autant de valeur que ma victoire à Hyde Park, assure-t-elle, les yeux encore tout feu tout flamme après un effort de près de deux heures (1 h 56’’56). Parce que, sourit cette belle dauphine, il est toujours plus difficile de défendre un titre plutôt que de le gagner la première fois.» Ce n’est pas Steve Guerdat, quatrième la veille avec Nino des Buissonnets, qui prétendra le contraire.

Une maman heureuse

Revenir quatre ans plus tard et remonter sur le podium, quand on sait tout ce qui peut se passer entre-temps, c’est incontestablement un beau happy end pour cette Wonderwoman de 34 ans. Car si elle n’a rien laissé au hasard, le niveau était encore plus élevé qu’en 2012. Trois ans après avoir donné naissance à son petit blondinet et essayé, avec une certaine réussite, le marathon (avec une participation aux Championnats d’Europe de Zurich en 2014), la quintuple championne d’Europe n’a pas été loin de réussir – malgré une opération à une main en mars – son pari carioca.

Encouragée par quelques athlètes suisses (il y avait notamment Nathalie Brugger, Noémi Girardet, Danielle Villars et Lucien Cujean), la Zurichoise, qui semblait intouchable, a tout d’abord nagé en plein bonheur (elle est sortie de l’eau en même temps que les favorites) avant de donner l’impression de rouler sur l’or (elle a tout tenté pour décrocher ses adversaires). Mais c’est finalement Gwen Jorgensen qui était la plus forte, qui a couru vers la gloire.

«Mon but était de durcir l’épreuve de vélo pour que mes adversaires abordent la course à pied avec les jambes lourdes et fatiguées, expliquait la juriste de Bülach à l’arrivée. A mon avis, j’ai fait tout juste, mais Jorgensen a mérité sa victoire, elle était la plus forte.»

Nicola Spirig a bien tenté, c’est de bonne guerre, de la déstabiliser psychologiquement, mais l’Américaine (30 ans), double championne du monde en titre, n’est pas entrée dans son jeu. «J’ai cherché à la faire sortir de son rythme, en lui parlant. Je lui ai demandé que chacune prenne le relais à son tour, et elle m’a répondu: «Mais c’est justement ton tour.» Je lui ai alors dit que moi, j’étais déjà championne olympique.»

Après avoir pris toutes les deux la poudre d’escampette lors de la dernière transition, c’est à l’usure, au mental, que tout allait se jouer. C’est à deux kilomètres de la fin que la triathlète du Wisconsin a démarré pour vite décramponner la Suissesse, pour le plus grand désespoir de son coach, Brett Sutton, qui regrettait que l’épreuve de vélo n’ait pas été plus sélective. «Les montées étaient trop courtes, pas assez épicées pour que Nicola, qui était la meilleure cycliste, fasse la différence. Elle était… trop forte pour que quiconque puisse l’accompagner et l’aider à prendre le large avant la course à pied.»

Pas de photo-finish

Il n’y a donc pas eu, cette fois-ci, de photo-finish comme à Londres, mais Nicola Spirig, qui a coupé la ligne avec un débours de 40’secondes, a bien failli tout perdre puisque les Britanniques Vicky Holland (à 5’’) et Non Stanford (8’’) sont revenues très fort sur ses talons. «Cela m’a empêché, comme il y a quatre ans, de terminer mon parcours avec un drapeau suisse dans la main, regrette Nicola. Je n’ai malheureusement pas eu le temps d’en trouver un…»

Désormais, elle va le prendre, ce temps, pour savourer quelques jours de vacances à Rio en famille et songer à l’avenir. D’aucuns estiment qu’elle pourrait revenir à Tokyo pour des cinquièmes JO. Plus comme triathlète, mais dans la peau d’une… marathonienne. A moins que, comme l’a confirmé son entraîneur, Nicola Spirig décide de couper avec la compétition de haut niveau pour offrir un petit frère ou une petite sœur à Yannis…

Créé: 21.08.2016, 19h37

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