Bannir la burqa, une dangereuse évidence

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Avec 57,5% de oui, le peuple acceptait le 29 novembre 2009 l’initiative antiminarets. Stupeur et indignation d’une classe politique qui n’avait rien vu venir. Le discours de la droite dure, qui désignait cette construction comme le symbole d’un islam conquérant, faisait mouche. Alors que le nombre de ces tours se compte sur les doigts d’une main en Suisse, leur interdiction figure désormais dans la Constitution fédérale.

Sept ans plus tard, tout laisse à croire que l’initiative antiburqa passera à son tour l’écueil des urnes. Daech a surclassé Al-Qaida sur l’échelle de l’horreur, le radicalisme envoie des jeunes nés ici faire le djihad en Syrie et les attentats ont fragilisé les plus fortes certitudes. Les Suisses ont peur de l’islam. L’enquête que nous publions confirme cette impression. Une présence accrue de musulmans dérangerait près de 70% des sondés. Les Suisses estiment même leur présence trois fois plus forte qu’elle n’est réellement. Des chiffres que l’on retrouve ailleurs en Europe.

«Expliquer à la population qu’un oui ne réglera pas les problèmes de fondamentalisme ne sert à rien.»

Et pourtant, l’écrasante majorité des musulmans qui vivent ici ne posent aucun problème. Mais face à des menaces, dont elle a du mal à évaluer l’ampleur, une grande partie de la population est prête à bannir ce qui est le symbole visible d’un islam radical. Peu importe qu’il y ait à peine plus de burqas que de minarets en Suisse, et tant pis si la Constitution n’est pas franchement le lieu qui doit accueillir une interdiction vestimentaire.

Expliquer à la population qu’un oui ne réglera pas les problèmes de fondamentalisme ne sert à rien. Tenter un contre-projet non plus. S’opposer à la burqa est d’une telle évidence que toute autre proposition paraîtrait incongrue. Qui peut tolérer un vêtement qui est synonyme d’oppression? Avec leur question biaisée, les initiants ont pris les politiques et la population au piège de la simplicité. Alors que la lutte contre l’islam radical est une problématique des plus complexes. (24 heures)

Créé: 19.12.2017, 22h39

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