Sa carrière lui échappe, il crée un «Escape Game» dans la Broye

FootballSamuel Pradervand (25 ans), a tenté sa chance dans le football en Espagne et aux Etats-Unis, sans succès. Le voilà de retour à la maison.

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Il ne s’en cache pas, Samuel Pradervand, il a des regrets. De gros regrets, même. «Il ne m’a pas manqué grand chose pour devenir professionnel, j’en suis convaincu. Mais le sport d’élite, c’est compliqué. Soit tu as ta chance, soit tu ne l’as pas», témoigne-t-il aujourd’hui depuis Corcelles-près-Payerne, où il est revenu après un voyage de plusieurs années à travers deux continents.

Sa chance, ce latéral offensif a tenté de la saisir en quittant le Team Vaud M16 pour aller en Espagne, à El Palo. Ce club de la région de Malaga jouait en troisième division et le Broyard de 17 ans y a vécu une belle expérience. «J’ai tout lâché. Je sais que ce n’est pas habituel pour un jeune Vaudois. On privilégie la stabilité ici, mais je n’ai pas réfléchi ainsi. Jusqu’à mes 17 ans, j’avais pourtant fait le cursus classique, en rejoignant Yverdon, où j’ai joué en M12 et M14, puis Lausanne en M16. J’étais en parallèle au centre de préformation de Payerne, tout allait bien. Mais quand j’ai eu l’opportunité d’aller en Espagne, via un ami de la famille, je n’ai pas hésité.»

Des fausses promesses

En Andalousie, le courageux jeune homme apprend l’espagnol et se forge un caractère. Mieux, il joue quelques matches de fin de saison avec la première équipe. «J’avais le niveau, j’y croyais. Et puis l’entraîneur a changé, ils ne comptaient plus sur moi. J’étais vraiment déçu, car c’était le top. Je m’entraînais avec des gars comme Manolo Gaspar, qui jouait à Malaga quelques années plus tôt. Mais bon, j’ai compris que je devais partir.» Plutôt que de revenir dans la Broye, ce garçon de caractère met le cap sur la Californie. Direction Los Angeles et Santa Ana, où il joue au sein de l’équipe universitaire. Un rapide tour sur internet suffit pour trouver sa fiche: 14 matches, trois passes décisives pour sa première saison. «Là aussi, j’étais bien. Il y avait une forte communauté mexicaine, donc je me suis vite intégré via l’espagnol. Mon entraîneur était José Vasquez, un Mexicain. Il avait joué au Los Angeles Galaxy et m’avait promis que je pourrais y faire un test. Mais c’étaient de fausses promesses. Je suis rentré en Suisse après ces 18 mois en Californie, je voulais tout laisser tomber. J’étais tellement déçu, je ne voulais plus rien entendre du football».

Au fond de lui, le jeune talent sait qu’il a peut-être fait une erreur en interrompant son cursus au sein du Team Vaud. «Peut-être. J’ai fait un choix. D’un côté, je me dis que j’ai grandi plus vite, que j’ai de l'expérience en plus par rapport à tous les jeunes qui n’ont pas connu autre chose. Et de l’autre, peut-être qu'en restant à Team Vaud, j’aurais atteint la première équipe du LS et que je serai aujourd’hui à YB, comme d’autres. Au centre de préformation, à Payerne, j’ai côtoyé Nassim Ben Khalifa et Frédéric Veseli, donc je me dis des fois que c’est dommage, que je ne suis pas passé loin d’un autre destin.»

Retour dans la Broye à 20 ans

A son retour des Etats-Unis, il songe à tout arrêter, mais Frédéric Danzi, président du Stade Payerne, le convainc de replonger en 2e ligue inter. S’en suivent des piges à Romont, Portalban/Gletterens et Bulle, avant le retour à Payerne. «On a un joli projet ici, on veut monter en 1re ligue et c’est aussi mon ambition sur le plan personnel. J’ai compris que je ne serai jamais professionnel, mais j’ai envie de jouer au plus haut niveau possible. La 1re ligue est un objectif réaliste.»

Ce ne sera pas pour cette saison, vu que Payerne n’a pas encore sauvé sa place en 2e ligue inter, mais le club broyard, qui a déjà joué en 1re ligue, a les infrastructures nécessaires pour croire à un retour dans cette catégorie de jeu à moyen terme. En attendant, Samuel Pradervand a décidé de gagner sa vie en ouvrant un «Escape game» chez lui à Corcelles-près-Payerne. Inspiré de l’univers d’Al Capone, cette «chambre à énigmes», nommée «Mileniom» a été pensée et conçue par le latéral du Stade Payerne, qui arrange les visites en fonction des entraînements. «On peut même venir à 21h», sourit-il. Cette chance-là, il compte bien ne pas la laisser s'échapper.

Créé: 21.05.2019, 19h08

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