Cazeneuve à la tête d'un gouvernement remanié

FranceBernard Cazeuve monte en grade et devient Premier ministre. Il est remplacé comme ministre de l'intérieur par Bruno Le Roux.

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Bernard Cazeneuve a succédé mardi à Manuel Valls à la tête du gouvernement français. Il est remplacé au poste de ministre de l'intérieur par Bruno Le Roux au terme d'un remaniement a minima qui laisse inchangés les équilibres dans la majorité de gauche.

Cette nouvelle équipe sera chargée de gouverner jusqu'à l'élection présidentielle d'avril-mai, à laquelle François Hollande a renoncé à se présenter. Le remaniement survient cinq jours après l'annonce du chef de l'Etat qui a conduit Manuel Valls à se lancer dans la course à l'Elysée via la primaire de la gauche.

La passation de pouvoirs à Matignon a eu lieu dans l'après-midi. Un conseil des ministres doit réunir le gouvernement au grand complet mercredi.

«Sens de l'Etat»

«Je pars tranquille», a dit Manuel Valls à son successeur. «Je sais qu'ici, il y a un homme d'Etat, vous.» Guidé par la «seule boussole» du «sens de l'Etat», Bernard Cazeneuve a placé au rang de ses priorités la lutte contre le terrorisme, la protection du modèle social et la préparation de l'avenir.

Malgré un temps d'action limité à cinq mois, Bernard Cazeneuve a dit son souci d'agir au plus tôt, car «en politique, chaque jour est utile, chaque jour compte». Ce fidèle de François Hollande arrive à Matignon fort d'une réputation consolidée par sa gestion de la menace terroriste qui pèse sur la France, frappée depuis deux ans par des attentats.

Préparer l'avenir

En déplacement en banlieue parisienne, François Hollande a dit lui avoir demandé de «protéger» le pays. «Mais protéger ne suffit pas. Il faut préparer l'avenir, ouvrir l'espérance vers le futur», a poursuivi le chef de l'Etat.

Selon l'entourage de François Hollande, la nomination de Bernard Cazeneuve «c'est le choix d'un Premier ministre qui connaît très bien les questions de sécurité et de lutte contre le terrorisme qui sont les priorités de l'exécutif» dans un contexte de menace élevée.

Le Roux à l'intérieur

Autre fidèle du chef de l'Etat, Bruno Le Roux était jusqu'ici le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale. Il a déclaré devant la presse ressentir «une grande responsabilité» dans ses nouvelles fonctions.

C'est «un élu extrêmement expérimenté, connaissant très bien les questions de sécurité sur lesquelles il a travaillé tout au long de sa carrière», toujours selon l'entourage de François Hollande. Il semble toutefois être un second choix puisque François Rebsamen, ami de François Hollande, a fait savoir qu'il avait «refusé» le poste pour assurer ses fonctions de maire de Dijon.

André Vallini a été nommé secrétaire d'Etat chargé des Relations avec le Parlement et Jean-Marie Le Guen secrétaire d'Etat au Développement et à la Francophonie. Les deux hommes échangent ainsi leurs postes.

Le reste du cabinet est inchangé. Les radicaux de gauche ne sont ainsi pas pénalisés par la candidature de la ministre du logement Sylvia Pinel à la présidentielle hors primaire de la gauche. «L'objectif était d'avoir un gouvernement immédiatement opérationnel avec des hommes et des femmes d'expérience», a-t-on expliqué dans l'entourage de M. Hollande.

«Cazeneuve-le-bref»

A droite, les réactions à ce remaniement ont permis de souligner ce que l'opposition considère comme l'échec de la politique menée durant ce quinquennat. «M. Hollande abat les cartes qui lui restent et il ne lui reste dans son jeu somme toute plus grand-chose», a commenté une porte-parole du parti Les Républicains. «Ces cartes ne sont pas des as, ce sont au pire des valets.»

Le député Front national Gilbert Collard a décrit un «sentiment de bric-à-brac». Bernard Cazeneuve «restera dans l'Histoire comme Cazeneuve-le-bref, qui aura occupé le poste de Premier ministre pendant quelques mois parce qu'il faut trouver quelqu'un pour colmater la brèche du vide institutionnel.»

Un porte-parole de Jean-Luc Mélenchon, candidat de «La France insoumise» à la présidentielle, a aussi minimisé l'importance de ce remaniement. «Sur le plan politique, c'est la continuité de toute façon de ce qui a été fait précédemment», a-t-il dit.

(afp/nxp)

Créé: 06.12.2016, 19h14

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