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Des chercheurs percent le secret des «fenêtres» des plantes

Les recherches d’une équipe lausannoise sur la façon dont les végétaux se protègent ont été publiées dans «Nature».

Les travaux de l’équipe de Niko Geldner pourraient trouver des applications dans l’agriculture.
Les travaux de l’équipe de Niko Geldner pourraient trouver des applications dans l’agriculture.
PATRICK MARTIN

Se protéger, quitte à se barricader totalement. Ou s’ouvrir au monde extérieur, ce qui permet d’échanger avec son environnement mais qui rend vulnérable. Le dilemme concerne tout ce qui est vivant. Et les plantes n’échappent pas à la règle.

Chez ces dernières, ce sont les racines qui permettent de composer avec ces besoins contradictoires. Alors qu’elles vont intégrer l’eau et les nutriments par symbiose, tout ce qui est nocif (pathogène) sera rejeté. «Il s’agit de trouver le délicat équilibre entre échange et protection», explique Niko Geldner, professeur du Département de biologie moléculaire végétale de l’Université de Lausanne (UNIL), que «l’astuce» trouvée par les plantes pour y arriver fascine.

Pour schématiser, les plantes ont développé des cellules «de passage» sur leurs racines, que le professeur Geldner appelle des fenêtres. Qui s’ouvrent et se ferment selon les besoins et le contexte. «En cas de manque de phosphate, la racine aura tendance à ouvrir le plus de cellules de passage possible. À l’inverse, en cas d’excès de sel dans le sol ou d’attaque pathogène, la plante fermera toutes les petites fenêtres et ne sera pas affectée par l’agression.»

«On vit avec les plantes, on les voit pousser, on a donc tendance à penser qu’on les connaît bien. Mais elles ont probablement encore beaucoup à nous apprendre»

Si ces cellules avaient déjà été observées sur des coupes anatomiques par le passé, l’équipe de Niko Geldner a réussi à les observer sur des plantes vivantes, comprenant du même coup mieux leur mécanisme de développement et leur fonction. Une prouesse qui vaut aux chercheurs lausannois les honneurs de la prestigieuse revue scientifique Nature, où les résultats de leur travail viennent d’être publiés.

Au cours de ses recherches, l’équipe du professeur Geldner a également découvert que le comportement des fenêtres obéissait à une concertation qu’on ne soupçonnerait pas. «Les cellules communiquent entre elles grâce à des hormones pour découvrir laquelle deviendra cellule de passage. La plasticité des cellules et leur capacité à s’adapter sont remarquables. De l’extérieur, on ne voit rien, mais à l’intérieur de la racine, au niveau microscopique, les différences sont énormes. On vit avec les plantes, on les voit pousser, on a donc tendance à penser qu’on les connaît bien. Mais elles ont probablement encore beaucoup à nous apprendre.»

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